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tant de maladies infectieuses: et, cependant, cette complication doit être rare, ainsi qu'en témoigne l’absence d'autopsies avérées.
Pourquoi done vouloir créer, comme on l’a fait, une forme Pneumonique de la maladie, lorsque la forme prétendue telle ne présente ni la Symptomatologie, ni l'évolution, ni la lésion de la pneumonie ?
FRÉQUENCE. ÉTIOLOGIE
Nous avons dit que le rhumatisme pulmonaire est fréquent, plus fréquent même qu’on ne le croit habituellement, bien que quelques auteurs se soient élevés contre l’idée de sa rareté; ces auteurs l’ont même placé immédiatement après le rhumatisme cardiaque.
Si nous reprenons nos statistiques, nous voyons que sur un total de 482 rhumatisants nombre de malades observés par Fuller, Latham, Wunderlich, il y à 4 pneumonies et nombre d’autres complications pulmonaires (bronchite ou pleurésie).
Mais, comme on le voit, si le rhumatisme pulmonaire, survenant à titre d’une complication d’une attaque articulaire franche, est assez fréquent, il n’en est plus de même de celui qui survient soit en dehors de toute attaque, soit comme phénomène prémonitoire des arthopathies plus ou moins généralisées.
Nous ne pouvons là-dessus recourir aux auteurs que nous avons signalés, ear ils ne nous disent ni quand ni de quelle façon se sont produites les com-
plications pulmonaires.
er
Nous-même, à ce sujet, nous ne pouvons fournir aucune statistique ; aussi n’essayons-nous pas de donper,sur la fréquence de ces affections, un renseignement précis.
Nous n'’insisterons pas sur l’étiologie générale du rhumatisme, ce serait nous écarter du sujet, et nous ne pourrions que répéter des choses banales et connues de tous.
Il nous paraît plus intéressant de rechercher s’il existe une cause déterminante de cette localisation spéciale du processus rhumatismal sur le poumon.
Dans son 7raité des maladies goutteuses, Barthez expliquait les localisations frustes de la goutte (et dans la goutte cet auteur comprenait le rhumatisme) par une infirmité relative des viscères atteints. « Une des causes les plus constantes de cette goutte interne, dit-il, c’est l’infirmité relative des viscères qu'’atfecte cette goutte. Cette infirmité relative le dispose à recevoir plutôt que les autres viscères le dépôt de l’humeur goutteuse lorsqu'elle n’est point déterminée sur les articulations ou lorsqu’elle en est repoussée. » Peter rapporte la cause de la détermination rhumalismale fruste, à la fatigue, à l'excès de travail, à l’usure de l'organe atteint. « C'est surtout à Peter, dit M. Besnier, que l’on doit l’expression la plus savante, et la formule la plus mécanique de cette vérité d'observation qui a fourni l’occasion d'une de ces généralisations brillantes si familières à ce savant. distingué, et dans laquelle il montre que ce n'était
pas le froid qui déterminait les localisations premiè-
res où principales du rhumatisme articulaire ; mais que l'excès de fatigue, l’usure, la prolifération exagérée, constituaient, pour les viscères, comme pour les articulations,une imminence morbide de premier ordre et que ces surfaces n’élaient pas premièrement frappées à cause de leur étendue, mais à cause de l'excès de charge, de frottement de travail qui leur incombait. »
Contrairement à Peter, M. Collin, dans son étude sur les Congestions arthritiques, rapporte au froid les déterminations de l'infection rhumatismale. « Et, dit-il, il semble que de tous les viscères, le poumon est celui sur lequel les manifestations rhumatismales doivent être le plus souvent marquées. Tout l'y prédispose : sa structure, d’une délicatesse extrême, son contact direct et permanent, avec l'air atmosphérique dont les variations de température et d’hygrométrie sont si fréquentes, enfin cette espèce de baseule qui existe entre la sécrétion de la peau et celles de la muqueuse qui le tapisse. »
La coexistence fréquente des lésions cardiaques avec ces localisations pulmonaires rhumatismales a frappé les auteurs ; beaucoup se sont demandé si la cardiopathie n’était pas la cause première du rhuma-, tisme pulmonaire primitif ou isolé. Voici ce que disent à ce propos ceux qui se sont Foibee spécialement de la question.
