CHAPITRE V
Anatomie pathologique.
l'anatomie pathologique des pleurésies sèches grip pales n’offre qu’un intérêt secondaire, les lésions sont peu marquées et se résument dans l’hyperémie du tissu pulmonaire sous-jacent à la plèvre et dans l’épaississement de celle-ci. D'ailleurs, vu leur peu de gravité, il est très rarement donné de les observer à l’autopsie, à moins de complication mortelle intercurrente.
Il en est de même des pleurésies séreuses qui, pas plus que les précédentes, ne doivent offrir de caractères spéciaux et pathognomoniques de l'infection grippale.
Les pleuro-pneumonies post-grippales ne sedistinguent pas au point de vue anatomo-pathologique des pleuropneumonies d’origine différente. M. le professeur Cornil résume de la façon suivante les altérations des organes : « Les lésions constatées sont l’inflammation de la trachée et des bronches qui se traduit par une secrétion mucopurulente de la muqueuse et de ses conduits; les plaques
| RO congestionnées, de couleur brune et affaissées à la surface de la plèvre pulmonaire indiquent une atélectasie, un affaissement congestif du tissu ; de la congestion pulmonaire des noyaux d’hépatisation lobulaire disséminés, de volume et de forme tres variable, au niveau desquels on constate une couleur rosée ou grise; une hépatisation pseudo-lobaire ou lobaire dans laquelle des portions plus ou moins grandes du poumon sont privées d’air, plongeant au fond de Peau. Constamment aussi, au niveau des parties hépatisées et parfois aussi dans une étendue plus ou moins considérable, la plèvre est recouverte d’une couche mince de fibrine, molle, facile à enlever et à déchirer, et même il peut y avoir un épanchement liquide séro-fibrineux plus où moins abondant. »
Il faut ajouter à cela que l’on peut observer des hémorragies sous-pleurales assez fréquentes pendant la grippe. Elles consistent dans une infiltration sanguine superficielle du tissu sous-pleural. Au-dessous, l’espace conjonctif péri et intra-lobulaire est considérablement épaissi. Les lymphatiques sont gorgés de globules blancs, la bronche congestionnée est remplie par un exsudat fibrineux. Nous ne parlerons pas ici des microbes qui, seuls, pourraient démontrer l’origine de la lésion.
La plèvre pariétale, quoique isolée du poumon par sa circulation et la cavité pleurale, présenterait, d’après Cornil ! et Ranvier, des lésions analogues à celles de la plèvre viscérale.
Lorsque le poumon est au stade d’hépatisation grise, il se produit des modifications dans l'aspect et la structure
1 Cornil, Sem. med... 1885,
des fausses membranes, elles sont plus opaques et-plus jaunes, par suite de la présence, à leur intérieur, de nombreuses cellules lÿmphatiques en voie de dégénérescence graisseuse, Il arrive assez souvent, comme nous avons pu l’observer, qu'elles enkystent l’épanchement par suite d'adhérences entre les deux feuillets de la plèvre. Laennec a, du reste, décrit par quel mécanisme se produit ce fait.
Dans les pleuro-pneumonies suppurées, on constate habituellement de 1 à 2 litres de pus, non crémeux, mêlé à des quantités considérables de grumeaux épais et fibri-
-- neux. Le poumon refoulé par la masse du liquide dans la gouttière costo-vertébrale est petit, atélectasié et presque imperméable à l'air.