‹ Contribution à l'Étude des Déterminations Cutanées au Cours de l'Encéphalite Épidémique (Herpès, Zona et particulièrement les érythèmes tox-infectieux)Chapitre 25 sur 26 · AD · texte numérisé non relu

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proportion, le nombre des cas d’encéphalite épidémique qui ont été publiés étant extrêmement élevé, mais certainement ces éruptions sont des plus rares.

Elles apparaissent soit au cours de la maladie, soit au début, rendant alors le diagnostic fort difficile, d'autant plus que dans quelques cas l’on voit l'éruption s'accompagner d’une angine. Celle-ci, d'ailleurs, peut être isolée. Wegeforth et Ayer, qui l'ont signalée les premiers, la considèrent comme la porte d'entrée de l'infection. Lereboullet et Mouzon ont vu l'éruption s'accompagner d’angine et de somatite.

Ces éruptions peuvent affecter des types divers :

1° Sur les 21 cas que nous avons pu recueillir, cinq fois celte éruption prit le type scarlatiniforme. Quand il en est ainsi, et surtout lorsque la maladie débute par une éruption accompagnée d’angine, le diagnostic de scarlatine semble s'imposer. C'est ce qui advint dans l'observation que nous rapportons. Cependant, en analysant bien les symptômes, il semble que certains faits puissent éveiller l'attention et éviter une erreur : l’éruption peut être précédée de symptômes révélateurs légers (troubles oculaires); son début et sa marche ne suivent pas le cycle régulier de la scarlatine. Enfin, différence marquante avec la scarlatine, ces érythèmes scarlatiniformes ne desquament que d'une façon très inconstante. Nous n'avons pas observé de desquamation dans le cas que nous rapportons. Buzzard ne la signale pas, non plus que R. Bénard. Elle est notée expressément par Lereboullet et Mouzon, et par Mitour; dans ces 2 cas, la desquamation fut fine, n’adoptant pas le type en grands placards de la scarlatine.

L'examen du, sang apporte un appoint précieux au diagnostic. Voici, succinctement rappelées, les indications que nous à don- Mées M. le professeur Sabrazès sur ce que l’on sait de l'hématologie de la scarlatine :

Tout à fait au début, de la scarlatine existe une leucocytose plus marquée chez l'enfant que chez l'adulte ; elle apparait à la période d’invasion, se maintient élevée pendant cette période et pendant l'éruption. Puis, pendant la défervescence, le nombre

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des globules blanes diminue pour rester au-dessous de la moyenne, et cela jusqu'à la fin de la période de desquamation.

Au début de la scarlatine, la leucocytose porte sur les différents globules blancs d'une façon à peu près égale, puis les polynucléaires neutrophiles diminuent dans Le pourcentage par millimètre cube, tout en restant au-dessus de la normale. On trouve quelques myélocytes neutrophiles, particulièrement à la défervescence.

Notons l'abondance des enclaves basophiles dans la searlatine. Dans les premiers jours, 95 p. 100 des polynucléaires en présentent. |

Au début de la scarlatine, les lymphocytes sont très peu nombreux dans le sang ; ils augmentent ensuite et il y a finalement une lymphocytose post-infectieuse qui s'accuse, sans augmentation du nombre des monocytes.

Les éosinophiles, un peu réduits de nombre au début, augmentent dès le deuxième ou le troisième jour de l'éruption; l’éosinophilie peut être considérable, et d'autant plus marquée que la leucocytose est plus forte. [l n'y a pas d'éosinophilie dans les cas mortels de scarlatine, Quand on approche de la convalescence, l'éosinophilie baisse un peu pour se relever à la fin.

Notons, du côté des hématies de l’anémie, un excès d'hématies granuleuses et la présence parfois d'hématies à granulations basophiles.

Dans les érythèmes scarlatiniformes non spécifiques, l’état du säng n'est guère modifié.

Au début de sa maladie, la malade dont nous rapportons l'observation avait une formule sanguine voisine de la normale. Elle présentait, en particulier, très peu d’enclaves basophiles dans les polynucléaires et peu d’hématies granuleuses.

Faut-il retenir parmi les observations d'érythème scarlatiniforme celle de Bénard, où l'apparition de l’éruption coïncida avec une injection sous-arachnoïdienne de sérum de convalescent? Lei, le cas est complexe, et l’on peut aussi raisonnablement imputer l’exanthème à la maladie qu'à la thérapeutique.

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2 Les érythèmes morbilliformes sont moins fréquents. 2 cas seulement sur 21 présentaient ce type. Le diagnostic avec la rougeole semble moins malaisé que dans le cas précédent avec la scarlatine. Le début de l’éruption est brusque et n'est pas précédé des signes classiques de la période d'invasion de la rougeole. De plus, le début ne se fait généralement pas par la face. Souvent, à l'encontre de ce qui se passe dans l’érythème morbilleux vrai, c'est par le cou et Le tronc que l'éruption a débuté ;

3° Un troisième groupe d'éruptions comporte une symptomatologie plus complexe. C'est d’ailleurs le groupe le plus nombreux. Ses éléments sont polymorphes, érythémateux, papuleux, vésiculeux, pustuleux, purpuriques. Dans cette catégorie rentrent les observations de Sainton, de Beaussart, de Roger. Dans cette dernière, on notait également du purpura et de l'urticaire. Le purpura existait seul dans l'observation d'Achard. C'est également dans cette classe que nous ferons rentrer les observations de Smith, où l'éruption évolua d'abord sous le type d'érythème pour devenir ensuite vésiculeuse.

On conçoit immédiatement toutes les questions diagnostiques qui peuvent se poser en présence de symptômes cutanés aussi variables, joints aux phénomènes infectieux généraux et aux symptômes nerveux de l'encéphalite. Dans 2 cas (Sainton et Roger), le tableau clinique pouvait faire penser à un typhus exanthématique ; il fallut Fappoint du laboratoire qui montra une réaction de Weil-Félix négative et l'apparition de signes plus caractéristiques de la maladie (myoclonie) pour permettre un diagnostic de l'affection.

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