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complètement affaissé, son volume est à peine de la moitié de celui de l’autre poumon.
La surface est revêtue d’une couche grisâtre chagrinée, constituée par la plèvre viscérale épaissie.
Cà et là quelques paquets fibrineux, jaunâtres, semblables à ceux qui nagent dans le liquide.
Le sommet seul du poumon crépite un peu. A la coupe, on con- State une coloration grise et la pression fait sourdre un liquide purulent grisâtre des portions hépatisées, en même temps que du pus verdâtre épais, sort à travers l’orifice des bronches (Bronchopneumonie suppurée). A l'extrême base, atélectasie, coloration grise, surface onctueuse au toucher, consistance de mastic. La pression ne fait sourdre aucun liquide. ni des bronches ni du parenchyme.
Poumon droit : broncho-pneumonie. Poids 420 grammes,
Poumon gauche : poids 325 grammes.
Cœur : ne présente rien d’anormal.
Foie : normal, pas de décoloration indiquant une infection généralisée grave.
Rate : volumineuse, poids 205 grammes, non diffluente.
Reins : normaux.
Bactériologie. — Le 6 février, ensemencement, de bouillon et d’agar avec le liquide pleural.
Le 7 février, le bouillon présente dans sa profondeur de petits flocons arrondis ressemblant à ceux d'une culture de streptocoques. L’examen microscopique ne révèle en effet que des streptocoques.
L'agar ensemencé en stries montre de petites gouttes transparentes, minces, analogues à celles de la rosée.
En piqûres, de minces bandes transparentes, composées de colonies arrondies comme celles de la surface,
Le microscope décèle la présence de s treptocoques.
On fait des tubes d’Esmarch pour éprouver la pureté de la culture en bouillon.
Le 15 février, les tubes d'Esmarch n’ayant rien donné jusqu’à ce jour, on est sûr de la pureté de la culture.
Outre ces cultures obtenues avec du liquide pleural, le 6 février, du bouillon fut également ensemencé avec du suc pulmonaire.
Le 7 février, dépôts de grumeaux et de flocons, le bouillon reste clair sans partie supérieure, mais contient des streptocoques et des diplocoques.
On fait des tubes d’Esmarch, qui, le 17 février, étaient encore stériles. I1 est donc certain que le bouillon ne contient pas d’autres organismes que le streptocoque.
OgservATION IX (Inédite)— Pleuro-pneumonie d'origine grippale, empyème, guérison.
O..., infirmier de la 25° section. Entré le 2 février 1892 à l'hôpital militaire de Villemanzy.
Cet infirmier était employé à soigner le soldat G..., du 157° de ligne, atteint de pneumonie d’origine grippale, et dont l’observation se trouve relatée dans notre thèse sous le numéro XI.
Pendant la nuit du 1°" au 2 février, cet homme est atteint subitement, sans prodromes, d’un frisson et d’un point de côté intenses. Examiné le lendemain matin, il présentait des phénomènes de bronchite et de congestion de deux côtés et d’une façon uniforme.
Etat adynamique prononcé, céphalalgie, courbature, Température, matin 39 degrés, soir 39°6.
Cet état se continua jusqu’au 9 février. La température oscillant autour de 39 degrés, sans rémissions matinales prononcées.
Le 10 février. — Point de côté violent à gauche, signes de pleuro-pneumonie à la base, caractérisée par matité, diminution des vibrations, souffle, erachats rouillés, élévation de température. Quelques jours après, la formation d’un épanchement pleural gauche paraissant évident, on pratique plusieurs ponctions capillaires sans résultat, Le malade est affaibli, respire avec peine, température vespérale 39°,6, expectoration purulente, sueurs profuses. L'épanchement parait abondant et enkysté ou interlobaire.
Le 23 février. — Vomique.
Le 24 février. — Ponction exploratrice qui permet de retirer une petite quantité de pus. On se propose de faire la pleurotomie, mais le malade refuse de subir l'opération.
Les jours suivants, l'état du malade s'aggrave de plus en plus, le 5 mars, il semble désespéré, Le jour même le malade cède aux sollicitations et accepte l’opération qui est pratiquée aussitôt. L’incision faite donne passage à 300 grammes de pus bien lié. Irrigation avec eau boriquée et drainage.
