‹ Contribution à l'étude des Dermatoses LinéairesChapitre 12 sur 33 · LATE · texte numérisé non relu

LATE

Observation X.

Prise par le regretté docteur Cauchery, alors inlerne de M. Balzer en 1899 ; publiée dans le Bullelin de la sociélé française de dermalologie et de syphilis 1901 (sur un cas de lichen en bandes

linéaires).

Mme veuve Prov..., 68 ans, journalière, présente depuis deux ans une éruption de lichen plan, localisée au membre inférieur droit et affectant une disposition linéaire très nette,

Le début de la dérmatose date de 2 ans ; localisée à la jambe d’abord, elle ne tarde pas, &u bout d’un mois à se généraliser à tout le corps. La malade se traite et l’éruption généralisée ne dure que 3 mois environ, mais la localisation au membre inférieur droit persiste et reste ce qu’elle est actuellement.

C’est une éruption de lichen typique, papules agglomérées en placards ou mieux, en bandes dures, saillantes, rouges, à surface rugueuse et inégale, s'espoliant en une desquamation fine, assez intense ; la peau, au niveau des placards est fortement épaisse et indurée. È

La distribution de certains groupes est très remarquable. Les éléments sont groupés en bandes très nettes, les uns dans l'axe du membre, les autres peu nombreuses, issues des premières, plus ou moins obliques ou transversales, venant se terminer sur la partie antérieure du membre

Trois grandes bandes bien nettes parcourent en arrière le membre inférieur droit. L'une part de la pointe du coceyx, se dirige vers l’extrémité externe du pli fessier, près de la région antéroexterne de la cuisse, et contournant celle-ci, arrive jusqu'au niveau de la région externe de la rotule, où les éléments sont dispersés.

La seconde part de la pointe de la fesse, suit la gouttière du

sciatique et ses éléments aboutissent disséminés, mais orientés en

bande dans le même sens, sur le côté extérne du genou, ne dépassant pas le bord externe de la région rotulienne. Dans sa moitié supérieure, cette bande forme un placard ; dans sa moitié inférieure, les éléments rappellent une disposition pénicillée et les bandes inférieures ne dépassent pas la moitié de la jambe à sa partie postérieure.

La troisième bande se confond supérieurement avec la première, descend la gouttière du sciatique, puis la partie médiane du creux poplité, puis la gouttière du saphène interne, arrive au bord externe du tendon d'Achille, suit ce bord, et se perd un peu plus bas sur le côté interne du pied. Le long de la jambe, cette bande émet quelques branches longitudinales.

Une quatrième bande s’observe à la face interne du membre

* inférieur ; elle part en haut du côté interne de la cuisse, vers sa

moitié occupe toute la moitié inférieure interne de la cuisse, passe en dedans de la rotule et suit en large bande diffuse toute la face interne de la jambe.

Au niveau de la face antérieure de la jambe, cette 4° bande se confond sensiblement avec les branches précédemment décrites. Cependant on pourrait suivre la seconde décrite jusqu'au devant du cou-de-pied, la voir se bifurquer au niveau du métatarsien ; une branche occupant la face dorsale du gros orteil, l’autre celle

du 2e orteil.

Observation XI. (GASNE ET CHiIRAY)

Lichen sur les zones d'irradialions douloureuses de l'angine

de poitrine. (Bull. de la Soc. méd. des hôp. 1905)

Malade âgé de 33 ans, éthylique, a depuis plusieurs mois des crises de fausse angine de poitrine avec irradiations douloureuses le long de la face interne du bras gauche jusque dans les doigts.

C’est un malade d’une nervosité extrôme.

AO

Depuis deux mois environ éprouve de très vives démangeaisons, surtout à la face interne du bras gauche. On constate dans cette région des placards de lichen disposés en stries linéaires ; ils ne descendent pas au-dessous du pli du coude et correspondent à la distribution périphérique de l'accessoire du brachial cutané interne. Un autre petit placard existe au-dessus et en dehors du mamelon dans la zône des nerfs intercostaux anastomosés avec ce nerf. Sur le reste du corps on n’observe que de l'acné, sauf pourtant au creux poplité droit où il existe un autre élément de lichen plan.

L'examen de la sensibilité objective montre que tout le territoire de l’accessoire du brachial cutané interne est hyperesthésique. Au toucher, à la piqûre, à la chaleur on détermine nettement une bande cutanée Située sur la face interne du bras et descendant jusqu’au coude, au niveau de laquelle toutes les sensibilités

sont exaltées.

