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moins fortes. Il somnole plutôt qu'il dort. Il est dans un état de révasserie continue qui le fait marmotter, el cela jour et nuit. Température, 37°9-37°2;
Le 7 février, il n’a plus de placards rouges; sur les cuisses persistent seulement les trainées digitales qui se sont pigmentées. La desquamation continue. La somnolence et les troubles oculaires sont les mêmes. Température, 38 degrés-37°5 ; pouls, 68.
Le 8 février, température, 38°2-37°7; pouls, 75.
Le 9 février, la peau des mains, devenue plus cornée et écailleuse, commence à peler par grands placards. Il en est de même de celle des pieds.
Le réflexe oculo-cardiaque est négatif. L'état de somnolence et de rêverie est le même. Le malade ne peuts’empêcher de s'y laisser aller et s’en rend très bien compte. Dans cet état d'assoupissement, il vit toute une scène remémorée ou créée, comme celles qu'il nous arrive à chacun d'’éprouver le matin, lorsqu'après le sommeil nous nous laissons aller à un demi-sommeil. Il ne s’agit nullement d’onirisme hallucinatoire et délirant. Température, 38°1-38°2. Pouls, 68.
Le 10 février, température, 37°3-37°4. Pouls, 68.
Le 11 février, température, 37°%6-37°7. Pouls, 65.
Le 12 février, température, 37°8-38°2. Pouls, 80.
A partir de ce moment, la narcolepsie diminuant encore, P... essaie de lire et d'écrire, mais n'y parvient pas. Sa vision est défectueuse en ce sens qu'il constate dès ce moment de la diplopie et qu'il paraît y avoir de la diminution de l’acuité visuelle, soit par amblyopie, soil par troubles de l’accommodation {myosis avec abolition des deux réflexes à l’accommodation et à la lumière). Il lui est impossible de distinguer même les plus grosses lettres du titre d’un journal. L'ensemble clinique se poursuit en régressant graduellement. L'étatinfectieux se traduit jusqu’à la fin par une hyperthermie moyenne (374 378). Peu à peu, le pouls se relève, le réflexe oculocardiaque redevient positif, la voix et l'éloculion normales. La somnolence rétrocède de même que tous les troubles oculaires. Le facies reprend un aspect expressif, éveillé.
Le 6 mars, la guérison est complète sans qu'aucune thérapeutique
ail été mise en œuvre.
Pit
Pendant toute l’évolution de la maladie, P... n’a jamais eu de troubles digestifs. Il a mangé avec beaucoup d’appétit, avee boulimie même. Il n’a pas présenté, cliniquement, la moindre réaction méningée. Les urines, examinées à plusieurs reprises, ne contenaient ni sucre, ni albumine. Les réflexes lendineux sont restés normaux.
Vers 1912, il aurait, chez lui, eu une semblable conjonctivite avec ædème et rubéfaction des paupières, et vers 1913, an érysipèle de la face avec néphrite, mais sans tendance au sommeil les deux fois.
OBSERVATION X (résumée).
AcHARD, p. 101.
Purpura.
Femme de 25 ans, prise, au sixième mois d'une grossesse, de mal de tête, fièvre et bronchite. Dix jours plus tard, à son entrée dans le service, elle était dans le coma. Température, 39°8. Elle avait du purpura sur la face externe des cuisses; on provoquait facilement la raie méningitique, mais on ne trouvait pas de Kernig.
Effacement léger du sillon naso-génien droit. Un peu de strabisme externe de l'œil gauche. Pupilles un peu contractées, réagissant bien à la lumière. Mouvements de carphologie, puis deux jours après, myoclonie du flanc gauche et secousses convulsives du‘membre supérieur droit. Côté droit légèrement contracturé avec réflexes tendineux plus forts. Signe de Babinski. Respiration accélérée. Mort après douze jours de maladie.
OBSERVATION XI Henri RoGrr.
Encéphalite myoclonique avec purpura localisé et à début ambulatoire contractée à Salonique.
Un soldat, âgé de 22 ans, commence à ressentir vers le 20 février, étant à Salonique, des douleurs thoraco-axillaires bilatérales, vives,
qui sont survenues alors qu'il montait la garde. Il se plaint à son
major qui ne constate aucun signe objectif et le renvoie faire son service.
Devant s'embarquer incessamment pour venir en permission en France, il patiente malgré ses douleurs. Sur le bateau qui le ramène à Marseille, il continue à souffrir el présente des secousses vives dans les membres, mais il va, vient, quoique assez déprimé. La température ne dépasse pas 38 degrés.
À son arrivée à Marseille, il ne pense qu'à une chose, prtir le plus tôt possible pour aller dans sa famille. Toutefois, après s'être muni de son tilre de permission, il va demander conseil à son médecin pour ces secousses brusques qui le gênent beaucoup pour boire, pour manger et pour écrire, et c'est alors qu'on l'hospitalise au Centre neurologique.
A son entrée, le 10 mars, on constale un syndrome myoclonique des plus nets; secousses électriques nombreuses, prédominant aux membres inférieurs et surtout à la paroi abdominale et au diaphragme.
