‹ Contribution à l'étude des Délires de Zoopathie interneChapitre 11 sur 42 · OUT · texte numérisé non relu

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losophes; mais que cette sensation, pour une cause ou une autre vienne à acquérir une certaine intensité, elle s’exprimera alors par un sentiment de bien-être exagéré ou de malaise « indiquant, le premier une simple exaltation de l’action vitale physiologique, le second sa perversion pathologique ». Tout organe, tout viscère peut en effet devenir le siège d’impressions désagréables ou douloureuses ou peut présenter une simple exaltation vitale, et dans les deux cas, cette impression sera transmise à la conscience sous forme de sensation nette et précise, désagréable dans le premier cas, agréable dans le second.

Pendant le trajet de l’impression viscérale au cerveau, une lésion du nerf transmetteur pourra transformer cette impression normale et la conscience recevra ainsi une sensation claire, mais qui aura été faussée en cours de route et dont l’interprétation sera forcément fausse.

M. le professeur Régis a signalé chez la plupart de ces malades de l’anesthésie pharingée et œsophagienne, le passage de la sonde ne produisant chez eux aucune réaction. Mais les expériences n’ont pas encore été poussées suffisamment loin dans cette voie, et, à l’état actuel, nous devons admettre, avec M. Séglas, « que nous ne possédons aucun moyen objectif pour l'étude directe de la sensibilité viscérale; aussi devons-nous nous en tenir aux symptômes objectifs fournis par le malade »; et cela est si vrai que lorsqu'un hypocondriaque à la sensibilité exaltée, sentant de la facon la plus incommode toutes les sensations internes ou externes, vient se plaindre à nous d’une douleur nette, précise, existant en tel point déterminé de son corps, le plus souvent nous ne pouvons savoir si cette douleur est réelle, si elle est considérablement augmentée par un cerveau malade, ou si elle est un produit de ce cerveau, cela fait comprendre pourquoi M. Deny, de Paris, rattache ces troubles à une cénesthésiopathie cérébrale et non viscérale.

Quoiqu'il en soit, les troubles de la cénesthésie peuvent être soit des hypercénesthésies, soit des acénesthésies, soit

des paracénesthésies, selon que les sensations ressenties au moi conscient seront exagérées, diminuées ou nulles, ou perverties.

Ce malade cité par le docteur Semal qui soutient sa jambe gauche sous prétexte qu’elle pèse énormément, ou cet autre qui reste couché parce que le poids de son corps l'empêche de se tenir debout, ont évidemment de l’hyperesthésie des sensations; les idées de négation entreront dans les acénesthésies : ce sont en effet des sensations probables d’anesthésie ou de paralysie partielle qui poussent le malade à nier l’existence d’une partie de leur corps, d’un membre par exemple, ou d’un organe, l’estomac, le cerveau, et les individus qui nient l’existence de leur corps ou de leur tête sont très fréquents; Baudelocque, pendant les dernières années de sa vie, n’avait plus conscience de son corps.

D’autres fois, il y a seulement perversion de la cénesthésie, due à ce que les sujets interprétant mal les sensations perçues s’imaginent qu'ils sont composés de substances inanimées. que leur corps est en bois, en cire, en verre, ou qu’une partie seulement est ainsi composée.

S il peut arriver souvent que les troubles viscéraux passent inaperçus, cela ne veut pas dire qu'ils n’existent pas, et avec Roy « il faut se rappeler que nos moyens de diagnostic clinique sont bien grossiers pour préciser la réalité de quelque léger trouble gastro-intestinal et que notre technique histopathologique commence à peine à nous permettre de reconnaître les altérations du grand sympathique ».

C’est en effet le plus souvent aux troubles gastro-intestinaux que lon a affaire dans le cas de perversion cénesthésique. Depuis les travaux de Beau, de Germain Sée, de Leven, de Bouchard, de Duchon-Doris, nous connaissons l’influencé des troubles gastro-intestinaux sur le système nerveux, et tous les auteurs du siècle dernier et actuel sont d’accord pour admettre que ce sont surtout les sensations dues aux organes abdominaux, mouvements péristaltiques de l'intestin, borborygmes, que sont dûs les délires de possession

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animale. M. Régis écrit, «que c’est surtout dans les autos intoxications d'origine gastro-intestinales que nous trouverons les psychoses où le délire s’objectivant sur l’organe malade fait que les sujets en arrivent à croire « qu’ils ont des corps étrangers, des animaux, des vers, le diable dansle ventre ». Ainsi nous pourrons admettre avec Roy qu'il faut pour la naissance d’un délire zoopathique de même que pour la naissance d’une idée hypochondriaque : « 19 Un tempérament spécial, une aptitude plus souvent héréditaire qu'’acquise, une tendance constitutionnelle spéciale qui porte le sujet à délirer, et 2° des troubles cénesthésiques.

En examinant la plupart de nos observations, nous trouverons notés le plus souvent et les troubles cénesthésiques et la tendance du sujet à interpréter ces troubles d'une facon délirante.

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