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CHAPITRE VI

Bactériologie et Expérimentation

Dans ce chapitre de notre thèse, nous allons exposer, aussi brièvement que possible, les différentes recherches qui ont été faites sur la bactériologie de la grippe. Nous passerons rapidement en revue les travaux sur les mi crobes de la grippe en général pour nous arrêter plus spécialement à ceux ayant trait à l’étude bactériologique de la pleurésie d’origine grippale.

Ce fut Orro Smrerrt, de Würsbourg, qui, en 1883, rechercha le premier l’élément pathogène de la grippe. 1] examina les sécrétions bronchiques et nasales des grippés et y trouva un grand nombre de micrococci disposés en chaînettes ; l’inoculation aux animaux ne donnait aucun résultat.

Maxir1AN JoLLes?, en 1888, trouva, à plusieurs repri-

1 Otto-Seifert, Uber influenza ({n Volkmann's Sammlung klinischer Vorträge, n° 240, 1884.

? Zur Aetiologie der Influenza (Allg. Wien. med. Zeitung, 1890). — Micrococci der Influenza (Wien. med. Blatt, 1889.

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ses dans les crachats, un bacille encapsulé, analogue à celui de Friedlander, mais qu’il croit différent et spécifique de la grippe. Il a été amené à cette opinion par la découverte du même élément dans les eaux de source de Vienne. Ce bacille est en forme de bâtonnet arrondi aux extrémités.

WEICHSELBAUM! fit deux examens de sang, soit directement, soit par culture et n'eut qu'un résultat négatif. Dans trois cas de grippe compliquée de pleurésie, il isola dans les crachats et l’exsudat pleural des diplocoques qui u'étaient pas en tous points semblables à ceux de la pneumonie. Ils en différaient en ce que, leur culture injectée à des animaux ne présentait pas le même degré de virulence. Un tiers seulement des animaux mourait. Leur sang contenait des diplocoques en culture pure. Ghez les couvalescents il vit des micro-organismes diminuer de plus en plus en nombre et en virulence. L'examen de quatre autres cas de grippe lui révèla la présence de streptocoques et de staphylocoques.

RiBBerT*, professeur à Bonn, a fait ses recherches sur huit cas de grippe compliquée d’affections des organes respiratoires. Par des cultures d’exsudat pleural et !de suc pulmonaire et bronchique, il obtint de nombreuses colonies de streptocoques. Ceux-ci, par leur forme et leur grosseur, pas plus que par l'aspect de leurs cultures, ne se distinguaient du streplocoque de l’érysipèle. Injectés à des lapins, ils produisaient une rougeur érysipélateuse analogue à celle du streptocoque ordinaire.

! Weichselbaum, Wien. klin. Wochenschrift, 1890.

? Ribbert, Anatomische und bacteriologische Beobachtung uber Influenza (Deutch. med. Wochenschrift, 1890).

FinkLer, de la même Université que Ribbert, eut dans les expériences les mêmes résultats que lui.

BoucxarD a trouvé trois éléments pathogènes et particulièrement des streptocoques dans les pleurésies grippales. Comme pour les auteurs précédents, injections sous- cutanées de leur culture dans l'oreille du lapin, lui donne de l’érysipèle et parfois des abcès.

Kuess ‘ dans ses rècherches bactériologiques a trouvé dans le sang des malades atteints de grippe, de petits corps arrondis à mouvements amiboïdes, analogues à des monades. Tantôt ils étaient libres, tantôt dans lintérieur des globules rouges, dont l’hémoglobine semblait détruite. |

Varzcarp et VincenT?, du Val-de- Grâce, ont fait des cultures du liquide épanché dans deux cas de pleurésies purulentes grippales et ont trouvé chaque fois des streptocopes. Un cas de pleurésie séro-fibrineuse à donné le même résultat. Enfin, ils ont pu constater d’une façon constante, la présence du streptocoque dans la rate, les poumons, le sang etles crachats. Vaillard a en outre inoculé ces streptocoques dans le sang d’animaux tels que lapins ou souris, les premiers moururent au bout de huit à quatorze jours, les seconds au bout de trois à cinq jours. Les lésions étaient caractéristiques et se résumaient ainsi : hépatisation pulmonaire, pleurésie et péricardite. Le micro-organisme avait donc une tendance à se localiser sur le poumon et les séreuses.

1 Klebs, Centralblatt für Bacteriologie und Parasitenkunde, 1890. ? Vaillard et Vincent, Recherches bactériologiques sur la grippe (Bull. et Mém. de la Soc. méd. des h6p. de Paris, 1890).

Du Gaxar, du Val-de-Grâce, signale soit le streptoco que, soit le pneumocoque dans les pneumonies grippales. Laveran et DuponcHeL n’ont pas trouvé de pneumocoque dans les pneumonies, mais quelquefois, surtout au début de la grippe, du streptocoque dans le sang. Nerrer, dans sept cas de pleurésies purulentes d’ori gine grippale, a obtenu chaque fois des streptocoques. Gruger et Marmorecx { ont étudié neuf cas d’influenza à forme thoracique, ils ont trouvé dans des sécrétions bronchiques un diplocoque analogue à celui de Frænkel - Weichselbaum, mais bien moins virulent.

Kunprar,signalela fréquence des pleurésies purulentes, des péricardites et des méningites qu’il a observées au cours de la grippe. Il a trouvé dans les exsudats, des staphylocoques et des pneumocoques associés ou seuls. ARLOING *, professeur à la Faculté de médecine de Lyon a eu l'occasion d'étudier deux fois le sang de grippés au moment de l’acmé fébrile. Dans un cas, le sang ensemencé dans du bouillon lui donna une culture riche d’un organisme « arrondi, fin, isolé ou groupé par deux, ou en petits amas maintenus par une légère quantité de substance visqueuse ». Les caractères de ce microbe le distinguaient absolument de tous ceux trouvés jusqu'ici. Ne voulant pas entrer dans trop de détails, nous nous abstiendrons d'en donner les différences pour nous occuper seulement d’une expérience nous intéressant directement. Une injection des cultures fut faite dans la cavité thoracique d’un lapin, elle produisit une pleurésie séche,:et

1 Soc. imperio-royale de méd. de Vienne, séance du 14 février 1890. ? Communication à la Société de médecine de Lyon.

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