Assez brusquement, la fièvre s'allume, atteignant 4102. Un délire onirique s’installe; les secousses myocloniques se précipilent et l’on remarque une parésie radiale droite incomplète (flexion de la main, flexion des doigts, surtout des derniers) à laquelle succède une parésie passagère du médian (impossibilité de fléchir l'index et hypoesthésie du bord externe de la main).
Malgré l'absence de signes méningés cliniques, le liquide céphalorachidien offre une réaction nette : 66 lymphocytes par millimètre cube, 60 centigrammes d’albumine, 40 centigrammes de sucre. L'examen du sang montre une hyperleucocytose accentuée (29.000) avec une polynucléose de 88 p. 100. Hémocullure négative.
Mais ce qui fait l'intérêt du cas, c’est l'apparition avec l’acmé thernique et la paralysie radiale d’une éruption purpurique curieuse, localisée symétriquement à la face antérieure des avant-bras et du iers inférieur des bras, elle a des limites presque linéaires. Elle est constituée à la périphérie par des péléchies, au centre et surtout au giveau du pli du coude par de véritables ecchymoses. Celles-ci, de
coloralion rouge vineux à gauche, ont au pli du coude droit une
CE
teinte violacée cyanotique. Ce purpura est accompagné d'un œdème inflammatoire qui augmente le volume du membre.
En dehors dé cette coloration antibrachiale, on ne constate que quelques pétéchies discrètes au niveau des fesses; il n’y a aucune hémorragie des muqueuses.
Ce purpura diminue rapidement d'intensité. L’ædème inflammatoire disparaît au bout de quarante-huit heures, ne laïssant à la place que quelques pétéchies et quelques ecchymoses limitées au niveau du pli du coude.
En dehors de l'éruption purpurique, notons quelques plaques rarés d’urticaire aux membres inférieurs, et surtout une éruption roséolique pâle de la face antérieure du tronc qui existait d’ailleurs avant le purpura et se généralise ensuite à la face postérieure du tronc et au visage.
L'auteur note que la localisation du purpura semble commandée par les symptômes nerveux; on le rencontre dans les territoires du museulo- cutané et du médian que des examens électriques montrent hypoexcitables.
L'apparition de ce purpura et de cet érythème chez un permissionnaire débarquant de l’armée d'Orient ét présentant une fièvre élevée, devait faire songer au typhus exanthématique. Ni la localisation purpurique, ni l'éruption roséolique pâle, qui furent montrées à des médecins ayant vu pas mal de cas de typhus, n’en avaient le caractère. Le malade, qui n’était porteur ni de parasites, ni de lésions de grattage, eut en outre üne réaction de Weil-Félix négative.
I s'agit, en somme, d'une encéphalile épidémique qui, pendant près de vingt jours, a évolué suivant le type ambulatoire et s’est compliquée ultérieurement de phénomènes infectieux aigus.
Traité par l'injection intrarachidienne de sérum de convalescent et les injections intraveineuses d'urotropine, ce malade a vu ses secousses myotloniques s'atténuer, la fièvre déséeéndre et une somnolence légère succéder à la myoélonie généralisée.
Flye-Sainte-Marie 5)
Analyse des 10 observations de Smith.
A ces observations, il convient d'ajouter l'étude des 10 cas d'encéphalite accompagnée d'éruption que Smith à publiés dans le Philippine Journal of science. Sans entrer dans le détail des observations, il fait une étude d'ensemble de ces cas assez particuliers.
Rapportant les observations qu'il a faites au cours d’une épidémie d'encéphalite aux Philippines, Smith signale 10 cas accompagnés d'éruption, 6 à l'hôpital, 4 en dehors.
Il remarque la précocité de ces éruptions. Dans 3 cas, ce fut le symptôme qui attira l'attention du malade et l’amena à consulter un médecin.
Ces éruptions ont débuté par la face et Le cou, gagnant lentement le tronc et les membres supérieurs, s'étendant finalement aux cuisses sans dépasser les genoux. À mesure qu'elle s'étend, l'éruption devient moins intense, piquetée, prenant en quelque sorte l'aspect papuleux. La localisation de début de l’éruption à la face et au cou fait penser à la rougeole, mais par ses caractères propres, cet érythème se rapproche plutôt de celui de la scarlatine. Pour se développer, l'éruption demande de vingt-quatre à soixante-douze heures, s'atténuant à la face et au cou lorsqu'elle se caractérise au niveau du tronc.
Lorsque ces lésions atteignent leur acmé, elles sont caractérisées par l'apparition d'une petite vésicule ressemblant à la lésion initiale de la varicelle. Ces vésicules surmontent les papules sans presque avoir autour d'elles de cercle inflammatoire. Elles ont à peu près de 1 à 2 millimètres de diamètre, sont superficielles et contiennent un liquide clair, parfois elles
“peuvent être légèrement ombiliquées. Elles mettent de quarante-
. huit à quatre-vingt-seize heures pour atteindre leur complet développement, et le processus s'étend de haut en bas, de la tête au tronc.
Pendant plusieurs jours, les vésicules restent dans cet état, puis elles s’affaissent et l'épithélium desquame.