M. Besnier remarque bien la concomitance des lésions cardiaques et des manifestations pulmonaires, Mais il ne se prononce pas.
“M: Ball se prononce nettement pour leur plus grande fréquence chez les sujets porteurs d’affections cardiaques antérieures.« Quoi qu'il en soit, dit-il, les affections pulmonaires se montrent de préférence . dans le cas où il existe déjà une affection du cœur, endocardite ou péricardite et surtout cette dernière. Il est rare de les rencontrer chez les rhumatisants dont le cœur est resté à l’abri de toute atteinte, quand même l'attaque serait de notable intensité. »
Cadet de Gassicourt reprend l’idée du professeur Ball ; mais il est plus affirmatif encore, il fait de la coexistence une règle absolue, l’affection du cœur précédant naturellement la localisation pulmonaire: « J'ai toujours trouvé, dit-il, entre la congestion pulmonaire et le rhumatisme un intermédiaire obligé, la maladie du cœur et, pour être plus précis, l’endopéricardite. »
Il nous est difficile d'admettre sans réserve les idées de M. de Gassicourt ; nous les trouvons trop absolues, du moins dans le cas qui nous est particulier. Si nous admettons, en effet, que la lésion cardiaque préexistanteest un facteur de premier ordre,dans les affections pulmonaires graves, qui surviennent au cours d’une attaque articulaire aiguë, nous pensons que dans notre cas sa présenee est une simple coïncidence et pas davantage. Certes, nous ne voudrions pas refuser au cœur malade une certaine influence sur la production des congestions pulmonaires rhumatismales par la gène circulatoire qu’il
entraine avec lui. Mais nous croyons qu’il peut exis-
NT
ter des cas où le cœur est parfaitement indemne.
La cause la plus fréquente des lésions cardiaques est sans contredit le rhumatisme, et n’avons-nous pas admis plus haut, en en donnant les raisons, que la congestion pulmonaire pouvait être la première révélation de l'infection rhumatismale, c’est assez dire que dans ces cas la maladie du cœur n'entre pas en considération.
Du reste, nous avons relativement d'assez nombreuses observations, dans cette thèse, où le cœur était parfaitement indemne. De plus, nous croyons qu'il est difficile de rapporter à une lésion cardiaque cette congestion tout à fait spéciale, avec ces caractères de mobilité, et d'unilatéralité.
Admettant que le rhumatisme est une maladie infectieuse, nous croyons que le parasite supposé de cette maladie peut s'attaquer aux divers « organes, aux divers appareils » de l'individu, comme le font très souvent des processus morbides bien définis.
Nous ne croyons pouvoir mieux faire que de citer comme conclusion les propres paroles du professeur Jaccoud. « Si, dit-il, dans le cas de rhumatisme viscéral secondaire, on peut contester que la diffusion du rhumatisme soit inhérente à la nature même de la maladie et dire alors, par exemple, que, si le cœur est pris, c’est en raison de la vieille loi hippocratique ; si le poumon et la plèvre sont atteints, c’est en vertu des relations entre le cœur et le poumon ; quand les accidents viscéraux sont primitifs ou simul-
tanés aux accidents articulaires, la diffusion n'est
MAN ee pas contingente, ni fortuile, mais inhérente à l’essence même de la maladie. Bref, ma conclusion est que le rhumatism'e est une maladie générale, infectieuse, sans doute, malgré sa limitation aux jointures.» :
En terminant cette étude, il nous paraît intéressant de rappeler,comment M. Bernheim conçoit le mode d'action du rhumatisme, pour la production des lésions congestives du poumon. « Ce serait, dit-il, une hyperhémie neuro-paralytique ; l’agent morbifique rhumatismal agit sur les vaso-moteurs du poumon qu'il paralyse ; il s’ensuit une dilatation des artérioles engendrant une fluxion congestive d’étendue variable. »