OBSERVATION XX
(EsquiroLz, Maladies mentales, t. I, p. 209.)
Quelques années plus tard, je faisais, à la Salpétrière, mes leçons cliniques sur les maladies mentales, un cas semblable se présenta chez une femme de la campagne, entrée dans la division des aliénées. Cette femme se plaignait de douleurs fixes et très aiguës au sommet de la tête ;
douleurs qu’elle attribuait à la présence d’un animal, ce qui l’avait jetée dans la lypémanie avec penchant au suicide. Je pratiquai une incision cruciale sur le point douloureux ; j’eus soin de montrer à la malade un fragment du lombric de terre, lui assurant que c'était la cause de ses maux. Après l’opération, cette femme montre à ses compagnes l’animal dont on l’avait délivrée, exprimant sa joie d’être guérie. Mais, trentesix heures après, les compagnes de cette malheureuse se moquèrent d’elle, lui disant que je m'étais joué de sa crédulité : elle arracha aussitôt le cautère qui avait été établi ; les douleurs anciennes se réveillèrent et avec elles les illusions.