Le 10 mars. — La température était tombée à 37 degrés. Pansement et lavage quotidiens.
Le 19 mars. — Le malade se lève et mange.
Les irrigations et les pansements ne sont plus faits que tous les deux jours.
Le 27 mars. — Le malade peut descendre à la salle et faire une courte promenade. Les drains sont diminués de longueur.
Le 1° avril.— L'eau boriquée servant au lavage ressort claire. Deux drains sont enlevés.
Le 3 avril. — Suppression du dernier drain. A cette époque, le malade paraissait en bonne voie de guérison,
OBsERvATION X (Inédite) — Grippe. Broncho- pneumonie double. Pleurésie purulente consécutive. Empyème. Guérison.
R.…., soldat au 157° de ligne. Entré le 2 février 1891, à l'hôpital militaire de Villemanzy avec le diagnostic de grippe compliquée de broncho-pneumonie double. Pendant ïes dix premiers jours, l’état du malade présente à peu près les mêmes symptômes. Fièvre violente, la température axillaire oscille autour de 40 degrés. La rémission matinale est peu marquée. Dyspnée considérable, et expectoration abondante de crachats
teintés de sang. La percussion et l'auscultation donnent les signes
= ro0— habituels d’une broncho-pneumonie double, présentant son maximum d'intensité en arrière et en bas.
Le 11 février. — Une amélioration manifeste survient, la fièvre diminue, la température descend à 38 degrés, enfin tout fait supposer que l’on est au début de la convalescence.
Le 16 février. — Le malade se plaint d’un point de côté intense à gauche, la fièvre réapparaît et la température axillaire s'élève à 40 degrés. L'examen de la cage thoracique révèle à la percussion à gauche et en arrière de la matité, jusqu’à l'angle et l’omoplate. Les vibrations thoraciques sont abolies à l’auscultation, absence de bruits respiratoires, égophonie et pectoriloquie aphone. Le diagnostic d’épanchement pleural s'imposait. Le malade présentant une fièvre hectique, des sueurs profuses, une faiblesse considérable, on considère l'épanchement comme purulent. Une ponction capillaire à la seringue de Pravaz affirme cette présomption.
Le 7 mars.
M. le médecin principal Lenoir pratique la pleurotomie sans chloroformisation. L’incision faite dans le septième espace intercostal a son milieu un peu en avant de la ligne axillaire.
Elle donne issue à environ 1 litre 1/2 de pus crémeux, jaunâtre et non fétide.
Lavage de la cavité pleurale à l’eau boriquée tiède, drainage au moyen de trois tubes.
Dans la suite, le pansement et l'injection furent renouvelés tous les deux jours. L’écoulement du pus diminua peu à peu et les tubes furent raccourcis de temps en temps, sans incident.
L'état général du malade se relève alors rapidement et il se lève le 4 avril. Guérison avec fistule en voie de fer. meture,.
= On —
OBSERVATION XI (Inédite)— Grippe. Pleuro-pneumonie. Ponction. Mort.
V..., soldat au 1572 régiment de ligne, entre le 16 janvier 1892, à l'hôpital militaire de Villemanzy.
Cet homme, malade depuis trois jours, présente tous les symptômes habituels de la grippe. État fébrile, adynamie, courbatures, céphalalgie.
Le 19 janvier, point de côté très violent à gauche. L'examen de la poitrine permet de constater tous les signes d’un épanchement pleural, Oppression considérable avec stupeurs.
Température 48°,6, pouls petit et irrégulier.
Le 20 janvier, l’état reste stationnaire.
Le 21 janvier, ponction avec l'appareil de Potain, extraction de de 1 litre 1/2 de liquide louche, séro-purulent,
Le 22 janvier, l’état s’est beaucoup aggravé.
Le 23 janvier, mort.
Autopsie. — L'ouverture du thorax permet de constater dans la cavité pleurale gauche un épanchement de 2 litres environ de liquide séro-purulent avec dépôt fibrineux abondant.
Rien dans la plèvre droite.
