‹ Contribution à l'Étude des Crises Gastriques du TabesChapitre 6 sur 54 · MEN RAM · texte numérisé non relu

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bature intense, il se sent complètement brisé et est en proie aux vertiges ou à des éblouissements. Parfois le malade est averti de sa crise par des troubles sensoriels constituant une véritable aura: sensations gustatives, hallucinations de la vue ou de l’odorat. Singer en a signalé plusieurs cas. Le malade de Fabinyi pouvait mème prédire sa crise 24 heures à l'avance. Il ressentait alors une hallucination visuelle toujours identique, vue de serpents. Pour Singer. ce phénomène serait dû à la projection des vaisseaux rétiniens hypertendus. Chez le Malade de Giraudeau, chaque perturbation atmosphérique était suivie de crise. Vulpian rapporte un cas dans lequel une éruption de roséole sur la cuisse et le thorax se manifestait avant chaque crise. | Parmi tous ces prodromes plus ou moins fréquents, il semble que l'on doive faire une place à part pour les douleurs fulgurantes en raison du rapport très intime qu'elles paraissent présenter avec les crises. On a observé, en effet, que la disparition d’un symptôme quelconque du tabes pouvait être-le signal d’une crise, mais le plus souvent ce symptôme est la douleur fulgurante. Il semble bien que Trousseau ait vu ce rapport. Cache, dans sa thèse, en rapporte un très beau cas qu'il a pris chez Fauser. Eichhorst a observé la même chose, il dit en propre terme que très souvent les douleurs fulgurantes précèdent immédiatement les crises gastriques, pour disparaître avec elles d’une manière extraordinairement rapide. Maire et Parturier (cités par Nigay) en rapportent une ôbservation qui montre bien

le lien qui peut exister entre ces deux manifestations.

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Le malade a constaté lui-même que ses douleurs de jambe survenaient généralement immédiatement avant ou après le début des douleurs gastriques, comme si l’une déclanchait l’autre. Ici le rapport est quelquefois changé, c'est la douleur gastrique qui peut précéder, mais le lien qui existe entre les deux douleurs est très manifeste même pour le malade. Aussi après qu’on lui a parlé d'opération, le malade dit au professeur G. Ballet: « Quand ils m'ont dit qu'ils allaient me faire quelque chose au ventre, j'ai pensé qu'ils amélioreraient mes jambes »,et, en effet, après l’opération, le malade ne souffrait plus de ses douleurs de jambe.

La crise ne survient pas à un moment déterminé de la journée, et les repas ne paraissent pas avoir d’influence sur elles. Il nous semble pourtant qu’elle paraît surtout survenir au réveil, le matin. Comme le fait remarquer Rafinesque, quant elle survient trois ou quatre heures après le repas, c’est qu’elle est liée à un état dyspeptique, en particulier à l’hyperchlorhydrie.

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