CHAPITRE IV
Formes mentales présentant le syndrome zoopathie interne.
L'idée délirante de zoopathie interne se présente rarement seule chez les malades. Souvent elle est associée, et il est fréquent de la trouver unie aux idées d’énormité, d’immortalité, de négation, de changement de forme ou d’obstruction d’organe, toutes idées qui sont aussi dues à des troubles de la cénesthésie. Le délire de zoopathie interne pourra donc survenir chez tous les malades présentant des troubles viscéraux, avec une prédisposilion intellectuelle suffisante pour délirer, ou une mentalité spéciale pouvant créer de toutes pièces Île délire avec ses troubles organiques. C’est ainsi que nous le trouverons fréquemment chez les hypochondriaques, chez les mélancoliques, chez les hystériques el chez certains paralytiques généraux.
Le délire de zoopathie interne, pour presque tous les psychiatres du dernier siècle, a été classé parmi les délires hypochondriaques. Nous avons vu que, comme ces derniers, il est nécessaire, pour la constitution de l’idée délirante Zoopathique, que le sujet présente, et des troubles viscéraux, et une certaine prédisposition qui les font délirer âu sujét de ces troubles.
Nombreux sont les cas de mélancoliques qui présentent ce délire. Nous publions ici quelques observations de mélancoliques croyant avoir un animal dans le corps.
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OBsERvATION XIX (Résumée, inédite.)
(Service de M. le D' ANGLADE).
(Due à l’obligeance de M. le D' JAcQuIN).
L..., cultivatrice, âgée de trente-trois ans, entrée à l’asile de Château Picon, le 5 juillet 1905.
Débilité mentale, mélancolie, inquiétudes, craintes; idées de suicide, idées de négation, préoccupations hypochondriaques; désorientation psychique, parasitiférisme, idées d’immortalité.
« 11 y a sept ans, a été atteinte, à peu près comme à présent, pas si fort, nous avons pu la garder chez nous. Elle avait des idées de religion, ne disant pas qu’elle avait quelque chose dans le corps, n’en parlait pas; elle était plutôt triste, pleurait constamment. Cet accès l’a prise vers le 20 mai, a commencé à crier qu’elle était morte, voulant se déshabiller, disant qu’elle avait quelque chose dans son ventre qui l’étouffait. » (Renseignements fournis par le mari).
13 juillet 1905. « J’ai des insectes en moi, dans le corps. Ils m'ont mangé tout. Je me sens des mouches qui me mordent dans le corps... Il me semble que cette nuit il est passé quelque chose dans mon corps. Je ne sais pas qu'est-ce que c'était. Un singe? »
19 juillet 1905. «J’avais un serpent dedans moi, et un gros comme le cou du bras. Il y en a qui me taquinent derrière, » 3
16 août 1905. « Il y en a de bleus, il y en a de toutes les couleurs qui viennent dans mon ventre, il y en a qui chient dans mon ventre. »
21 août 1905. « Je suis toute remplie d’insectes. »
29 août 1905. «Je suis immortelle. Je suis remplie d’insectes, de fourmis, de mouches, de vers. »
Sortie réclamée par son mari, le 30 septembre 1905. Même état.
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