Le poumon gauche est aplati et convenablement diminué de voume. À la coupe, hépatisation grise avec infarctus au sommet du lobe supérieur.
Rien au poumon droit.
Cœur, mou, petit caillot fibrineux dans le ventricule droit. Épanchement péricardique peu abondant, sérosité citrine.
OBSERvATION XII (Inédite) — Grippe. Pleuro-pneumonie. Mort subite,
D..., soldat au 157e de ligne, entre le 5 décembre 1891, à l’h6pital militaire de Villemanzy, avec le diagnostic de grippe.
aie
Pas d’antécédents héréditaires ni personnels.
Bonne santé habituelle.
Invasion lente en six jours, frissons, courbatures, fièvre, température oscillant autour de 39 degrés, abattement considérable. Douleurs thoraciques en avant et à gauche. Signes de bronchopneumonie avec épanchement manifeste.
Mort par syncope, le 13 décembre.
- Autopsie. — A l'ouverture du thorax, on voit dans la cavité pleurale un épanchement formé de 1 litre de pus environ. Rien dans la plèvre droite.
Le poumon gauche présente de la broncho-pneumonie dans toute son étendue et en certains points de l’hépatisation grise.
Poumon droit légèrement congestionné.
Les autres organes étaient sains.
OBSERvATION XIII (Inédite) — Grippe. Broncho-pneumonte. Epanchement pleural droit. Mort.
M..., soldat au 157° de ligne, entre le 25 janvier 1892, à l’h6pital militaire de Villemanzy.
Malade depuis quatre jours, avec phénomènes nets de grippe.
Le 27 janvier, point de côté très douloureux à droite avec oppression considérable et adynamie profonde. Le thermomètre monte rapidement à 40°4. État de collapsus. On constate un commencement d’épanchement dans la plèvre droite, mais l'état du malade est tel qu'aucune intervention chirurgicale n’est jugée praticable.
Le 28 janvier, mort.
Autopsie.— Épanchement séro-purulent de 1 litre environ dans la cavité pleurale droite. Broncho-pneumonie généralisée dans le poumon droit sans hépatisation apparente. Les petites bronches sont remplies de pus.
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Le poumon gauche est très congestionné.
Les ganglions bronchiques sont hyperthrophiés.
Pas de liquide dans le péricarde, caillots fibrineux dans lecœur gauche et l'artère pulmonaire.
Aucune lésion valvulaire.
Rate normale, de même que les autres organes.
OBseRvATION XIV (Inédite)— Grippe. Pleuro-pneumonie droite. Epanchement purulent enkysté. Empyème. Guérison.
F... soldat au 98: régiment de ligne, entré le 25 janvier 1892 à l'hôpital militaire de Villemanzy.
Grippe bénigne, céphalalgie, courbature. Semblait presque guéri. |
Le 2 février, — Élévation brusque de température 40°, 7. Point de côté douloureux à droite. À la percussion sub-matité en arrière et en bas, à l’auscultation souffle et râles fins. Expectoration visqueuse, adhérente. Crachats rouillés. Etat dyspnéiquegrave.
Les jours suivants même état avec quelques rémissions. Température vacillant entre 38°,6 et 40 degrés.
Le 17 février. — Amélioration notable, mais souffle persistant en un point limité à droite et en arrière et matité dans la même région. On diagnostique épanchement pleural peu abondant, la ponction capillaire ne donnant aucun résultat.
Le 25 février. — La température s’élevant et les signes sté thoscopiques ne variant pas, on porte le diagnostic de pleurésie purulente interlobaire.
Le 27 février. — Une ponction capillaire permet de reconnaître la présence du pus.
Le 28 février. — M. le médecin principal Lenoir, pratique le pleurotomie dans le sixième espace intercostal droit, le milieu de l’incision correspondant à la ligne axillaire. Les intercostaux étant sectionnés ainsi que la plèvre, on trouva le poumon adhérent. Pas dé liquide. Décollement avec le doigt des adherences en arrière vers la gouttière vertébrale,
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Ouverture de la poche, dont sort un pus erémeux peu abondant. Drainage, lavage quotidien à l’eau boriquée.
Rétablissement rapide.
