‹ Contribution à l'étude des Dermatoses LinéairesChapitre 11 sur 33 · EE · texte numérisé non relu

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jambe, gris-brunâtre plus bas ; elles sont serres les unes contre les autres et séparées par d’étroits sillons où la peau est grisätre.

L'espace qui réunit les deux tronçons de cette bande présente, sur une largeur de Ï cent. environ, une pigmentation gris-brunàtre, Sans verrucosités ni modification dans la consistance de la “peau.

On constate en outre sur la ligne blanche une trainée nœvique allant de l’ombilic jusqu'à deux travers de doigt au-dessus du pubis ; large de 7 à 8 um,, elle est saillante de 1 mn, environ. Elle est formée d'éléments semblables à ceux de la jambe quoique un peu moins pigmentés et moins condensés.

Ces trainées verruqueuses ne sont le siège d'aucune douleur, d'aucune démangeaison. Elles existaient à la naissance, mais, depuis plusieurs mois, les éléments ont augmenté de volume et

Ja pigmentation s’est accrue.

Observation VI. ((ratvcHer el CRoUzON)

Nœous zoniforme du thorax el du membre supérieur droit

(Annales de dermal. el de syphil. 1902, p. 51)

Renée X..., âgée de 7 ans, est amenée à la consultation de l’hô- ‘pital St-Louis au mois de juillet 1901. Elle présente sur le thorax et sur le membre supérieur droit une éruption survenue progres- -sivement depuis 2 ans 1/2. Elle est, dit le père, de tempérament nerveux, mais n’a jamais eu de crises de nerfs.

Il y a 2 ans 1/2, à l’occasion d’une légère bronchite, on applique sur la poitrine de l'enfant un papier Vlinsi des dimensions de 20 centimètres sur 10 environ. A la suite de cette application, il ne persiste aucune éruption, aucune cicatrice. Un mois après, la mère constate au-devant de la poitrine, sur la partie latérale droite,

au-dessus du mamelon, l'apparition de petites élevures. Petit à

dep

petit, à ces éléments s’en ajoutent d’autres sur la partie latérale droite de la poitrine, puis sur l’épaule, sur le bras et sur l’avantbras. |

A aucun moment la petite malade ne s’est plainte de douleurs ni d'autre phénomène susjectif; à aucun moment le père n’a constaté d'autre élément éruptif surajouté.

Il y a trois mois, on consulte un médecin qui prescrit une pommade soufrée, puis une pommade au turbith minéral. Depuis lors, l’éruption n’a fait qu'accentuer et le nombre des éléments a augmenté. Tout traitement a été cessé depuis deux mois.

L'éruption occupe la poitrine, les épaules, le bras et l’avant-bras.

19 Sur la poitrine, cette éruption forme, sur la partie latérale droite, au-dessus du mamelon, un placard en forme de triangle dont un des côtés est parallèle au bord droit du sternum, un autre sensiblement parallèle à la elavicule et le troisième remonte obliquement vers la tête humérale.

20 Sur l'épaule, l’éruption forme une traînée en ruban, rectiligne au dessus de l'épine de l’omoplate et parallèle à elle.

30 Sur le bras et l’avant-bras, elle occupe la face antérieure, commençant à 3 travers de doigt au-dessus du coude, et finissant au poignet; eile est composée de petits placards juxtaposés en bande.

Les éléments éruptifs sont partout les mêmes; ils consistent en élevures papuleuses, irrégulières, papillomateuses, isolées ou unies en petits placards qui sont eux-mêmes groupés pàr deux où trois. La coloration de l'élément papuleux est celle de la peau normale où légèrement jaune clair, ou légèrement rosée.

I n’y a pas de trouble de la sensibilité dans les régimes atteints. On ne constate aucune autre éruption sur le corps.

Remarque. — Gette observation tire son intérêt, non-seulement de la disposition linéaire du nœvus, mais de son apparition tar-

dive et qui parait avoir été provoquée par une irritation locale.

Observation VII. (Barzer ef Leconxt)

Nœvus syslémalisé en bandes zoniformes el linéaires Annales de dermal. el de syphil. 1901, p. 929.

L. Y...,àgé de 47 ans, vient à la consultation de Fhôpital St- Louis, le 26 juillet 1901, pour une stomatite ulcéro-membraneuse légèré. En le découvrant on constate qu'il présente au cou, au tronc et sur les rnembres des nœvi lisses et pigmentés nombreux ; quelques-uns affectent une dispo tion linéaire des plus nettes. Il y a un an encore, le malade ignorait l'existence de ces nœvi : selon lui, ils ne devaient pas exister dans sa jeunesse ; > l’époque du service militaire, personne ne lui en à fait la remarque.

