‹ Contribution À L'Étude Des Dangers De L'OléothoraxChapitre 23 sur 34 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

M. Bour... René, 26 ans.

Entré dans le service du Professeur Sergent, à la Charité, le 17 décembre 1928, salle Corvisart.

Ses parents sont bien portants, mais il a perdu il y a cinq ans un frère, de tuberculose pulmonaire.

Le début de sa maladie remonte à 1924. À ce moment il se sent fatigué, maigrit, tousse et crache. Il est hospitalisé pendant huit jours à la Charité. On lui trouve des bacilles dans les crachats et une tuberculose pulmonaire gauche, avec obscurité du sommet gauche et pommelures dans tout le champ pulmonaire du même côté.

On l’envoie alors au sanatorium de Ris-Orangis, où l’on institue un pneumothorax. Le malade y demeure un an, puis

revient à Paris où ses insufflations sont poursuivies à la consultation du service de M. le Professeur Sergent.

L'état général est d’abord satisfaisant, mais le pneumothorax vient à perdre son efficacité. Le moignon revient à la paroi et s’y fixe, en haut et en dehors, en regard de la perte de substance (fig. 12).

À un examen pratiqué en novembre 1927, les crachats se montrent bacillifères.

Un oléothorax compressif est décidé et commencé en janvier 1928 : 40 cc. d'huile de paraffine goménolée à 2 % la première fois. L’oléothorax est ainsi poursuivi, à raison d’une injection tous les huit jours, puis tous les quinze jours, et ensuite toutes les trois semaines, en remplacement d’une soustraction de gaz.

La suite des schémas et des annotations montre que le blocage est complet au mois de mai 1928, où une injection de 30 cc. donne une pression légèrement positive avec reflux de l'huile par l'aiguille. La température est normale, l'appétit est bon, l’expectoration fortement diminuée.

Le malade part alors à Nancy où on lui continue ses injections, et son état général étant bon. il reprend son travail jusqu’en décembre 1928. À ce moment il se sent fatigué, perd du poids, tousse et crache. Il entre dans le service et l’on consiale une extension de sa lésion au sommet droit où l’on entend des signes humides, en arrière et dans l’aisselle. La radiographie confirme (fig. 13). Le malade reste en observation pendant un mois : la fièvre tend à diminuer, le poids remonte, l’expectoration diminue et à l’examen physique les bruits adventices, tout en persistant du côté droit, donnent l'impression d’être moins nombreux.

Le malade sort donc amélioré et son oléothorax est poursuivi durant les premiers mois de 1929, après quoi il est interrompu vers avril 1929.

Jusqu'en juin 1932, l’état général est excellent : la température est normale, le poids s’est relevé. La toux persiste, mais

sans expectoration et le malade peut reprendre son travail de conducteur de camion.

Au début du mois de juin 1932, en faisant un effort pour mettre en marche à la manivelle, il est pris brusquement d’une douleur thoracique déchirante et d’une quinte de toux violente, à la suite de laquelle il a une vomique huileuse. La vomique se poursuit quatre où cinq jours : l’huile est rejetée très limpide, sans aucune saveur.

Les jours suivants, de façon progressive, l’expectoration devient purulente et prend une saveur désagréable. Quand il entre dans le service, son expectoration remplit un crachoir par jour. Elle est particulièrement abondante lorsque le malade se couche sur le côté droit. Elle est fétide et parfois elle est striée de sang.

L'examen montre, du côté gauche, en arrière : matité, abolition des vibrations vocales, diminution du murmure et égophonie, surmontés d'une région où la respiration est rude avec des râles humides. En avant, mêmes signes d’épanchement à la base, et au-dessus, signes cavitaires.

A droite, au sommet, la sonorité est diminuée, les vibrations augmentées, la respiration rude.

La radiographie montre que le niveau liquide à gauche arrive un peu plus bas qu’à mi-hauteur du thorax. Au-dessus, on distingue dans le moignon une zone claire.

Du côté droit, tout le champ pulmonaire présente un aspect de mie de pain.

La température oscille entre 39° et 40°. L'’amaigrissement est marqué, l’anorexie, l’asthénie profondes.

Le 29 juin 1932, l'intervention chirurgicale est décidée devant l'infection putride de cet oléothorax et pratiquée par le Docteur [selin. Etant donné l’état général du malade, on se contente d’une pleurotomie avec résection costale de 3 cm. portant sur la 10° côte. Drain de Delbet.

Cette intervention se montrant insuffisante, le 10 juillet, on réintervient. La résection de la 10° côte, que l’on vérifie

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