Guérison le 2 avril.
OBSERVATION XV (Inédite) — Grippe. Pleurésie gauche et péritonite suppurée consécutive. Pleurotomie. Mort.
. B..., soldat au 157° de ligne, entre le 18 janvier 4892 à l’hôpital militaire de Villemanzy.
Pas d’antécédents héréditaires, ni personnels.
Depuis le 5,janvier, cet homme était à l’infirmerie pour grippe et bronchite,
Le 20 janvier, il se plaint d’un point de côté à gauche, la température axillaire est à 40 degrés.
À l'examen de la poitrine, la percussion ne donne rien, l’auscultation permet d'entendre quelques râles à bronchite.
Le 21 janvier, les phénomènes locaux sont plus nets. Matité et abolition des vibrations à gauche et en arrière, bruits de frottements et egophonie dans la même région. Le point de côté est plus violent et le cœur est refoulé en dedans. L’expectoration abondante, prend un caractère purulent.
Le 22 janvier. — Température 400,7.
Le 23 janvier. — Le malade se plaint d'uriner difficilement et de souffrir au bas-ventre.
Ventre légèrement ballonné, peu douloureux à la pression, Constipation, les accidents semblent pouvoir être mis sur le compte d’un vésicatoire appliqué l’avant-veille, Cette dysurie disparaît d’ailleurs rapidement. Le pouls petit, quarante-deux respirations à la minute.
Le 24 janvier. — Mêmes signes stéthoscopiques, le malade ne se plaint plus du ventre.
Le 25 janvier, ponction sans résultat en arrière,
Le 26 janvier, état très grave. Une ponction dans l’aisselle donne du pus. Pleurotomie immédiate, Mort le même jour.
MG
AuUTOPsig. — Poumon gauche aplati et refoulé dans la gouttière costo-vertébrale. A la coupe de congestion du lobe supérieur, hépatisation du lobe inférieur. Les bronches sont dilatées et remplies de pus. Dans la cavité pleurale, on retrouve peu de liquide purulent, la plus grande partie ayant été évacuée la veille par la pleurotomie.
Les fibres pariétales et viscérales sont épaissies, infiltrées de pus et adhérentes en partie par des fausses membranes.
Le poumon droit est sain.
Cœur sain, un peu de liquide dans je péricarde. Abdomen. Péritonite purulente généralisée. Pus dans le petit bassin, anses intestinales agglutinées par des fausses membranes infiltrées de pus. Les plaques de Peyer ne sont pas apparentes. Les ganglions mésentériques sont volumineux et enflammés.
Foie, très gros, 2200.
Rate, doublée de volume, couverte d’un enduit très jaunâtre.
Reins, gros, congestionnés.
OBsEeRvATION X VI (Inédite).— Grippe. Broncho-pneumonie double. Épanchement pleural à gauche. Mort.
D..., soldat au 157° de ligne, entre le 24 janvier 1892 à l’hôpital militaire de Villemanzy. Cet homme est malade depuis huit jours et est atteint de grippe compliquée de broncho-pneumonie double, Etat très fort. Température soir, 40 degrés ; pouls irrégulier, dyspnée intense et adynamie profonde.
Le 29 janvier, douleurs violentes dans le côté gauche, les signes stéthoscopiques ne se sont pas modifiés.
Le 30 janvier, on constate un épanchement dans la cavité pleu rale gauche. Etat désespéré.
Le 4 janvier, mort à 11 heures du matin.
AUTOPSIE. — La cavité pleurale gauche contient environ un demi-litre de liquide séro-purulent. Le poumon est refoulé dans la gouttière costo-vertébrale et est imperméable, A la coupe, il pré-
AL. M, es
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co
sente de l'hépatisation grise, surtout marquée dans le lobe inférieur.
Les bronches sont remplies de mucosités purulentes et même de pus dans leurs petites ramifications.
Le poumon droit esi très congestionné.
Pas d'épanchement péricardique, cœur mou.
Rate petite.
Reins congestionnés.
OBSERVATION XVII (Inédite), — Grippe. Pleuro-pneumone. Empyème. Guérison.
