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Le 27 mars. — L'état général est très satisfaisant, la nuit a été calme, l'enfant est gaie et demande à manger. La température est normale, il n’y a ni dyspnée, ni point de côté.
À droite et à la base de la poitrine, il existe encore une légère submatité : mais le souffle a disparu et le murmure vésiculaire se perçoit, quoique un peu obscur. Enfin le 28 mars, l’auscultation et la percussion ne révèlent rien d'anormal du côté de la poitrine ; le murmure vésiculaire se perçoit aussi bien à droite qu'à gauche. L'état général est absolument satisfaisant ; l'appétit est rétabli.
Trois jours après la malade se levait entièrement guérie,
Pleurésies hémorragiques. — [Les pleurésies hemorragiques (de même que les pleurésies purulentes d'emblée) sont une des formes les plus rares que l’on puisse observer durant les épidémies de grippe. Nos recherches bibliographiques ne nous ont donné aucun renseignement à leur sujet, et les différents auteurs n’en publent aucune observation. Dans le Cas que nous publions, on pourra remarquer une fois de plus l'instabilité des phénomènes pulmonaires et pleuraux dus à la grippe et la rapidité de la résorption. Signalons aussi le collapsus caractéristique que l’on peut constater sur la courbe thermique.
OBSERVATION VI, — Grippe. Pleurésie hémorragique.
G... Thérèse, âgée de trente ans, entre le 26 mars 1891 à l'Hôtel Dieu, dans le service de M. le professeur Teissier, salle Montazet, lit n° 46.
Père mort de maladie inconnue, mère vivante.
La malade à une bonne santé habituelle, pas de maladie d’enfance, sauf la rougeole.
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Réglée à douze ans, régulièrement, Elle est mariée, mais n’a jamais eu d'enfant.
Il y a cinq ans, métrite traitée par différents liquides caustiques.
La veille de son entrée, c'est-à-dire le. 25 mars, elle a été atteinte brusquement de frissons et de points de côté accompagnés de toux avec expectoration.
En même temps, perte absolue de force et de l'appétit. La ma lade ne peut quitter le lit,
Le 26 mars, elle entre à l’hôpital, se plaignant de maux de tête, d’oppression et de toux. L’expectoration est adhérente au fond du vase et légèrement rouillée. Peu de fièvre.
Le 27 mars. — Langue saburrale, sèche, non rôtie. Pas de diarrhée. Aux poumons: à droite, sonorité normale et râles de bronchite, à grosses bulles. À gauche, matité à la base, submatité dans la fosse sus-épineuse, Abolition du murmure vésiculaire. Disparition des vibrations vocales. Bronchophonie, égophonie et pectoriloquie aphone. Souffle expiratoire doux.
Dans la région sus-épineuse râles de bronchite de différents ca-
libres.
Température 38°,5 ; soir 39°, 5.
Le 28 mars. — Ponction exploratrice qui ramena un liquide
rouge, analogue à du sang. Le microscope révéla la présence d'un grand nombre de globules rouges. On ensemença un ballon avec ce liquide, la culture resta stérile.
Température, matin, 38°, 4; soir, 40°, 5.
Le 29 mars. — Température, matin, 40°, 6, Soir, 40°,7.
Le 30 mars. — Le souffle depuis hier a quitté la base pour occuper le sommet et les râles occupent maintenant la base. Défervescence brusque,
Température matin, 890, 6 ; soir, 38°,9.
Le 31 mars. — Température, matin, 37°,3 ; soir, 88 degrés.
Le souffie ne persiste plus qu’à son premier foyer et est entouré d’une zone où se font entrevoir des râles de bronchite. Les douleurs de côté existent toujours. L’expectoration n’est plus rouillée et seulement muqueuse. La langue est humide et dépouillée de son enduit saburral.
Tir Le 5 avril. Nouvelle poussée, matité à la base égophonie et pectoriloquie. Souffle constant à la région inférieure. Pas d’oppression. Expectoration muqueuse un peu rouillée. Ponction donnant un liquide séreux.
Les jours suivants la malade se rétablit et elle sort en bonne santé le 18 avril.
Pleurésie purulente d'emblée. — Il ne nous a été donné qu’une fois l’occasion d’observer cette forme celini que qui est assez rare. Peu d’auteurs en font mention. Chauffard, dans le Bulletin médical au 18 juin 1890, en publie une observation, et Chatellier, dans sa thèse, en cite quelques cas. IL est bien rare, en effet, qu'il n’y ait pas de lésion pulmonaire primitive ou même concomitante. Dans l’observation que nous publions, l’autopsie démontra de la splénisation diffuse, mais l'absence de signes stéthoscopiques pathognomoniques nous font admettre que le poumon ne fut envahi que postérieurement.
OBSERVATION VII (inédite) — Angine grippale. Pleurésie consécutive interlobaire, purulente d'emblée. Léger épanchement séro-fibrineux concomitant. Epanchement dans la grande cavité.
Rien d’important à noter dans les antécédents héréditaires et personnels.
Bonne santé habituelle, une fausse couche survenue il y a dix ans sans cause appréciable.
Jamais d’éruption cutanée. Il y a dix jours cette malade a été prise brusquement d’un point de côté à la base gauche et d'une grande oppression. Céphalalgie peu intense, pas de coryza, légère
angine. De suite la malade fut très abattue. Expectoration abondante, mais jamais franchement sanglante.
Actuellement la dyspnée est marquée, la toux assez fréquente, quinteuse, est accompagnée d’une expectoration constituée surtout par un mucus épais, visqueux, peu aéré, blanchâtre, paraissant venir des dernières ramifications bronchiques.
A l'examen, on trouve par la percussion une matité complète avec abolition des vibrations thoraciques à la base gauche et en arrière, ,
L'auscultation révèle un souffle double à maximum expiratoire. Souffle doux, voilé, assez lointain et s’entendant avec le plus d’intensité à la partie moyenne du poumon et vers l'angle de l’omoplate. Pas de râles, degré marqué de bronchophonie et de pectoriloquie aphone. Pas d'égophonie au sommet la respiration se fait bien quoiqu’un peu obscure,
En avant, sous la clavicule skodisme marqué, légère exagération des vibrations thoraciques, pas de modification nette du murmure vésiculaire.
L'espace de Traube a considérablement diminué d'étendue, le liquide remonte jusqu’au-dessus du mamelon et se déplace assez facilement. On ne perçoit pas la sensation du flot.
Du côté droit on note partout une respiration ample, puérile et supplémentaire.
La pointe du cœur est déplacée en dedans et bat presque au bord gauchedu sternum.Iln’y apas d’arythmie. Les battementssont forts, le pouls ne paraît pas être de tension diminuée. Toutefois en présence dela dyspnée excessive et angoissante de la malade, de la congestion prononcée de la face, d’une certaine dilatation des veines jugulaires, et malgré la température élevée, on pratique au sixième espace tout près de la ligne axillaire, la thoracenthèse d'urgence. On pénètre avec une certaine difficulté et il semble qu'on trouve une coque assez épaisse, Les espaces sont peu dilatés, On retire 600 grammes d’un liquide jaune-verdâtre, franchement purulent l’écoulement s'arrête alors et l’on met fin à l'opération à cause des souffrances et de l'agitation de la malade, La température avait été le matin 390,8 et le soir 40,6.