Observation XII. Broco

Lichen en L'ainées linéaires chez un enfant de 4 mois.

Pralique dermalologique LI, page 194.

Enfant de 4 mois, présentait, partant des 2 aînes, et de là s’irradiant en stries linéaires, d’une part le long de l'abdomen en remontant vers le creux axillaire, d’autre part le long de la face interne des cuisses et des jambes, des trainées longitudinales un peu sinueuses presque rectilignes, de papulcs aplaties brillantes, absolument caractéristique de lichen plan. La maladie évolua lentement vers la guérison. Un peu plus lard, lenfant n’en présen-

tait plus que des vestiges.

Cet observation est intéressante à cause du jeune àâge de len-

fant, et de l’étendue des trainées de lichen.

Névrodermite chronique linéaire

La Névrodermite chronique circonscrile, encore appelée lichen simple circonscrit se dispose quelquefois

en trainées linéaires. En voici quelques exemples :

Observation XIII Broco

Névrodermile chronique circonserile en bande longiludinule.

Annales de dermat. el de syphil. 1896, p. 7806)

Jeune fille de 16 ans 1/2 a eu de fréquentes convulsions dans son jeune âge. Mais depuis sa santé semble avoir été assez bonne et son système nerveux semble être en ce moment des plus calmes.

Ce fut vers l’âge de 5 ans qu’elle commença à ressentir au bras droit des démangeaisons qui furent violentes d'emblée et qui augmentèrent rapidement d'intensité au point de devenir des plus pénibles sans cependant causer de l’insomnie. Elle croit pouvoir affirmer que c’est environ quelques semaines après le début du prurit qu'apparurent des modifications des téguments analogues à celles que l’on constate aujourd’hui, mais d’après elle beaucoup plus accentuées. On lui fit faire à cette époque des applications. de compresses trempées dans de l’eau salée qui la soulagèrent beaucoup.

Elle ne peut d’ailleurs donner aucun renseignement précis ni sur la durée de cette premièré atteinte du mal, ni sur le moment de l’année où elle avait commencé, ni sur les causes qui auraient pu la provoquer.

Depuis l’âge de 5 ans, elle est prise tous les ans, au moment de Papparition des premières chaleurs, d'accidents analogues qui suivent la marche de la température ambiante, qui s’exacerbent au milieu de l'été, puis diminuent en automne et disparaissent complètement en hiver. D’après elle, le prurit durerait plus longtemps que l'éruption ; il commencerait quelques jours avant elle et cesserait progressivement quelques jours après elle,

Au moment où elle vient consulter, elle présente sur le membre supérieur droit, s'étendant depuis l’épaule jusqu’au poiguet, une plaque éruptive longitudinale d’une largeur moyenne et presque uniforme de cinq à six centimètres, rigoureusement recliligne, parcourant la face externe du bras et du cou et la face postéroexterne de l’avant-bras. Les lésions cutanées sont surtout marquées au niveau du coude et dans une éténdue de six ou sept travers de doigt au-dessus et au-dessous de l’article; en s’éloignant davantage du coude, les lésions diminuent insensiblemeut d’intensilé et viennent se terminer en mourant en bas un peu au-dessus du poignet, en haut au niveau de la partie moyenne du deltoïde. Les extrémités supérieure et inférieure de la bande ont des limites un peu diffuses, tandis que les bords latéraux sont assez nets,

et tranchent sur les parties voisines.

Les altérations cutanées consistent en une infiltration et un épaississement marqué des téguments, en une exagération consiérable des plis de la peau qui forment un quadrillage plus ou moins serré et régulier suivant les endroits. en une coloration rouge bistre avec pigmentation et accentuée des régions atteintes; leur surface est recouverte de petites squames furfuracées, grisâtres, assez adhérentes, et de nombreuses excoriations avec

croûtelles sanguinolentes. Aux deux extrémités de la bande, aux

2 Car à LP LS ; à L's a LU NOTE AE] VE Lea 1] + CRAN RL A Le

LS Mgr

points. où lés lésions sont 1e moins accentuées, se voient de tout petits éléments papuleux d'aspect, aplatis, légèrement miroitants, de coloration grisätre, par places excoriées On en retrouve également d’'analogues sur toute la place éruptive quand on les cherche avec quelque soin; mais ils sont surtout nets vers le poignet et vers l’épaule.

