CHAPITRE III
Formes cliniques du délire de zoopathie interne
1° Délire de zoopathie interne à point de départ viscéral. 2° Délire de zoopathie interne à point de départ psychique.
Il existe plusieurs façons de diviser cliniquement les délires de zoopathie interne. On peut les distinguer suivant l’espèce d’animal en jeu dans le délire ; presque tous les animaux ont été notés : serpents, oiseaux, vipères, crabes, crapauds, vers, lézards, crocodiles et que d’autres encore, c’est à croire que tous les habitants de l’arche de Noë peuvent y figurer. On peut les classer suivant l'organe considéré comme le lieu d'habitation de l’animal, et là aussi on peut énumérer tous les points du corps humain, mais surtout les organes abdominaux, puis l’appareil génital chez la femme, et la tête ; souvent d’ailleurs l’animal change de résidence et visite successivement plusieurs parties du corps. On peut distinguer les malades selon que d’après leur délire ils croient être habités par un ou plusieurs animaux, et en faire avecM.leD'Jacquin des monozoopathes et des polyzoopathes.
Mais il est une classification qui nous paraît s'imposer bien davantage et qu'avec notre maître, M. le Professeur Régis, nous considérons comme primant toutes les autres : c'est celle qui consiste à séparer les délires de zoopathie interne en deux catégories, selon qu’ils ont un point de départ viscéral ou un point de départ psychique. L'origine du délire peut, en effet, être l’organe lui-même, les troubles
RL fonctionnels présentés par le malade, une tumeur, une entérocolite muco-membraneuse.., qui provoquent des réactions cénesthésiques et chez certains malades prédisposés donnent naissance par voie d’illusion ou d'interprétation maladives à la croyance à l’existence d’un animal vivant dans leur corps, au délire de zoopathie interne.
Dans la seconde catégorie, il n'existe rien préalablement du côté des organes viscéraux, en tout cas rien de pathologique n’en part vers le cerveau ; c’est celui-ci qui fait lui-même et sans sollicitations périphériques les frais du délire sous l'influence de la simple prédisposition vésanique ou bien d’un rêve ou bien d’une auto-suggestion.
Ce sont là, on le voit, deux délires de zoopathie interne bien différents cliniquement par leur point de départ et le mécanisme de leur production.
Un grand nombre des observations que nous publions sont peu explicites sur lu genèse du délire de zoopathie interne. Non seulement, elles ne nous font pas connaître quelest l’élément qui a débuté, de l’apport viscéral ou de l’apport psychique, mais bien peu nous donnent des renseignements et sur l’un et sur l’autre. Les aliénistes du dernier siècle nous montrent le délire constitué, nous racontent l’histoire des malades telle que ceux-ci la concoivent; or, ces délirants ont tous une croyance ferme et absolue en l’existence de leur animal qui pour eux existe depuis le jour où ils souffrent; et si parfois ils avouent n’avoir pas pendant quelques temps su à quoi attribuer les troubles dont ils souffraient, ils s’empressent d'ajouter que maintenant ils se rendent bien compte qu’ils ont débuté depuis le jour où le parasite a pénétré en eux. Les observations d’Ambroise Paré, Esquirol, Falret Michea et Azam en général nous racontent le délire, mais bien peu parmi elles nous font savoir comment il s’est constitué. Seul Falret, dans l’observation de l'officier, nous laisse entendre que le délire commenca avec la formation de l’abcès des parois abdominales, et que ce délire est dû à la douleur causée par cet abcès,et comme preuve, il donne la
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LS Re disparition du délire à la suite de la guérison de la cause occasionnelle. L’observation suivante est beaucoup plus précise.