HISTORIQUE
Les manifestations pulmonaires du rhumatisme survenant à titre de complications d'une attaque rhumatismale sont, avons-nous dit, connues depuis longtemps ; il n’en est pas de même des localisations précédant la « polyarthrite fébrile », comme dit M. Boucharä, ou évoluant en dehors d’elle.
Voyons à ce propos ce que disent les auteurs anciens sur les déterminations pulmonaires du rhumatisme.
Storck raconte que dans le mois de novembre 1259, il vit un grand nombre de malades atteints de rhumatisie articulaire aigu ;chez quelques-uns, dit-il, les douleurs articulaires cessèrent tout à coup, et au même moment il survint de l’oppression et de la toux.
Boerhave et son commentateur, Wan Swieten, ont vu et signalé des cas de complications pulmonaires, rhumatismales.
Stoll signale aussi des faits absolument identi-
ques : « L’humeur rhumatismale, dit-il, abandonnait
les membres subitement ; et, au moment où on s'y attendait le moins, elle se portait vers la poitrine, où elle occasionnait la dyspnée et l’orthopnée, avec une toux très violente, de l’oppression et parfois des .crachats sanguinolents. Une jeune fille ressentit tout à coup un froid extrême : le rhumatisme s'était porté sur les poumons. »
Musgrave s'exprime à peu près de lamème manière. Chomel met en doute la nature rhumatismale de l'affection pulmonaire qui vient CORDES ANR
de rhumatisme.
«La mobilité extrème du rhumatisme, dit-il, semble présenter la raison d’un phénomène qu’il offre souvent, je veux parler de son alternative avec les affections viscérales. On a pu, dans les temps où les théories étaient en faveur, considérer comme rhumatismale l’inflammation de la plèvre ou du poumon qui succède au rhumatisme et semble cesser par son retour; mais, aujourd’hui qu'on ne voit dans ces maladies que ce que les sens peuvent y distinguer, on ne les regarde plus que comme des affections
diverses qui se remplacent mutuellement. »
Barthez, dans son Traité des maladies goutteuses, rapporte des cas de manifestations viscérales de rhumatisme : « I ya des cas, dit-il, où la diffusion de pad du chumatisme ne produit point. d'état inflammatoire plus ou moins étendu, mais d’autres symplômes plus redoutables, comme une atfection
soporeuse, la difficulté de respirer et lintermitience
D Eee du pouls.» Ponsard avait déjà, en n 41770. fait la mème relation.
. Nous le voyons, les auteurs anciens ontbien connu le rhuma tisme pulmonaire, mais àtitre secondaire, au cours d’une localisation articulaire de cette infection. Les auteurs plus récents, tels que : Bouillaux, Trousseau, Pidoux, Lassègue, reconnaissent, eux aussi, la localisation pulmonaire du rhumatisme, mais, en général, à titre de complications secondaires. « Beaucoup de médecins, dit Trousseau, ne croient pas à l’exisitence de la maladie— il parle du rhumatisme — que s'ils la voient siéger sur les articulations, quand d’autres auteurs la retrouvent également dans certaines régions viscérales : le poumon, le cœur et le cerveau. Il résulte de cette tendance constante du rhumatisme à se porter sur le tissu fibro-séreux des articulations que le rhumatisme peut quelquefois se fixer primitivement sur le tissu fibroséreux d’autres organes. » | Dans certains cas toutefois, quelques-uns des auteurs sus-nommés admettent que le rhumatisme peut débuter par les viscères, mais c’est toujours, ont-ils soin d'ajouter, dans le cas d’une poussée articulaire franche. Trousseau, cependant, signale la possibilité d’une manifestation pulmonaire isolée du rhumatisme. « La maladie rhumatismale, dit Trousseau, peut rester limitée au poumon ; cependant il n’est pas rare de. voir apparaitre des douleurs articulaires au mo-
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ment où cessent les symptômes de la pneumonie. »
Si nous prenons les auteurs classiques, mème les