T..., infirmier réserviste de la 4e section, entre le 26 janvier 1892 à l'hôpital militaire de Villemanzy avec le diagnostic de grippe.
Pas d’antécédents héréditaires ni personnels. Sujet robuste. Examiné à son entrée, il présentait les Symptômes habituels à la grippe ; céphalalgie, courbatures, etc. A l’auscultation, râles de bronchite généralisée, pas de lésions localisées. Pendant quelques. jours, état général assez satisfaisant malgré une courbe thermique oscillant entre 37 et 39. Rémission matinale toujours sensible.
Le 9 février, la température s'élève assez brusquement à 40 degrés ; en même temps le malade accuse un violent point de côté à gauche. A la pereussion, sonorité normale à droite, à gauche, submatité en arrière et à la base. À l’auscultation râles fins et souffle. L’expectoration est assez abondante et visqueuse, quelques crachats sont légèrement sanguinolents. On pose le diagnostic de broncho-pneumonie localisée au lobe inférieur gauche.
Le 10, 11, 12 février, l'état reste à peu près stationnaire,
Le 13 février, apparaissent les signes d’un épanchement pleural, à gauche matité, diminution des vibrations thoraciques, égophonie, pectoriloquie aphone, diminution de la respiration.
Les jours suivants, l’épanchement augmente progressivement quoique la fièvre soit assez modérée, 37 degrés à 38°,6.
L'état général du malade s'aggrave, perte de l'appétit, sueurs,
dyspnée et affaiblissement rapide. Pas de sensation à flot, ni d'œdème à la paroi. Malgré cela, les signes généraux précédents
permettent de supposer la purulence à l’épanchement, une ponction
capillaire pratiquée révèle en effet la présence de pus dans la cavité pleurale. |
Le 29 février, état inquiétant, l'opération de l'empyème est faite par M. le médecin principal Lenoir, sans chloroformisation préalable.
L'incision dans le septième espace intercostal gauche, sur la ligne axillaire, donne lieu immédiatement à l’écoulement d’une grande quantité de pus.
Irrigation lente de la cavité pleurale avec la solution tiède d’acide borique. Introduction dans la plaie de trois tubes de drainage.
Les jours suivants, la sécrétion du pus étant abondante, on
‘renouvelle le pansement et l'on fait un lavage quotidien de la
plèvre avec la solution boriquée.
Le 8 mars, légère élévation de température causée par la chute
des drains hors de la plaie. Ils sont replacés dans leur position
antérieure.
À partir du 10 mars, le pus s’écoulant avec moins d’abondance on raccourcit les drains peu à peu et à dater du 1° avril les pansements et les irrigations ne sont plus faits que tous les deux jours.
Le 5 avril, un seul tube de drainage demeure dans la plaie.
Le 15 avril, le drain est supprimé, la plaie en partie cicatrisée ne présente plus qu’une petite fistule. Le malade est hors de danger et en bonne voie de guérison.
OBSERVATION XVIII (Inédite). — Grippe. Pleuro-pneumonie droite consécutive. Epanchement purulent. Mort.
E..., soldat au 98° de ligne, entre le 2 décembre 1891, à l'hôpital militaire de Villemanzy.
OA
Depuis quelques jours, symptômes nets de grippe, courbature fébrile, langue blanche, céphalée, abattement, rate grosse.
Le 4 décembre, la fièvre augmente, l'adynamie est considérable et progressive. Le malade se plaint d’un point de côté à droite qui l'empêche de respirer. A la percussion, submatité du même côté, sonorité normale à gauche, à l’auscultation, râles fins, s’entendant par bouffées dans un point limité du côté droit. L’expectoration est visqueuse et teintée.
Le 5etle 6 décembre, les symptômes s’accusent sans toutefois présenter un caractère de gravité marquée.
Le 7 décembre, matité complète dans les 2/3 inférieurs au poumon gauche en arrière. Egophonie. L’examen du côté droit ne révèle aucun signe pathologique. L’expectoration est visqueuse souillée et entremêlée de crachats de sang pur. La dyspnée est considérable et se transforme fréquemment en périodes asphyxiques.
