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vescence à peine marquée, ou même un pelage normal dans lequel sont semées des croûtes brunes, grosses comme des graines de millet à peine, rocheuses, aiguës comme des grains de sable et adhérentes à la peau. On les sent très bien en passant la main dans la fourrure. On en retire une impression arénacée qui m'a fait donner son nom à la maladie ». Excellente description traduisant bien l’état des lésions que nous avons observées. Malheureusement, il ne s’agit pas là d'un eczéma :
l'agent causal de cette affection est un Protophyte, un :
Champignon : nous démontrerons, dans le cours de cette étude, par des constatations d'ordre microscopique et expérimental, qu'il s'agit bien d'une dermatomycose.
Si maintenant on parcourt les-ouvrages traitant du favus du Chat, il est bien évident, à la lecture des relations, que la maladie dont nous nous occupons n’a rien -de comparable à celle déerite pour la première fois par SAINT-CYr en les années 1868 et 1839, description re- . prise par Neumanx et par Neveu-LemarRe. Pour ces auteurs, en effet, «la teigne faveuse, — causée par le champignon appelé Achorion Schænleini. —, affecte, chez le chat, de préférence l'extrémité des pattes, la base des griffes ; mais elle peut débuter par l'ombilie où par les côtés de la poitrine. Peu à peu, elle s'étend, en envahissant d’abord la tête, spécialement le front, la base des oreilles, la ligne dorsale du nez, puis la face externe des cuisses et les diverses parties du corps. La maladie se caractérise par des croûtes plus ou moins. épaisses (1 à 4 millimètres environ), de consistance un peu poisseuse, de couleur jaune de soufre lorsqu'elles sont relativement récentes, el devenant, par l’ancienne
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té, grisâtres ou gris jaunâtre.» (Neumann) — « Leur contour, dit Saint-Cyr, parfois très régulièrement circulaire, d’autres fois plus ou moins échancré, forme un léger rebord qui s'élève un peu au-dessus de la peau environnante ; leur centre est, au contraire, plus ou moins fortement déprimé, ce qui donne à l’ensemble de la croûte l'aspect d'une petite cupule ou d'un godet. » Et le Professeur Neumann ajoute : « A la surface libre des croûtes, on voit souvent des poils hérissés, raides, lernes, qui paraissent venir de leur profondeur, et qui: s’arrachent à la moindre traction. Plus tard, ces poils tombent, soulevés hors de leur follicule par le processus parasitaire. La. maladie ne s'accompagne que d’un prurit à peine marqué, et ne paraît pas exercer d’'influence fâcheuse sur la santé générale. »
‘ Identique est la description de Neveu-Lemaire, Dans la maladie étudiée par ces auteurs sous le nom de favus,: les lésions débutent par la partie terminale des pattes, à la base des griffes; mais elles peuvent débuter, notons-le bien, au niveau de l'ombilic ou sur les côtés de la poitrine, et s'étendre à tout le reste du corps. «Le favus, comme le définit le Professeur Neumann, est une maladie cutanée, parasitaire et contagieuse, causée par le champignon appelé Achorion Schænleini, caractérisée cliniquement par des croûtes, généralement de couleur jaune à leur début, disposées en godets plus ou moins nets, et entraînant l’altéralion, puis la chute des poils. » Ces descriptions, on le voit, ne se rapportent aucunement à la maladie que nous étudions, puisque, dans cette dernière, les croûtes ont une couleur brundtre, et non jaune soufre ; il n’y a aucune dépilation
véritable ; enfin les poils, comme les croûtes, s’arrachent très difficilement. L'on conçoit fort bien, dans ces conditions, que M. Ch. Leblois classe cette affection dans le groupe Eczéma, attendu que, d'après cet auteur, l'Eczéma est «toute dermatose que l’on ne peut pas étiqueter autrement. »
En résumé, cette dermatomycose se traduit, au point de vue symptomatique, par la présence de dix à vingt petites croûtes brunâtres, larges de À à 3 m/m, dures, anguleuses, adhérentes à la peau, semées un peu partout au milieu de la fourrure (principalement sur la tête, le cou et les épaules), sans altération, ni chute du poil, et Sans prurit. | |
IT, — Diagnostic clinique
Le diagnostic clinique de l'affection est donc extrêmement facile, si l'on est prévenu. Ordinairement, on diagnostiquera : eczéma, voire même gale-sarcoptique. On instituera les traitements de ces affections. La maladie guérira, le Champignon qui en est la cause étant très fragile devant les agents thérapeutiques. Et lon sera satisfait ! Mais pour avoir la cértitude, pour se placer à un point de vue plus élevé — celui de la science, — il faudra faire, comme nous lavons fait, un examen microscopique et même des cultures. En Dermatologie, plus peut-être qu'en toufe autre science, il faut avoir recours au laboratoire, Comme le disait souvent notre Maître, «il faut, tout en étant clinicien, ne pas avoir la.
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phobie du microscope », car elle conduit à des erreurs de diagnostic les cliniciens même les plus consommés.
C'est pour avoir celte absolue certitude que nous avons pratiqué, selon l'habituelle (technique, décrite eiaprès, l'examen microscopique des croûtes. Nous sommes ainsi amenés à passer en revue les manipulations (examen et cultures) que nous avons dû faire pour classer le Champignon cause de la maladie, pour connaître à quel être pathogène nous avions à faire, pour établir
en un mot un diagnostic sûr et précis.
Etude parasitologique
Après avoir étudié le Protophyte in situ, dans la lésion, nous examinerons les résultats donnés par ses cultures ; puis coordonnant ces différentes observations, nous essaierons de le déterminer.
I — Etude du Champignon dans la lésion
Avec la pointe d’un bistouri, on prélève délicatement une croûte ; on la laisse immergée dans la poiasse à 30 pour 100 pendant 48 heures. À ce moment, la croûte, ramollie et éclaircie, peut être mise entre lame et lamelle ; on amincit encore par une légère pression, et on examine. :
À un faible grossissement, (obj. 2), il y a une chose qui frappe au premier regard : il existe dans la préparation des territoires brunâtres, foncés, riches en productions épidermiques et renfermant de nombreux poils ; puis, çà et là, contrastant avec ces territoires,
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