Au niveau de la plaque, la peau présente un certain degré d’'hy-peresthésie.

En outre, à la jambe droite, depuis la face interne du genou jusqu’à la malléole, la malade ressent un prurit assez intense,analogue à celui du bras ; mais les modifications que la peau a su-bies en cette région sont des plus minimes. On n’y trouve que des.

excoriations, suites de gratiagrs.

Observation XIV. Dusreucrezu.

Lichen simple circonscril en bande linéaire, sociélé française

de dermal, el de syphil., 7 juillet 1904.

Constance D..., lingère, âgée de 98 ans, est la fille d'une mèrebien portante et d’un père très nerveux, très émotif, mort à 63 ans d’une maladie de cœur. Elle à deux sœurs et deux frères. L'une des sœurs à des crises de nerf.

Elle est très susceptible ; à la moindre contrariété, elle pleure ettremble, mais n’a jamais eu dattaques de nerfs. Il n’y a pas de troubles de la sensibilité cutanée, mais le réflexe pharyngien est aboli.

I y a dix ans, après des revers de fortune et'la mort de son père, elle a commencé à sentir un prurit très violent en un point très localisé de la jambe droite, à trois travers de doigt au dessus de la malléole interne ; les crises de démangeaison et de gratta-

ge conséculif étaient tellement violentes qu’elle en avait presque -

des crises de nerfs. Les altérations cutanées qui se sont montres peu après, se Sont graduellement étendues en même temps que la démangeaison,

On trouve sur la jambe droite une ligne saillante qui, partant du sommet de la malléole interne suit la face interne de la jambe, puis oblique un peu en arrière, passe sur le bord interne du creux poplite, et s'élève sur la face postérieure de la cuisse jusqu’à une dizaine de centimètres du genou. Elle est tout à fait continue, sauf une courte interruption à la partie supérieure de la jambe, et sa longueur totale est d'environ 40 centimètres.

.Gette ligne mesure un centimètre de large et fait une saillie de un millimètre et demi à la partie inférieure de la jambe oùelle est le plus accusée ; sa consistance en est très dure, mais elle est superficielle et il n’y a pas d'infiltration profonde. Sa surface est grisätre, rugueuse, verruqueuse, avec un épiderme corné fort épaissi. On y trouve en sorime tous les caractères d’une lichénisation très accenture,

La démangeaison est assez exactement limitée à la bande sail- Jante ; ceperidant, la malade interrogée d’une façon minutieuse, reconnaît aussi gratter toute la rCgion avoisinante. Le prurit est plus accusé la nuit sous l'influence de la chaleur du lit; il est

aussi plus violent en été qu’en hiver.

Observation XV. Migezri

Névrodermite chronique linéaire, Manals für pral. dermal. 1901.

Garcon de 17 ans, atteint de prurit du membre inférieur droit avec depuis quelque temps une éruption caractérisée par une infiltration superficielle et une desquamation ; cette éruption forme

une bande à trajet irrégulier, étendue depuis la convexité de la

D nn,

fesse, à 7 centimètres du grand trochanter et à 5 centimètres dæŒ

pli fémoro-fessier jusqu’à la pointe du pied, sauf quelques cour-

é tes interruptions ; cette bande décrit une concavité externe à la e partie moyenne de la cuisse, une convexité externe au-dessus du NE genou, est sinneuse en avant du péroné, passe en avant de la ÿ malléole externe et se divise en 3 bandelettes au niveau du méta- È Le | Fd TES tarse pour aboutir sur les 3 orteils moyens. É #2 :

4 209 È . * 3 € à ne 4% de:

HT 42 à 17. sy :

En | l Eur: 4 % SÉI æ 4 5 1 En y à # ;

& CT OP PCT R JT UT ÉD: PSS EE NE “+ 5

Psoriasis linéaire

I n'est pas douteux que le psoriasis puisse se disposer suivant des bandes linéaires. Mais le nombre des

observations en est très restreint.

Observation XVI. Tuigiercr

Sociélé de derm. el de syphil., Ÿ novembre 1893.