Le 8 et le 9 décembre, l’état devient progressivement plus grave, le malade, malgré l'administration de potions alcooliques et d’injections de caféine est dans un état d’affaiblissement extrême. Les symptômes locaux sont semblables à ceux des jours précé dents,
Le 10 décembre, mort.
AUToPsiE. — Ouverture du thorax. Poumon gauche sain, ainsi que la plèvre pariétale et viscérale du même côté.
A droite, épanchement pleural de 1/2 litre environ, fortement teinté et dans lequel nagent des concrétions fibrineuses. Il est nettement purulent. Le poumon est hépatisé dans toute sa hauteur. Hépatisation prise à la base. La désorganisation du parenchyme pulmonaire est tellement accusée, qu'il se réduit en bouillie à la moindre pression.
Cœur. — Epanchement péricardique, caillots mous, cruoriques dans le cœur gauche et l'aorte.
Rate. petite et dure.
Reins et foie normaux.
OBSERVATION XIX (Inédite).— Grippe. Pleuro-pnewmontie dia phragmatique consécutive. — Mort.
Z..., soldat au 157e de ligne, classe 1890, entre le 27 novembre 1891 à l'hôpital militaire de Villemanzy. |
Pas d'antécédents héréditaires, bonne santé habituelle, n'a jamais fait de maladies graves. Quelques jours avant son entrée, il est pris de courbature, de céphalalgie et de fièvre.
Le diagnostic de grippe s’impose, d'autant plus qu’elle régnait d'une façon épidémique depuis le 40 novembre.
Le 28 et le 29 novembre, les phénomènes précédents persistent, mais l’abattement est devenu beaucoup plus considérable.
- Le 30 novembre, douleurs très vives dans tout le côté gauche de la poitrine, élévation brusque de la température.
La pression au niveau des cinquième, sixième et septième côtes exaspère la douleur qui est assez intense pour arracher des cris au malade.
L’auscultation du poumon et du cœur ne révèle rien d’anormal,
Pas d'augmentation de volume à la rate.
Rien dans les urines, constipation.
1% décembre. — L’expectoration est visqueuse et légèrement teintée. L'auseultation ne donnant toujours aucun renseignement, il est permis de supposer que l’on se trouve en présence d’une pneumonie centrale, Toutefois, l'examen pratiqué le soir dénote de la submatité à la base gauche, de la diminution des vibrations et une respiration soufflante. Pas de rales. Les battements du cœur sont tumultueux.
2 décembre. — L’'abattement et l’adynamie augmentent. Le pouls est imperceptible et le cœur a un rythme fœtal. Douleurs extrêmement vives à gauche et en avant ainsi qu'entre les deux faisceaux du sterno-cléido-mastoïdien du même côté, La dyspnée est extrême et les parois thoraciques sont immobilisées par les douleurs (pleurésie diaphragmatique).
SCT NE
À l’auscultatiou on entend à gauche, en avant et latéralement des bouffées et râles fins qui ne sont pas perceptibles en arrière, en outre, un souffle tubaire.
La percussion dénote de la matité dans les mêmes régions. Les vibrations thoraciques ne sont pas complètement abolies, pas de sensation de flot. Les crachats sont rouillés, striés de sang et noirâtres.
Vomissements bilieux. .
L'intelligence durant toute la durée de la maladie est restée nette.
.On prescrit : ventouses scarifiées, café, alcool, injection et caféine.
Malgré ce traitement, le malade s’affaiblit de plus en plus et il meurt le 2 décembre à 5 heures du soir.
AUTOPSIE. — Sujet bien constitué, peu amaigri.
Ouverture du thorax : aspect normal du poumon droit, ni épanchement, ni adhérence de ce côté. Poumon gauche fortement congestionné, remplissant presque la cavité pleurale correspondante qui contient en outre environ 1 litre d’un liquide grisâtre séropurulent. Le poumon gauche ne présente d’hépatisation que dans une partie limitée du lobe inférieur, le reste, ainsi que Je lobe supérieur est congestionné à un degré prononcé. La zone hépatisée se présente sous la forme d’une masse pyramidale à base périphérique, occupant la partie antéro-inférieure du poumon. Cette masse à forte densité est au stade d’hépatisation grise au centre et d’hépatisation rouge, puis de congestion à la périphérie.
