‹ Contribution à l'étude des Dermatoses Canines et FélinesChapitre 16 sur 33 · ENT · texte numérisé non relu

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sulfitalion. Il existe dans le commerce des bouteillessiphons, soit en verre, soit en acier, contenant de l'anhydride sulfureux liquide, obtenu par refroidissement : expérimentalement, il suffit de faire arriver le gaz bien sec dans un petit ballon refroidi à —— 15° par un mélange de 2 parties de glace et 1 de sel marin. Lorsque l’anhydride liquide revient à la pression normale, lorsqu'il se détend, il redevient gazeux et produit du froid. Un tuyau en caoutchouc assurait la communication entre le siphon et notre appareil; c'était un procédé élégant et pratique. Malheureusement, il présentait deux gros inconvénients: d’abord le prix de ces siphons est, pourrait-on dire, presque prohibitif. D'autre part, on ne pouvait pas doser commodément, pratiquement, la quantité de gaz qui pénétrail dans la caisse à sulfuration. Ce gaz — comme s’il avait été plus pur, ou en particules plus ténues que celui produit par combustion du soufre — lraversait la toile et venait incommoder le sujet. Pour ces raisons, nous avons abandonné le procédé, pour nous adresser à la sulfuration.

Dans la sulfuration, les vapeurs d’anhydride sulfureux sont fournies par la combustion du soufre à l'air. Deux procédés s'offraient à nous. Les voici l’un et lautre.

Par analogie avec ce qui se passe pour le cheval, où l'appareil sulfurogène est une soufflerie voisine de la chambre à sulfuration, nous avons employé une soufflerie identique que nous avait obligeamment prêtée M. le Vétérinaire-Colonel Tasset, Directeur du Service vétérinaire du 44° Corps d'Armée. La température optima est de 30-35 degrés. La concentration en anhydride sul-

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fureux doit osciller entre 8 et 5 p. 100. Il faut donc brûler 100 grammes de soufre par mètre cube d'air. Notre appareil étant d'une contenance de 100 litres, il nous fallait donc brûler environ 10 grammes de soufre pour. obtenir la concentration cherchée. Ce moyen de production est encore inférieur à la vulgaire mèche soufrée du tonnelier. En effet, il: y a une grosse déperdition de gaz dans le passage de l'appareil sulfurogène à la chambre. D'où la nécessité de brûler davantage de soufre, et toujours sans savoir à quelle concentration on arrive. Le mieux est donc de recourir à la mèche, mais à la mèche préparée de façon spéciale. Le soufre doit être pesé, puis fondu de manière à confectionner des mèches de 10 grammes de soufre. On aura la précaution de rouler ces mèches dans de l’azotate de polasse ; ce: corps, agissant comme oxydant sur le soufre, en permet ia combustion plus facile et plus complète; on a alors des mèches de soufre nitré, brûlant avec une belle flamme blanche. On peut encore, au moment de l'emploi, passer la mêche dans de l'alcool dénaturé, à. seule fin qu'elle s'allume bien (Circulaire du 10 avril 1923 ; Bulletin officiel, 1925).

Avant d'examiner les résultats obtenus par cette méthode, qu’il nous soit permis de préciser un point sur lequel divers auteurs ont été en contradiction, sur un fait qui nous fut reproché par certains lors de nos expériences: l'animal introduit dans l'appareil à sulfuration doit-il être tondu ? Dans sa communication du 16 mai 1918 à la Société Centrale de Médecine Vétérinaire, M. CazALBOU déclarait : « Le traitement par l'anhydride sulfureux serait une innovalion des plus heureuses, s’il

élait reconnu que la lonte peut être négligée pendant les six mois de la mauvaise saison. » Et le 20 mars 1919, il disait: « Nous pouvons dire que l’action des gaz sulfureux parait guérir la gale d’un malade non tondu. »

A la suite de nos expériences, nous pouvons affirmer que la guérison s'oblient aussi bien, que l'animal soit ltondu ow non; el ces résultals, obtenus chez le chien, s'appliquent logiquement au cheval.

Une autre question également controversée est celle de la température des chambres, Nous avons vu que la température optima était de 30 à 35 degrés. On peut lire, dans le Æecucil de Médecine Vétérinaire de 1919, une polémique entre M. Demora et le Professeur Henry. Le premier conclut à linutilité de telle ou telle température, puisqu'il déclare fermement que « les cas les plus invétérés sont guéris, même aux plus basses températures ». Et ailleurs : « Plus le gaz est chaud, plus il se diffuse et plus $on pouvoir absorbant est diminué. Done, a fofliori, avec une température élevée, le pouvoir acaricide du $02 diminue... I n’est pas exact de dire que le pouvoir acaricide augmente avec Ja lempéralure.… » Ce à quoi répond le Professeur Henry : «Je suis d’accord avec M. Demora pour l'augmentation de la diffusibilité du gaz avec la température ; mais je n'y vois que des avantages ; le gaz se maintient mieux en hauteur dans la chambre, au lieu de s’accumuler vers le sol Quand il parle du pouvoir absorbant du gaz sulfureux, il veut sans doute dire pouvoir d'être absorbé. Or, à 30°, le pouvoir absorbant de l’eau, à son égard, est encore de 30 volumes environ, c’est-à-dire une proportion largement superfluë pour l'action acaricide, Et puis M. De-

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mora tient-il pour négligeable l'action de la lempérature sur la vitalité des Acariens et, par suite, sur leur réceptivité à l’action toxique ? La température n’agit pas autrement et c’est, en effet, une erreur de dire qu’elle fait sortir les femelles des galeries. » Quoi qu’il en soit, une température de 30-35 degrés est nécessaire. Admettons, avec le savant professeur d'Alfort, que cette tempéralure a une action sur la vilalité des Sarcoptes ; maïs nous pouvons aussi concevoir qu'elle provoque une sorte d'effervescence chez ces parasites ; qu'ils sortent ou non de leurs galeries (chose. difficile à contrôler), ils offrent, sans nul doute, plus de prise à l’agent médicamenteux ; n’a-t-on pas aussi remarqué que le prurit qu'ils occasionnent est décuplé quand s'élève -la température ? | Ces deux questions — qui avaient leur importance — étant traitées, nous allons voir le manuel opératoire et les résultats obtenus. Ces résultats, confirmés par des observations cliniques, seront notre conclusion.

Manuel opératoire

L'animal est introduit dans la « chambre », ainsi que nous l'avons indiqué, sans subir aucune préparation préalable. Le gaz anhydride sulfureux est projeté ou produit dans la chambre. Quand on est arrivé à la concentralion voulue de 3 à 5 pour 100 (ce que l’on juge, chez le cheval, à l’aide d’une bougie placée dans la chambre, el qui s'éteint à ce taux de S02 ; = conçen-

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