Psoriasis débutant à l’âge de 44 ans, chez un sujetnerveux, issu de parents nerveux, atteint lui-même d’une sciatique récidivante du côté gauche : début de l’éruption par une plaque occupant le territoire du nerf saphène interne gauche et emriétant légèrement sur le territoire du crural ; il s’agit d’une longue bande qui commence sur le côté interne de la cuisse, dans son tiers inférieur et se termine un peu au-dessus de la malléole interne ; puis apparition de plaques correspondant aux nerfs museulo - cutanés du plexus brachial, avant de se montrer aux lieux d'élection du pso-

riasis ; intégrité du membre inférieur non atteint de névralgie.

Observation XVII. Broco.

Sociélé franç, de dermat. el de syphil. 10 mars 1898

M. Brocq signale un cas de psoriasis absolument pur au point de vue lésion élémentaire, étendue sur le membre supérieur droil depuis l'épaule jusqu'à la main suivant une bande linéäire dont la largeur ne dépasse pas.

un cenlimèlre.

Observation XVIII.

Psoriasis en bandes zoniformes el linéaires d'apparence lichénoïde

Barzer et LecorNu. (Ann. de dermal. el de syphil. 1901)

L... A.., comptable, àgé de 55 ans, avait été soigné en 1901 dans le service de M. Balzer pour une poussée de psoriasis dont les éléments typiques, un peu prurigineux n’offraient aucune espèce de systémalisation. Quelques mois plus tard, avant que le malade ne fût complètement blanchi, nouvelle poussée. Mais cette fois les éléments éruptifs présentent des caractères spéciaux et affectent dans la moitié droite du corps une disposition topographique très. particulière.

Dans son ensemble, le psoriasis se présente sous forme de placards disséminés sur le tronc, l'abdomen et les membres ; mais sur le côté droit du corps où ils prédominent, les éléments affectent volontiers une disposition systématisée. C’est ainsi qu’à droite et en arrière du thorax on observe deux larges placards allongés transversalement, moins obliques que les côtes moyennes qu'ils croisent et présentent une disposition zoniforme ; le premier est

Eu 0

à peu près dans la fosse sus-épireuse et parallèle à l'épine de

l’omoplate ; le deuxième suit la mème direction transversale et est situé à Ja hauteur de langle de l'omoplate. Un troisième groupe plus petit est situé à quatre travers de doigt au-dessous du précédent, mais n'affecte pas de disposition zoniforme aussi Mere in .

Aux fesses, les placards sont nombreux, mais ue paraissent pas sysmatisés. C'est à la partie inférieure de Fabdomen et au membre inférieur droit que la disposition linéaire et systématisée est des plus nettes.

De l’ombilie à la racine de la verge on observe un ruban large de 7 à 8 millimètres, et situé exactement sur la ligne médiane au niveau de la ligne blanche ; ce ruban se continue en bas et à droite, le long des bourses qu’il contourne et atteint la partie supérieure et interne de la cuisse droite. À la cuisse, il s’élargit un peu (un centimètre environ) et, continuant son trajet, se dirige obliquement en arrière et en dehors, en décrivant une légère courbe à concavité antérieure, atteint le tiers interne de la face postérieure de la cuisse, descend vers le tiers interne du creux poplité puis au mollet parallèlement au jumeau interne, passe en arrière de la malliole interne et longe enlin les deux tiers postérieurs du bord interne du pied droit, où il finit pas se confondre avec de larges placards de psoriasis.

A la face postérieure de la cuisse, une autre bande très nette large d’un centimètre et demi environ naît à la partie moyenne du pli fessier et descend verticalement jusqu'au tiers moyen de Ja cuisse ; à ce niveau, elle devient oblique en bas et en dehors et chemine parallèlement au ruban précédemment décrit, à 3 c. en dehors de lui ; elle atteint le tiers externe du creux poplité et la partie supéro-externe de la jambe où elle s’élargil un peu. Après un court intervalle de peau saine, elle se continue sous forme d’une autre bande verticale, large de 3 c. suivant exacte-

* ment l’interstice des jumeaux depuis l’angle inférieur du creux

4 ST EN DRE far LEE

us à

poplité jusqu'au tendon d'Achille, où elle se confond avec un largé placard recouvrant toute la mailéole externe, et se continuant sur le dos du pied jusqu'aux trois derniers orteils. À la face antérieure de la jambe, il existe un vaste placard de psoriasis qui s’est constitué par la réunion de trois lignes descendant parallèlement depuis le tiers supérieur de la jambe jusqu’au tiers supérieur du pied et sur le dos du pied une trainée linéaire qui va jusque sur le gros orteil. Enfin, à la face postéro-externe de la cuisse, il existe deux bandes larges de 3 à 4 cent. étendues obliquement du pli fessier au tiers moyen de la cuisse et parallèles aux bandes précédemment décrites.

