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une grande part la variété de forme d’une même maladie. La virulence n’est que la fonction d’un microbe, c'est son aptitude à se développer dans un être vivant. Gette aptituden’est pas une qualité permanente, le micro-organisme peut la perdre ou l’acquérir, de même que le Micrococcus prodigiosus et le Micrococcus pyocyanus peuvent être dépouillés de leurs fonctions chromogènes. Des virulences nouvelles peuvent se créer à notre insu dans la nature et l’on comprend que le streptocoque végétant en dehors de l'organisme puisse acquérir des propriétés pathogènesvariables; de même à l'intérieur du corps humain, il peut transformer sa virulence et donner naissance à ces types modifiés que l’on observe parfois au déclin des épidémies ».
Citons encore l'opinion de Lancereaux sur la pathogénie des pleurésies suppurées : « Quel que soit, dit-il, le point de départ de la pleurésie suppurative, la condi tion pathogénique de cette affection est pour ainsi dire toujours la même, à savoir : la présence dans les liquides organiques ou encore dans les liquides du voisinage de la plèvre d’un liquide septique purulent.
« Cest donc lefpus ou une substance renfermant des cléments semblables, sinon de même nature, qui engendre la pleurésie purulente, avec plus ou moins de facilité sui vant les conditions individuelles et cela par un mécanisme peu différent de celui qui consisterait à déposer quelques gouttes de pus sur üne plèvre saine. »
M. le professeur Teissier lui-même, dans son rapport sur l’influenza en Russie, partageait, quoique avec plus de réserve, l'opinion de Bouchard, Chantemesse, Krannhals, Ribbert..…. et écrivait : « L'élément pathogène spécifique de l'influenza n’a pas encor été isolé définiti-
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vement, mais ce qu'il est permis de considérer comme démontré, c’est qu'à ce genre primitif vient presque con stamment s'ajouter, s'associer un élément parasitaire secondaire (streptocoque, staphylocoque-oupneumocoque) qui imprime à la maladie primitive sa forme et ses caractères cliniques et détermine ses diverses localisations comme ses caractères régionaux. Get élément surajouté est tellement important qu’il domine à peu près toute Ja symptomatologie de la grippe. »
Depuis cette époque, et grâce au succès qui a couronné ses efforts, M. le professeur Teissier, ainsi que MM. Roux et Pittion ont émis une opinion un peu différente basée sur la découverte de l'agent primitif. Nous ne pouvons faire mieux que de la douner in exlenso 1. Q Il semble cependant, disent-ils, qu’il faille revenir de ces vues un peutrop exclusives. Certains esprits paraissent se rattacher plus volontiers aujourd’hui à la notion d’une infection primitive par un germe spécifique. C’est cette doctrine, à laquelle nous sommes toujours restés fidèles, que nous allons essayer de défendre en exposant les résultats des recherches bactériologiques et pathogéniques auxquelles nous nous sommes livré depuis bientôt deux ans. Car, non seulement il a été donné d’isoler plusieurs fois chez des malades manifestement atteints de grippe, et en dehors de toute complication, un micro-organisme toujours iden-tique à lui-même et incontestablement doué de propriétés pathogènes, mais nous avons pu reproduire chez le lapin une maladie très analogue au type réalisé par le sujet sur lequel le germe contagieux avait été recueilli. Les résul-
1 Arch. de méd. exper., 1892.
SC tats auxquels nous sommes arrivé nous ont paru en outre avoir un tout autre mérite, celui de constituer comme la synthèse de toutes les observations antérieures et de mettre en quelque sorte d’accord les données si dissemblables, formulées par les nombreux bactériologues qui se sont occupés de la grippe. »
Nous ne donnerons pas 1ci les caractères du microorganisme trouvé et les raisons qui militent en faveur de sa spécificité. Nous prions le lecteur de se reporter au chapitre VI traitant de la bactériologie.
En somme, nous pouvons résumer les différentes opinions que nous venons dénoncer et dire que vraisemblablement les lésions pleurales de la grippe sont dues à la toxicité et à l’action vaso-dilatatrice des produits solubles de son microbe spécifique à laquelle s’associent les traumatismes cellulaires causés par ce même microorganisme.