‹ Contribution à l'Étude des Culicidés de MarrakechChapitre 9 sur 42 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'hiver 1927-1928 fut marqué, dans tout le Maroc, par des pluies torrentielles; les pluies de printemps, elles aussi abondantes et tardives, achevèrent de transformer des régions entières en vastes marécages : la moindre dépression de terrain formant poche d’eau. L'été fut précoce et chaud. En année normale le soleil eût rapidement asséché le sol, mais la quantité d’eau accumulée était trop grande.

Cette persistance d'une infinité de points d'eau : dayas, marécages, merdjas, amena une multiplication de points favorables à la formation des gîtes. Les craintes, qu'une telle situation pouvait susciter, furent malheureusement trop bien fondées; dès le mois d'avril, les manifestations épidémiques éclataient simultanément en de nombreux points ef la vague déferlait durant l'été et l’automne sur tout le Maroc.

Aussi, parmi les médecins qui étaient en rapport avec les malades toujours plus nombreux, l’un d'eux, Mlle le Docteur Marianne Langlais, fut attiré par cette question et en fit l'objet de sa thèse : Prophylaxie du paludisme au Maroc.

Hors

Moi-même, de mon côté, j'ignorais ce travail et vivais retiré, pendant les vacances universitaires, dans la fraîcheur relative d’un palais arabe entouré de jardins et de vergers inondés périodiquement, suivant le mode d'arrosage cher aux indigènes.

Je fus tellement incommodé par une multitude de moustiques que, devant un si riche matériel d'étude, je me décidais à installer avec des moyens de fortune. tout ce qu'il y a de plus primitif, et des ressources pécuniaires très minimes, un petit laboratoire où j'ai effectué ce travail.

Au début, j'avoue mon impuissance et mon ignorance, prêt comme l’est un jeune étudiant, je ne capturais que des culex et des stegomyias, parce que ceux-ci pullulaient. Point d’anophèles, malgré un mois de vaines recherches. Cependant des indigènes et Européens qui vivaient non loin de moi étaient sévèrement atteints par de paludisme.

Un jour, brusquement, j’en découvris un, puis leur repaire. Alors ce fut du délire; malheureusement un mois déjà s'était écoulé, je n'avais encore guère de temps, je fis des élevages, mais une nuit, un orage (le premier de l’été) comme il ne s’en trouve que dans ces pays, s’abattit sur ‘a ville et je me réveillai avec le toit de ces maisons, construites en terre mêlée de paille, effondré au milieu de mon installation, détruisant une grosse partie de mes travaux, jetant le désordre dans mes locaux d'élevage, mêlant mes observations, mes tableaux et mes notes.

Mon microscope, heureusement, dans sa boîte, n'avait pas souffert. Seuls, furent sauvés, les clichés et les préparations déjà effectuées qui se trouvaient dans une pièce à côté, qui me servait de chambre noire et où j'avais construit, pour 40 francs, un appareil de microphotographie qui, quoique rudimentaire et sans obturateur, n’en marchait que mieux.

J’attire l’attention de ceux qui me liront et surtout qui considéreront mes microphotographies; je tiens à les prévenir des difficultés de toutes sortes qui se sont accumulées :

Nécessité d’impressionner les plaques, la nuit, Car il était

absolument indispensable de connaître le résultat avant de déplacer une préparation dont la mise au point fût très délicate; la nuit, dis-je, car je ne pouvais développer qu'à ce moment-là, la température de l’eau courante servant à laver mes plaques dépassant, jusqu'à dix heures du soir, 26 degrés. La gélatine se décollait du verre et fondait dès que l’immersion durait trop longtemps;

Nécessité aussi d'effectuer 2 à 3 lavages de un quart d'heure à vingt minutes chaque, séparés par des séances de séchage;

Nécessité, pendant le séchage, de surveiller constamment le cliché pour éviter la formation de taches par suite d’une évaporation irrégulière; de lutter contre les insectes, et en particulier les fourmis qui venaient détériorer ou se nourrir de Ja couche sensible humide (observation que j'ai retrouvée, plus tard, dans des ouvrages de photographie). Tout ceci m'obligeant à sécher 2 et 3 fois chaque plaque, à la main, en l’agitant dans l'air.

J'ai cherché à rendre l'illustration microphotographique de ce travail aussi correcte que possible; je n’ai retenu que les figures représentant des parties intactes d'insectes. Je ne sais si l’on se rendra compte de la peine qu'il y a à obtenir la symétrie qu'offrent mes clichés ainsi que la netteté des divers organes où appendices situés dans des plans différents sur le vivant, et qui, pour les besoins de la cause, ont été ramenéx sans détérioration sur un même plan.

J'ai rapporté du Maroc une collection de dessins, de photographies et d'insectes montés au baume de Canada, absolu. ment superposables aux photographies ci-dessous puisque c’est d’eux que j'ai tiré ces clichés, collection plus importante, certes, que celle que j'offre à mes maîtres, l’impression des photogravures étant assez onéreuse.

on: vai :

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