” Les éléments de cette poussée éruptive présentent encore quelques particularités intéressantes : les éléments linéaires ont un aspect lichénoïde très prononcé ; la peau est à leur niveau d’une coloration rouge vineux, el présente un épaississement et une saillie très marqués, peu de squames, pas de tendance à la pigmentation. Ils sont le siège d’un prurit assez intense et même un peu hyperesthésiques ; cet état s’accentue dès que le malade est découvert. Quelques éléments nummulaires disséminés ont un peu les mêmes caractères, mais d’autres présentent nettement la squame argentée par le grattage. D'autre part, les stries de Wickham ne s’observent ni au niveau des éléments nummulaires, ni au niveau des éléments linéaires, de telle sorte que le diagnostic de psoriasis parait bien devoir ètre maintenu pour toute l’éruption cutanée. L

A noter que ce malade est syphilitique et tuberculeux et présentait à son entrée à l'hôpital une grosse quantité d’albumine dans les urines.

Eczéma linéaire

* L'eczéma, avec des lésions élémentaires pures, ne se dispose que d'une façon-exceplionnelle suivant des Wrainées linéaires : du moins le nombre des observations en estal très restreint. I 'est moins rare de rencontrer des observations d'eczémas linéaires dit «lichenoïdes ». Mais dans ces cas, on peul se demander s'il s'agit bien d'un eczéma lichénifié, ou d'un lichen compliqué d’eczéma ou d'une névrodermile chronique cireonserile avec eczémalisalion ou simplement d'une névrodermite chronique circonscrile, certains auteurs surtout à léranger ne paraissant pas admettre lindividualité de celte affection. Celle remarque faite, nous signalons les quelques observations suivantes d'eczéma où la disposi-

Hion linéaire est assez nette.

Observation XIX. STERNTHAL

Eczéma linéaire, 2% congrès de dermalhologie allemande

Strasbourg 1898

Une jeune fille de 21 ans présente, depuis l’âge de 12 ans, au

bras droit une éruption prurigineuse, ayant débuté à l’éminence

Va

thévar, pour s'étendre secondairement à l’avant-bras et au bras.

Actuellement, la dermatose est constituée par de petites papules cornces grisàtres, ayant le volume d’une tête d'épingle, rappelant l'élément de lichen verruqueux. Elle s'étend : 10 sur lavant-bras, longeant le tiers inférieur du radius sur une longueur de 3 centimètres environ, puis l’éruption gagne obliquement, en se rétrécissant, le milieu du pli du coude ; en ce point, les éléments se modifient et Geviennent croûteux. 2° Au bras, l’éruption se divise

sur les biceps en deux trainées : l’une monte sur le bord interne

du biceps jusqu’au milieu du creux sus-claviculaire où elle se ter-

mine en s'élargissant ; l’autre passe sur l’acromion et va se terminer dans le dos au niveau de la 5° vertèbre cervicale.

En même temps, existait de la séborrhée du cuir chevelu. L'affection fut traitée par des applications de pommade sulfureuse

qui amenèrent une amélioration et dont la cessation fut suivie

daggravation et bientôt de l’apparition d'un exanthème diffus

occupant le bras gauche et le tronc.

AL Observation XX. Broco.

Sociélé franç. de dermal. el de syphil., 10 mars. 1898

À propos d’une dermatose linéaire présentée par M. Bulzer, M. Brocq déclare avoir observé une éruption linéaire franchement

eczémateuse. Il n'en donne pas le trajet.

Observation XXI. Frrrz CALLOMEN

Eczému lichenoïde, archiv für dermal. und syphil. 1910, p. 221. Jeune Hille de 25 ans. En juin 1907, éprouve vers la partie

moyenne de la jambe gauche des démangeaisons qui se propagè-

rent ensuite vers le haut et vers le bas de la jambe. La dermatose apparut presque en même temps que les démangeaisons et se propagea comme elles. Actuellement, (novembre 1909), elle s’étend sous forme d’une bande depuis la face antérieure du genou jusqu’au gros orteil. Elle descend le long de la crête tibiale, passe en avant de la malléole interne, chemine ensuite sur le premier métatarsien. Dans son ensemble, elle décrit une légère courbe à convexité interne. Assez large au-dessous du genou, elle se rétrécit à mesure qu'elle descend.