Au cou, on observe des taches pigmentées de coloration café an lait, non surélevées, les unes lenticulaires, les autres plus étendues et disséminées dans toute la région du con, tant à droite qu'à gauche.

Au tronc, l’éruption ne siège que du cûté droit et présente une disposition zoniforme caractéristique. Ce sont trois trainées assez larges constituées par des éléments lisses, analogues anx Cléments du cou et présentant la même coloration jaunàätre. Elles sont obliquement dirigées en bas et en avant, parallèlement aux quatre nerfs intercostaux moyens. Au-dessous de ces traînées et en arrière, le long de la colonne vertébrale, on en observe trois autres très Ctroites et beaucoup plus obliques, presque parallèles aux apophyses épineuses. A gauche, il n'existe pas de laches piementées, mais les bandes zoniformes du côté droit débordent légèrement de ce côté la ligne médiane, comme cela se produit dans le zona.

A Ja région sacrée, on observe quelques placards pigmentés,audessus du pli interfessier ; on en observe aussi dans le pli ingui-

nal droit, disposés parallèlement à ce pli.

C'est au membre inférieur droit que la disposition linéaire est le plus caractéristique. La bande la plus longue, large d’un centimètre, part en haut de la racine des bourses, descend le long de la face interne de la cuisse droite, en décrivant une légère courbe à voncavité antérieure ; passe derrière le condyle interne du fémur dans le tiers interne de la région poplitée, et descend verticalement à la face postéro-interne du mollet jusqu’au niveau de son tiers inférieur, où elle s'arrête.

Une autre bande un peu plus large et à contours moirs nets, part du pli fessier un peu en arrière de la précédente, descend obliquement en bas et en dehors sur la face postérieure de la cuisse, atteint le tiers externe du creux poplité et s'arrête en s’élargissant à la face externe du tiers supérieur du mollet.

Deux autres bandes un peu plus diffuses et parallèles aux précédentes, descendent obliquement du pli fessier sur la face externe de la cuisse où elles se perdent sur le tiers moyen.

Les éléments qui constituent ces trainées linéaires de la cuisse présentent des caractères spéciaux : ce sont des taches jaunâtres, peu foncées, lisses, entourées d’une zone rosée erythémateuse

avec un pointillé d'un rouge plus foncé.

Remarque. — Cette observation est intéressante non seulement par la disposition linéaire des nœvi, mais par leur apparition tardive et par la nature même de ces nœvi. Il s’agit en effet de nœvi pigmentaires lisses, variété qui n’affecte que rarement la disposition

linaire.

Lichen plan linéaire

La disposition linéaire à élé signalée à plusieurs reprises dans le Hichen plan. Nous en donnons ici quelques observations récentes. Nous avons pu examiner les malades dont il est question dans les deux premières, élant externe dans le service de M. Balzer lorsqu'ils

y furent traités.

Observation VIII Bazzer el GUÉNIOT

Lichen plan linéaire, Bullelin de la Sociélé française de dermal. el de syphiligravure

R... terrassier, àgé de 57 ans, entre à l'hôpital St-Louis le 19 octobre 1909, pour une dermatose ayant débuté au mois d'avril de la même année et développée sur une peau antérieurement saine. R... n'a jamais eu d’autre maladie qu’un érysipèle dans sa Jeunesse.

La lésion élémentaire est constituée par des petites papules rosées ou jaunâtres, brillantes, polygonales, faisant un léger relief avec des orifices glandulaires élargis et formant un piqueté nettement visible à la loupe ; les stries de Wickham ne sont pas visibles. Ce lichen siège au thorax, aux avant-bras et aux membres inférieurs, mais avec des aspects différents selon ces régions.

Il n’y a que quelques papules discrètes et isolées dans la région sternale, d’autres plus nombreuses, mais taujours isolées les unes

des autres aux avant-bras et localisées, d’une façon symétrique,

presque uniquement à la partie cubitale de leur face antérieure.

Cest surtout aux membres inférieurs que l’éruption est marquée. Les papules de licheu, toujours pour la plupart isolées les unes des autres, recouvrent la plus grande partie de la face antériéure des jambes jusqu'aux genoux en respectant les cuisses. Mais c’est à la face postérieure et surtout à gauche que l'affection prend un type particulier. Là, elle revêt dans son ensemble, si on fait abstraction des papules aberrantes, l’aspect d’une longue bande mince en haut, plus large en bas, allant de la région lombaire jusqu'au pied. Cette bande est formée de papules alignées en chaine ; elle est à peu près discontinue depuis la partie supérieure | de la cuisse jusqu'au sommet du creux poplité. Elle a au plus 1 ou 2 centimètres de large et est située à la cuisse en-dedans de la ligue médiane. À la cuisse, cette ligne est doublée sur sa partie interne, et à quelques centimètres par une seconde ligne parallèle et dé même aspect, mais un peu moins accusée et ne commen- ÇGant qu'au pli fessier pour cesser un peu au-dessus du creux poplité.

