‹ Contribution à l'étude des déterminations pleurales de la grippeChapitre 15 sur 34 · AT NT · texte numérisé non relu

AT NT

PROD

Actuellement cette femme accuse une grande faiblesse, pas de céphalalgienette, mais lassitude extrême, inappétence, L’oppression est presque nulle, l’expectoration de nulle importance.

A l'examen du poumon, on trouve une légère diminution de la sonorité au sommet gauche en arrière, sans modification nette des vibrations thoraciques. En avant, il y a un tympanisme évident, presque un son de Skoda, avec légère augmentation des vibrations. À la base gauche la sonorité est normale. L’espace de Traube est intact. L’auscultation révèle en arrière au sommet des frottements secs très nets qui éclatent au début de l'inspiration et à la fin de l'expiration. Ces frottements sont fixes et ne se modifient pas par les quintes de toux. Le murmure vésiculaire est assez pur, l’inspiration courte présente un léger degré de rudesse. L’expiration est légèrement prolongée et un peu souffrante. Dans le reste du poumon la respiration est normale.

À droite, à la base, légère submatité. A l'auscultation, obscurité du murmure vésiculaire, pas de frottement, rien de net au sommet.

Rien au cœur.

Langue saburrale, non typhique, pas de phénomènes abdominaux.

La rate est notablement hypertrophiée, elle n’est pas sensible au-dessous du rebord des fausses côles, mais la matité s’étend audessus, sur quatre travers de doigt.

Rien dans les urines.

Température, le matin 340,1 soir 390,3,

Les jours suivants, l’état reste stationnaire.

Le 27 mai, température : matin 38°,0 ; soir 382,8.

Le-28 = S — 38 — 3805, pese —. 37,8 — 380,5, Te 0e E 7 ADR NE 2006

Le tympanisme sous-claviculaire gauche persiste, au sommet en arrière les frottements sont très diminués et presque imperceptibles,

En arrière et à droite, submatité et légère diminution de la respiration.

Le 31 mai, température, matin 380,6.

Ge matin, l'élévation de température à la veille se traduit par ;a

AS; 1e

réapparition des frottements au sommet gauche en avant et en arrière. Submatité à la base gauche et diminution de la respiration, pas de pectoriloquie aphone, ni d'égophonie. L’expectoration est plus liquide.

Le 1° juin. — L'état s’est beaucoup amélioré, les phénomènes thoraciques ont presque complètement disparu.

La malade guérie sort quelques jours après.

OBSERVATION II. — Grippe. Bronchite. Pleurésie sèche (In thèse de Chatellier, Paris, 1880).

Nicolas V..., agé de soixante-sept ans, cordonnier, entre le 12 février 1880 à l'hôpital Saint-Antoine, service de M. Hayem, salle Saint-Louis, n° 6 bis.

Pas d’antécédents à noter, sauf une cystite chronique datant de 1869.

C’est un homme assez robuste en apparence, qui n’a jamais fait de maladie grave. Il ne semble pas avoir contracté d’habitudes alcooliques.

Cet hiver, il a toussé assez longtemps et il toussait encore beaucoup, le 9 février, il a éprouvé du frisson, du malaise et une douleur au côté gauche. Il avait en même temps de l’angine, toussait plus que les jours précédents et crachait abondamment.

La soif était vive, les nuits agitées.

Le malaise, la courbature ont duré deux jours et le malade arrive à la consultation de l'hôpital le 12 février.

Son facies indique un état sérieux : il a une teinte subictérique de la peau et des sclérotiques, les traits un peu grippés, la langue blanche, cependant la fièvre n’est pas vive. Soir, pouls 88 ; température 38°,3.

Le malade accuse une courbature intense, une grande fatigue, un peu de dyspnée (36 respirations par minute). La toux est fréquente et assez pénible, d'autant plus que chaque effort de toux réveille la douleur du côté gauche.

Le point de côté n’a pas du reste une violence exces-ive, mais

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les mouvements l'exaspêrent, ainsi que la pression sur le côté gauche.

En examinant la poitrine, nous trouvons des râles de bronchite disséminés, râles sibilants et ronflants des deux côtés. Mais de plus sous l’aisselle gauche, il existe de la submatité à la partie inférieure et, en ce point, on entend très nettement desfrottements pleuraux, aux deux temps de la respiration.

En arrière et à gauche, au niveau de la pointe de l’omoplate, dans un point limité, desrâles sous-crépitants fins s'entendent à l'inspiration. Il n’y a pas de diminution de sonorité à la percussion de ce côté.

L'urine est trouble, contient un peu de pus, ce qui s'explique par l'existence du catarrhe chronique que le malade nous a signalé.

13 février. — Etat semblable à celui de la veille.

Matin, température 37°,3. Soir, température 380,5.

L'inappétence continue. Le malade est toujours affaissé, immobile dans son lit, ne parle pas, demande seulement à boire.

On ordonne le purgatif suivant :

Sulfate de magnésie } Sulfate de soude

Julep diacode pour la toux.

Le 14, matin, température 37°,1. Soir, température 37°,9.

Le 15, — — 36°,1. — — 37°,3.

Le 16, — — 36°,3 ; un peu moins de courba-

aa 15 grammes.

ture, mais pas encore d’appétit. La bronchite persiste et de même les frottements pleurétiques à gauche. Soir, température 37°,3.

Le 17 février, matin, température 36°,3. Soir, température 37°,8.

Le 1g février, matin, température 36 degrés. L'état général est assez bon, mais le malade ne désire pas encore prendre de nourriture,

En arrière au niveau de la pointe de l'omoplate, on entend des râles fins, comme au premier jour, et il serait difficile aujourd’hui d’afirmer qu’il ne s’agit pas ici de frottements pleuraux, si l'on ne se souvenait pas du caractère d'humidité que ce signe pré-

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