‹ Contribution à l'étude des déterminations pulmonaires primitives du rhumatisme articulaire aigu: Congestion pulmonaire rhumatismaleChapitre 18 sur 24 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

« Dès que le rhumatisme, disait Bœrhave, se jette sur lé poumon, le malade court sur-le-champ es plus grands dangers ; parfois il meurt subitement. »

Et certes Bœrhave avait raison ; depuis, l’opinion des auteurs n’a guère changé. Ce grand clinicien entendait parler, en effet, des affections pulmonaires de nature rhumatismale survenant à titre de complication d’une attaque de rhumatisme ; or, nous savons que, dans ce cas, les affections pulmonaires sont d’une extrème gravité.

En général, elles traduisent une virulence toute particulière de l'infection rhumätismale et sont en même temps, le plus souvent du moins, concomitantes de lésions viscérales qui atteignent le cœur et le rein.

Nous n’aurons rien à ajouter, lorsque nous aurons dit que l’æœdème aigu, l’œdème foudroyant du poumon sont leurs formes les plus fréquentes.

Mais notre cas est bien différent, bien différent

aussi sera notre pronostic.

Effectivement, des manifestations pulmonaires du rhumatisme, nous n’avons retenu que les localisations primitives ou isolées de cette infection, et nous ne pouvons certes pas porter un pronostic aussi sombre, du moins lorsque nous considérons l'affection pulmonaire en elle-même. |

D'où tire-t-on le pronostic d’une maladie considérée en elle-même ? De deux choses, de son évolution clinique et de son anatomie pathologique. L’évolution nous dit assez que nous avons à faire à une affection très bénigne. La fugacité, la mobilité des symptômes, leur répartition présumée, plutôt sur la surface du poumon que dans la profondeur de cet organe, tout cela nous fait bien entendre que l’affection ne comporte aucun caractère de gravité.

Est-il besoin d'insister davantage quand l’expé-

rience clinique nous dit que la maladie guérit généralement et d’une façon rapide.

Nous en trouvons, du reste, la preuve dans l’absence ou, tout au moins, la rareté des constatations nécroscopiques. Aussi l’anatomie pathologique estelle assez pauvre en cas de cette sorte ; cependant, quelques autopsies ont permis de constater des lésions banales de congestion simple et d’æœdème.

C’est assez dire, la bénignité de la maladie, la facile restitutio ad intezsrum de l’organe touché.

Mais, au point de vue pronostic, ne considérer l'affection qu’en elle-même ne nous paraît pas suffisant. Si, en effet, comme nous le reconnaissons, elle

est quelquefois toute la maladie, le plus souvent,

néanmoins, elle n’est que le stade initial de l’infection rhumatismale à détermination articulaire franche.

Et,à ce titre, son pronostic change du tout au tout- Tandis que tout à l’heure il était bénin, dans ce dernier cas, au contraire, il s’assombrit. En effet, une attaque de rhumatisme articulaire est toujours redoutable ; l'infection porte une atteinte néfaste aux articulations et au cœur. l |

En somme, cette maladie, qui, par elle-même, est essentiellement bénigne, est généralement la première étape d’une infection qui, si elle n’est pas toujours grave, est, du moins, toujours redoutable : le

rhumatisme articulaire franc.

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