Au jarret, les éléments sont plus espacés. Ils sont au contraire plus abondants, plus gros, plus serrés au niveau du mollet, et par cela même, par suite du plus œrand étalement en largeur, la disposition linéaire est bien moins nette. Quelques éléments ont la forme annulaire. On peut distinguer deux bandes, lexterne étant la plus large et gagnant la malléole externe. Là, l'éruption est tout à fait confluente, en placard, le derme est épaissi, verruqueux. Cest là qu'a débuté la dermatose qui a ensuite gagné la racine du membre.

Puis des éléments moins nombreux et de nouveau isolés, traversent obliquement la face dorsale du pied, de la malléole externe à la base du gros orteil, disposés en forme de ligne qui continue celle de la jambe.

A droite, les lésions sont moins marquées. Il y a d'assez rares

papules à la cuisse, mais pourtant toutes situées le long d’une

1 hs AR,

bande symétrique à celle du côté gauche. Le creux poplité est indemne. Le mollet présente des papules peu confluentes que l’on peut considérer comme rangées sur une série de lignes longitudinales parallèles dues sans doute au grattage; elles sont plus nombreuses à la partie interne. Sur la face dorsale du pied, les éléments sont moins nombreux et moins systématisés qu'à gauche.

Avant l’entrée du malade à l'hôpital, l'affection était assez

prurigineuse. s

Observation IX. Barzer el GUÉNIOT

Lichen plan linéaire. Bullelin de la sociélé française de dermalt. el de syphil: 1909

Mme L..., 1 ans, marchande de vins. Antécédents héréditaires négatifs. Antécédents personnels : bonne santé habituelle ; elle a eu deux enfants, bien portants, plus un autre mort en bas âge. Pas d'éphylisme, ni de syphilis ; émotivité assez marquée.

Début de l'affection cutanée il y a 2 mois, par une tâche rouge, légèrement saillante et squameuse, grosse comme une pièce de Cinquante centimes, prurigineuse et siégeant sur le creux poplité gauche ; puis apparitions successives de taches semblables sur

la face postérieure de la jambe et de la cuisse, de façon à former

-en se rejoignant une grande trainée occupant toute la longueur

-des membres inférieurs gauches.

Au moment où la malade est examinée, les lésions commencent sur le milieu dela hauteur de la fesse gauche, décrivant une cour-

be à concavité dirigée en bas et en dedans qui l'amène à la partie

‘interne du pli fessier ; là, il y a une courbe presque à angle droit,

par laquelle elle se continue avec une bande verticalement descendante, décrivant une courbe de large rayon conc:ve en dehors, de 2 cent. de diamètre en haut et en bas, de 1 cent. seulement

au milieu ; à partir du creux poplité, la bande devient moins

-continue et s’élargit parcourant toute la face postérieure de la

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jambe verticalement et venant mourir dans le sillon rétromalléolaire externe.

Paralléle à cette bande et en dedans, il y en a une autre beaucoup plus mince, formée d'éléments plus isolés, surtout sur la jambe ; elle commence en haut dans le pli génito-crural gauche et descend verticalement le long de la face interne de la cuisse et de la jambe pour finir dans le sillon rétromalléolaire interne. Elle est à peu près rectiligne et à peu près continue à la partie supérieure, formée d'éléments plus isolés à la jambe.

Les éléments, dans les endroits où ils sont bien isolés (éléments aberrants de chaque côté de la grande bande ou éléments de la petite bande) se présentent comme de petites papules ronges, brunâtres, ternes d’aspect, légèrement saillantes, à contour irrégulièrement arrondi, à surface plane recouverte d’uve petite squame mince qu’on détache difficilement ; de nombreux élèments sont un peu écorchés par le grattage. Quand le membre inférieur est libre, il n’y a pas de démangeaison ; quand il est enveloppé et échaufté, les démangeaisons reparaissent un peu.

Sur la fesse de la face postérieure de la cuisse et de la jambe, surtout sur le creux poplité, il y a une confluence telle de ces éléments que la lésion prend l’aspect de nappes rouge-brûünàtre, dont la coloration disparait momentanément si à la pression, dont la consistance, au toucher est légèrement rugueuse ; on voit à la surface de fines squames adhérentes et de petites écorchures résultant du grattage.

Dans les premiers temps de la maladie, les démangeaisous étaient assez marquées et presque continuelles ; actuellement, il n'y à de démangeaisons que dans les moments où il se fait ure poussée nouvelle d'éléments.

Les auteurs font remarquer que dans ce cas comme dans le précédent, au niveau des trainées linéaires du lichen, on ne constate pas nettement les stries épidermiques du lichen, ni de quadrilla-

ge épidermique.

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