ANATOMIE PATHOLOGIQUE
La division en déchirure complète et déchirure incomplète séduit par sa clarté. Elle est satisfaisante au point de vue anatomo-pathologique, mais tout à fait insuffisante en clinique. Même avec le toucher, si babile qu’il soit, on ne peut pas toujours affirmer le degré de la lésion. On sent les anses intestinales, on affirme que le péritoine est ouvert et pourtant il reste une mince lame péritonéale entre le doigt et l’intestin. Dans d’autres cas, il parait certain que la déchirure est limitée à l’utérus, la séreuse paraît intacte ; et cependant assez loin de la déchirure utérine, on finira par découvrir un décollement du péritoine parfois assez étendu.
Les déchirures du col propagées au segment inférieur, peuvent siéger sur tout le pourtour du col d’une façon indistincte. Certains points cependant semblent être des lieux d'élection : les bords latéraux et le gauche principalement. On a essayé d’en fournir la raison : d’aucurs ont invoqué la fréquence de la position à gauche du fœtus ; d’autres ont cru pouvoir incriminer l’inclinaison de l’utérus à droite, en sorte que la pression se ferait surtout sentir sur le côté gauche du col. Néanmoins si le col est malade, ou si
rot
la lésion reconnaît une cause extérieure (instrument, version, elc.), il cédera au point de moindre résistance ou au point où se sera exercé le traumatisme. La déchirure du col est généralement linéaire, rare: ment ‘rayonnée ; elle peut parfois être bilatérale, formant alors deux valves, l’une antérieure, l’autre postérieure, ce qui donne au col l’aspect de « mitre » ou de « bec de canard ». Quelquefois elle peut être circulaire et découper une véritable calotte cervicale.
Les déchirures de la lèvre antérieure sont en virgule et peu souvent complètes. Nous savons, en effet, que l’ampliation a élevé le péritoine dont le cul-desac est au niveau de l’orifice interne. « La séreuse, dit M. Bonnaire, nest que lâchement attachée au tissu sous-jacent..…., aussi peut-elle, en quelque sorte, flotter comme un voile jeté sur la vessie et le fond de l’utérus. »
La déchirure pourra être complète si un processus cicatriciel ou inflammatoire a entamé ou détruit la laxité normale du péritoine sur le segment inférieur. Notons encore ici l'influence néfaste des cicatrices anciennes. Elle pourra également entamer le péritoine si elle atteint l’anneau de Band, limite de solide attache du péritoine. :
Si la lèvre postérieure est le point de départ de la déchirure, le péritoine sera le plus souvent intéressé : . l'anatomie rappelée plus haut nous explique suffisamment pourquoi. Dans sa thèse, M. Sauvage donne
la proportion de six ruptures complètes pour une
PT
incomplète à la face postérieure de l’utérus. Il est vrai que le plus souvent alors, l'hémorragie n’est pas grave et que si l'infection survient, elle a quelques chances de rester localisée dans le Douglas dont la déclivité facilitera le drainage. Même dans ces cas, ces ruptures complètes sont loujours très graves par leurs complications péritonéales.
Sur les bords latéraux la déchirure est longitudinale. Elle peut être complète ou incomplète. Elle peut intéresser le segment inférieur ou, au contraire, s'arrêter à lui; elle peut atteindre le péritoine. Nous avons dit, en tête de ce chapitre, combien parfois il est difficile de se rendre compte de ces variations dans l’étendue de la lésion. Incomplète, elle est intra-ligamentaire ; elle occupe le tissu cellulaire du ligament large. Si un des feuillets de ce ligament est intéressé, le péritoine est ouvert. Même incomplètes, ces déchirures sont toujours graves car elles peuvent atteindre les vaisseaux qui parcourent à ce niveau le paramétrium. De volumineux thrombus peuvent se former : dans une observation rapportée par M. Bar, ils avaient atteint le rein en décollant le péritoine.
Si le péritoine est ouvert, le péril est encore plus grand : à lPhémorragie s’ajoute le danger de la péritonite généralisée. Une communication de M. Bar à la Société d’Obstétrique en rapporte nn cas.
La déchirure du col propagée à l’utérus peut également intéresser d’autres organes : vagin, vessie, rectum.