Gette dermatose est formée d'éléments variés : papules, les unes luisantes, les autres squameuses ou égratignées, vésicules léger suintement par places, croûtelles; la peau n'est pas infiltrée.

L'auteur se dit embarrassé pour classer cette affection d’une fa- -çon précise, et il rappelle qu'il en est souvent ainsi quand il s’agit de dermatose linéaire. Comme elle tient à la fois du licaen et de l’eczéma, il propose le nom d’eczéma lichénoïde. Peut-être s’a- .git-il de névrodermite chronique circonscrite,compliquée d'eczéma; il y aurait, en faveur de cette opinion, les démangeaisons vives, “Ja longue durée de la maladie, l'aspect atypique des papules non

nettement limitées ; mais la peau ne présente pas d'infiltration.

Observation XXII Migezrt

Eczéma lichénoïde, monastschrift für pral. dermat, 1904

Fillette de 8 ans, ayant depuis quelques jours des éruptions prurigineuses à type eczémato-lichénoïde sous forme de ligne sinueuse étendue de la malléole externe droite jusque près du pli fémorofessier, avec concavité externe à la partie moyenne de la jambe,

-concavité interne depuis le tiers supérieur de la jambe jusqu'au tiers inférieur de la cuisse; à la partie supérieure et externe de la fesse, du même côté, une ligne courbe à concavité en haut et en

-dedans.

Le"

Sclérodermie en bandes

La disposition en bandes constitue une forme bien connue de la selérodermie. Parmi les publications de ces dernières années, nous avons recueilli les deux .observalions suivantes dont l'intérêt nous a paru assez grand du fait de l'étroitesse des bandes et de leur loca-

hsalion.

Observation XXIII. Lio, ©

Breslauer dermalologische vereinigung, séance du à février 1900.

Un malade présente depuis la pointe du nez jusqu’à 3 centimètres au-dessus de la limite d'implantation des cheveux, une bande de sclérodermie qui chemine dans presque toute son étendue

sur la ligne médiane. Sur le front, elle répond rigoureusement à

Ja ligne médiane ; vers son extrémité inférieure, elle s’en écarte.

légèrement et se termine sut l'aile du nez gauche. Sa largeur est de un centimètre et demi. Dans sa partie médiane, la peau est lisse, brillante, blanche, légèrement déprimée, très adhérente aux

tissus sous-jacents :; sur les bords existe un liseré pigmenté d’un

jaune-brunätre. La sensibilité est conservée à son niveau ; les

cheveux font défaut sur la partie occupant le cuir chevelu.

L'affection débuta apparemment il y a un an et demi par une bande brune étroite qui, peu à peu, s'étendit pour atteindre la largeur et la longueur actuelles. C’est cinq mois après le début que la malade remarqua la dépression centrale.

L'auteur, en terminant, fait remarquer avec juste raison la localisation particulière de cette bande de selérodermie qui, dans presque toute son étendue, répond risoureusement à uneligne de

Voigl.

Observation XNIV. FRIrzZ CALLOMON

Archio für dermal. und syphilis 1910, p. 22

Malade âgée de 32 ans, examinée par Callomon, en juin 1907. Sur la moitié droite du thorax $se trouve une bande de sclérodermie, large de 1 centimètre, commençant un peu au-dessus du mamelon, elle se porte en bas et en dedans et se termine à deux travers de doigt de la ligne médiane antérieure, au bord inférieur du thorax. Cette bande ne fait pas saillie et n'est pas déprimée.

La peau à son niveau est d’un blanc brillant, lisse, ne peut être plissée. La consistance en est dure, comme ligneuse, et entre les doigts on a la sensation d'une corde. En attirant le sein en haut et en dehors et en exerçant des tractions sur le dos, on se rend compte que cette corde est adhérente au plan profond. Le malade, par ces manœuvres, éprouve de la douleur.

L'intérèt de cette observation réside, comme le fait remarquer l’auteur, dans la Jocalisation de la bande au thorax, contrairement à ce qu’il y à lieu dans la majorité des cas où les bandes de selérodermie s'étendent longitudinalement sur les membres ; äl faut aussi remarquer qu'elle croise obliquement la direction des

nerfs intercostaux.

Ds

un

Page 1