‹ Contribution À L'Étude Des Dangers De L'OléothoraxChapitre 22 sur 34 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Mme Den..…., 35 ans.

Entre dans le service de M. le Professeur Sergent, à la Charité, le 19 novembre 1928, pour une hémoptysie qui n’est qu'un épisode d’une longue histoire de tuberculose pulmonaire chronique.

À l’âge de 6 ans elle a présenté une coxalgie gauche pour laquelle elle à été soignée à Berck par l'extension continue pendant deux ans et qui a complètement guéri.

(1) Nous devons en grande partie cette observation à l’obligeance de M. le Docteur Génévrier, qui a bien voulu nous communiquer les documents qu'il a conservés concernant les

séjours que la malade a faits dans son service à l'hôpital Saint-Joseph.

Elle est ensuite bien portante et travaille à Paris où elle est venue habiter jusqu’à l’âge de 22 ans.

A ce moment, en 1917, elle se marie et a une grossesse qui arrive à terme en 1918. Mais l’enfant meurt à 2 ans, de méningite tuberculeuse, bien que son état de santé, à elle, soit apparemment satisfaisant.

En 1921, quatre ans plus tard, elle a un second enfant. C'est après cette seconde gestation qu'elle commence à se sentir fatiguée. Elle a de temps à autre un point de côté dans l'hémithorax gauche, en arrière. Elle consulte à l’hôpital Laënnec et entre dans le Service du Docteur Kuss où elle a une première hémoptysie, trois mois après son accouchement.

Son expectoration est peu abondante, mais bacillifère. Son état général est bon avec une fièvre légère. Le pneumothorax lui est proposé, mais elle le refuse et entre au sanatorium de Villepinte en 1923, après un séjour de trois mois à l'hôpital Laënnec.

Jusqu'à décembre 1925 elle fait trois séjours à Villepinte en trois ans, quittant le sanatorium pendant quelques semaines pour reprendre son travail, mais devant bientôt le laisser pour revenir au sanatorium,

Pendant cette période elle a cinq hémoptysies, de sang rouge, d’an demi-verre environ, chacune de ces hémoptysies s'accompagnant de fièvre et d’amaigrissement.

Le 1% décembre 1925, elle quitte le sanalorium, amaigrie, présentant une courbe de température dénivelée avec de grandes oscillations atteignant 39°, 40° le soir, 37° ou moins Îl2 matin. Elle entre à l'hôpital Saint-Joseph, dans le service du Docteur Génévrier, où on lui reconnaît une condensation du lobe supérieur gauche avec intégrité du poumon droit, On institue un pneumothorax thérapeutique gauche le 1* février

Le résultat est excellent : la température revient à la normale. L'appétit reparaît et elle reprend du poids : 4 kilos en trois mois. La malade rentre chez elle le 24 octobre, ne revenant à Saint-Joseph que pour les insufflations.

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Cependant sa plèvre résorbe l'air très rapidement. Aussi décide-t-on de pratiquer un oléothorax et l’on injecte en une seule fois, le 23 décembre, 500 cc. d'huile goménolée à 2 ‘}, dans sa cavité pleurale.

Le jour-même elle est prise subitement chez elle d’une violente dyspnée. Sa température s'élève à 40° et elle se fait hospitaliser d'urgence à la Charité où elle arrive dans un état d'asphyxie marquée. Elle y demeure trois jours et retourne à l'hôpital Saint-Joseph où elle à, huit jours plus tard, une grande vomique huileuse qui la soulage.

Elle sort le 28 février 1927 et se remet à travailler comme femme de chambre. Son état général est stationnaire, assez satisfaisant. Toutefois son expectoration contient toujours des bacilles de Koch. Elle travaille jusqu'en février 1928 où elle revient à Saint-Joseph pour un séjour de trois mois. Sous l’huile, on reconnaît la présence d’un épanchement pleural et un examen de crachats est encore positif.

Elle reprend son travail depuis le 8 avril jusqu’au mois de novembre 1928.

À ce moment, à la suite d’une hémoptysie, du reste peu abondante, elle entre à la Charité, dans le service du Pro fesseur Sergent. Son état général est assez médiocre, et surtout l'examen montre des signes de bilatéralisation : on entend notamment du côté droit, en avant sous la clavicule, en arrière dans la fosse sus-épineuse, des craquements secs et humides.

La radiographie montre : à gauche, sous l’ombre pleuraie, la présence de géodes, et du côtés droit un foyer d'ombre avec une image cavitaire sous la clavicule.

Les crachats sont toujours bacillifères.

Elle sort en décembre 1928 et travaille de nouveau jusqu’en septembre 1932 où elle revient à Saint-Joseph en poussée fébrile. Elie est traitée par le repos et les sels d’or. Elle reprend un peu de poids, mais sa température est encore tous les soirs à 37°6, 37°8. En janvier 1933 ,on note sur sa courbe de température des écarts plus importants et en février une série

ROBERT

d'oscillations d'amplitude croissante paraissant traduire une reprise évolutive à l’acmé de laquelle elle fait une perforation avec vomique huileuse se reproduisant les jours suivants, fièvre élevée entre 39° et 40°. Elle meurt le 18 février 1933, dix

jours après le début de sa vomique.

Résumé : Début de tuberculose pulmonaire en 1921. Flémoptysies traitées par le repos et le sanatorium. En février 1926 pneumothorax artificiel pour tuberculose du lobe supérieur gauche. En décembre 1926 oléothorax comipressif pour pneumothorax insatiable, suivi de perforation qui s’obture spontanément. Inefficacité de l’oléothorax. Mauvais état consécutif et en novembre 1928 on constate l'extension de lésions au

côté droit. En février 1933, perforation. Mort.

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