La fièvre diaphragmatique est rouge, dépolie, infiltrée, et parsemée au niveau de l’infarctus d’exsudat fibrino-purulent.
Cœur.— Pas d’'épanchement dans le péricarde, arrêt en systole, caillots dans l'artère pulmonaire. Pas de lésions valvalaires, ni de lésions microscopiques des parois.
Foie à dégénérescence graisseuse.
Rate de volume normal,
Reins paraissant sains.
OBSERVATION XX (Inédite), — Grippe. Pleurésie purulente grippale. Empyème. Guérison franche.
G..., soldat au 157° de ligne, classe 1890. Entre le 2 décembre 1891 à l'hôpital militaire de Villemanzy.
Pas d’antécédents héréditaires. Comme antécédents personnels, une fluxion de poitrine à droite à l’âge de dix-sept ans.
Il y a six jours, invasion par courbature fébrile, céphalée, douleurs thoraciques vagues des deux côtés, éruption d’herpes. Rien à la percussion ni à l’auscultation.
Le 3 décembre. — Douleurs très vives dans tout le côté droit, augmentant à la pression et s'étendant à l'épaule correspondante.
L’examen de la poitrine ne présente rien de particulier.
Le 4 décembre. — Le matin phénomènes peu marqués. Le soir, matité à droite et en arrière, remontant jusqu’à l'angle à l’omoplate, souffle léger et égophonie. Diminution des vibrations thoraciques.
Le 5 décembre, les douleurs augmentent d'intensité et sont tel lement violentes qu’elles arrachent des cris au malade. L'examen de la cage thoracique montre la persistance et la sonorité sous la clavicule et dans l’aisselle droite. En arrière, matité, silence respiratoire et abolition des vibrations. Le foie ne présente pas d’abaissement. À gauche, rien d’anormal.
Les signes obtenus à l’examen de la demi-droite du thorax, permettant le diagnostic d’épanchement pleural et l’état du malade le demandant, deux ponctions avec l'aiguille de Potain n° 2 sont faites. La première sur la ligne axillaire, au niveau du septième espace intercostal, la seconde, en arrière, dans le huitième espace.
Elles ne donnent aucun résultat et ne permettent de retirer qu’un peu de sang.
Le 6 décembre, les douleurs persistent quoique atténuées. A l’auscultation du cœur, on entend un bruit de galop net et le deuxième bruit renforcé à l'artère pulmonaire. La respiration s’entend dans toute la hauteur du poumon, les vibrations sont revenues, mais
l’on entend des râles fins et les crachats sont teintés. Diagnostic probable : congestion pulmonaire à forme de spléno- pneumonie de Grancher,
De 7 au 12 décembre, l’état reste à peu près stationnaire ; rien de particulier à signaler.
Le 13 décembre, les douleurs du point de côté s’accentuent. Silence respiratoire aux deux tiers inférieurs du poumon droit, souffle, pas d’égophonie ni de pectoriloquie aphone.
Le 18 décembre, vomique, évacuation abondante de pus.
Les jours suivants on assiste au développement d’un pyo-pneumothorax manifeste, silence respiratoire, souffle amphorique, sonorité exagérée en arrière au-dessous de l’angle de l’omoplate, tintement métallique. |
Le 28 décembre, ponction explorative dans le septième espace intercorsal, ligne axillaire postérieure. On extrait une petite quantité de liquide purulent.
Le 29 décembre, le malade est examiné au service de chirurgie ct l’opération de l’empyème est pratiquée le même jour. Issue de 1 litre 1/2 de pus. Pas de lavage la première fois.
Le 30 décembre, la température est remontée au-dessous de 39 degrés, on procède au lavage qui, à partir de ce jour, devient quotidien. Celui-ci est fait au moyen d’un entonnoir fixé àun tube faisant siphon, par lequel on verse de l’eau boriquée tiède. Trois drains sont placés dans la plaie.
La fièvre tombe rapidement, l'état général se relève peu à peu, le malade recouvre l’appétiten même temps que ses forces et sort guéri sans fistule, le 14 février. à