‹ Contribution à l'étude des Délires de Zoopathie interneChapitre 32 sur 42 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Réactions des malades atteints du délire de zoopathie interne.

Les malades persuadés de l’existence de l’animal en leur corps peuvent présenter plusieurs réactions vis-à-vis de ce dernier.

Pour beaucoup, l'idée d’être habité par une bête est très douloureuse ; il est évident que les malaises qu’ils endurent sont dus aux troubles cénesthésiques, mais les réactions douloureuses s’exagèrent à partir du jour où l’existence de l’animal est admise, à moins qu’ainsi que nous l’avons dit plus haut ce ne soit cette croyance elle-même qui crée les troubles cénesthésiques. Les vagues douleurs intestinales, les tiraïllements d'estomac sont dus aux morsures du parasite qui ne peut se mouvoir, et ses déplacements sont fréquents, sans torturer le malade. Puis, au bout de quelque temps, l’homme ne pense plus qu’à sa bête. Il en parle constamment et ne parle que d’elle qui, en revanche, le force à toujours s’occuper d’elle; les douleurs augmentent-elles ? C’est qu’elle a faim, c’est qu’elle n’est pas contente, et l’homme mange ou cherche ce qui peut calmer la bête ; il arrive à ne plus vivre que pour elle ; d'ailleurs bien vite il apprend à connaître les aliments qui lui sont favorables ou désagréables et il mange des uns, mais ne touche pas aux autres. Enfin, le malade arrive à se désintéresser de tout ce qui n’est pas son hôte, et cela d’autant plus que le délire estmieux systématisé;loquace sur tout ce qui a trait à son parasite, le malade ne prête guère

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attention à toute autre conversation, et, au bout de peu de temps, il finit par fatiguer son entourage de ses jérémiades incessantes. à

Certains individus peuvent présenter des réactions spéciales. Persécutés par la bête ils voudraient bien la persécuter à leur tour, aussi prennent-ils volontiers tous les médicaments qu’on leur ordonne; ils en prennent tant qu’on veut et fatiguent souvent le médecin pour en avoir encore et plus. Ils vont même jusqu’à en fabriquer de spéciaux. CG... s’est composé un remède qui ferait bon effet: il faudrait 300 grammes de sel gris et d’ail avec addition de 200 grammes de tabac calciné suivi de purge.

Il peut aller plus loin, jusqu’au refus d’aliments, et c’est ce que fait le malade de Falret pour faire mourir les vipères qu’il a dans le corps.

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