A | US
Plus récents, nous y trouvons le même silence sur le sujet qui nous occupe. Tous, aussi bien les auteurs qui décrivent les maladies des adultes que ceux qui ont fait des traités spéciaux des maladies de l’enfance, se bornent à signaler les complications pulmonaires ou pleurales, les premiers chez les rhumatisants seuls les seconds chez les rhumatisants et les choréiques (Cadet de Gassicourt), mais sans insister davantage.
Nous trouvons plus de renseignements chez les auteurs qui se sont occupés soit du rhumatisme, soit des maladies pulmonaires, Vulpian, dans sa thèse d'agrégation, sur les Pneumonies secondaires, fait une classe à part des pneumonies développées comme manifestation du rhumatisme, sans: que la phlegmasie ait été précédée par une affection aiguë des jointures. Mais, ajoute l’auteur, « pour faire dire qu'il y ait pneumonie rhumatismale, il faut qu’il y ait eu attaque de rhumatisme auparavant. »
Houdé signale la possibilité d’une première attaque rhumatismale sur le poumon. |
M. Sottaz, interne du professeur Monneret, rapporte dans l’Union médicale de 1863, une observation — que nous publions du reste — sur un cas de congestion pulmonaire préartropathique. :
L'auteur de ce petit article conclut, du reste, très nettement à la nature rhumatismale de l'affection pulmonaire. ss
Fernet juge les cas de localisations pulmonaires rhumatismales primitives assez rares. « Avant de se
fixer, dit-il, sur quelques jointures, il arrive souvent
CET AMIE que le rhumatisme aigu erre, pour ainsi dire, sur différents organes ou sur différents tissus. Ainsi il est assez commun de voir une angine, un coryza, une diarrhée, précéder de quelques jours les manifestations articulaires. »
Nous le voyons, il n’est pas fait allusion à l’appareil pulmonaire, et cependant Fernet n’ignore pas le début particulier sur le poumon du processus rhumatismal, puisqu'il étudie l'anatomie pathologique de la lésion pulmonaire rhumatismale primitive.
Le professeur Ball consacre une description assez détaillée sur les manifestations pulmonaires du rhumatisme, mais il ne donne pas de renseignement sur l'ordre de leur apparition. « Cependant, dit-il, on a rapporté des exemples de pneumonies développées, comme manifestations du rhumatisme, plusieurs jours avant l’apparition des douleurs articulaires. »
Il s’attache principalement à mettre en relief cette . idée que les localisations PHARES sont surtout fréquentes chez les individus atteints antérieurement de lésions cardiaques.
Dans le Dictionnaire Dechambre, M. Besnier, à l’article « Rhumatisme », distingue très nettement les localisations pulmonaires primitives du rhumatisme, des complications secondaires de même ordre de cette infection. Deux faits principaux paraissent, ditil, caractériser les premières : elles sont légères, très légères même, et tributaires très souvent d’une car-
diopathie antérieure.
C’est ce dernier caractère qu'a repris Cadet de
Gessicourt ; il l’a mème érigé en règle absolue. Voici, du reste, Yès propres termes de M. Besnier
touchant la question qui nous occupe :
« On peut voir aussi manifestement des pneumonies congestives ne difféfant pas nettement de la pneumonie franche et dont la nature rhumatismale peut être déduite de la rapidité de l’évolution : mais il est évident que la réalité de la nature rhumatismale ne peut être démontrée que dans les cas d’alternance, de coïncidence ou de succession, avec d’autres manifestations définies et incontestables. Toutefois, la récidive répétée de la pneumonie chez un sujet à hérédité arthritique rend leur nature extrémement vraisemblable, alors mème qu'il n'y a pas eu d’aütres
manifestations positives. »
Nous nous permettons de signaler textuellement ce passage, car il définit bien exactement l'étude que nous faisons des manifestations pulmonaires du rhumatisme; c'est, en effet,le premier auteur qui admette très nettement, à côté de la forme primitive du rhumatisme pulmonaire, la forme isolée de cette
infection.
M. Bernheim, de Nancy, et son élève, M. Moreau, admettent les manifestations pulmonaires primitives du rhumatisme ; ils en citent, du reste, d’intéressantes observations, mais ils doutent de l'existence de manifestations analogues en dehors de toute attaque
rhumatismale franche.
Nous signalerons en passant les thèses de MM. Ni-
a 19 — / ot et Margery, dont les sujets traités effleurént la question qui nous occupe. 4
M. Lebreton a fait une très intéressante étude sur le sujet qui est nôtre ; nous devons la signaler d’autant mieux que nous lui avons souvent fait de larges emprunts.
M. Lebreton distingue, comme nous le faisons, des manifestations pulmonaires primitives de rhumatisme etles manifestations isolées de cette infection. L’auteur tient à prouver surtout que le rhumatisme pulmonaire peut s'affirmer en dehors absolument de toute phlegmasie articulaire franche.
M. Steeg décrit une période prémonitoire du rhumatisme ; l’infection rhumatismale, dit-il, peut débuter par tous les viscères, cœur, poumon, cerveau. Il cite du cas que nous étudions, une observation caractéristique.
Citons aussi la thèse de M. Bouet, sur le Rhuma-
tisme articulaire aigu.
. Dans sa thèseintitulée Rhumatisme articulaire aigu et preumopathie, M. Benoïst étudie seulement les complications pulmonaires du rhumatisme.
Enfin, M. Widal, dans son article du Traité de médecine et thérapeutique consacré à l’étude du rhumatisme, décrit la congestion pulmonaire primitive comme début fruste d'une attaque de rhumatisme franc. L’auteur donne comme possible l’existence d’une localisation pulmonaire rhumatismale isolée, mais n’insiste pas davantage.
Des statistiques publiées à l'étranger, les plus in-
Leone ; téressantes sont celles de Wunderlich (108 cas de rhumatisme, 41 de localisations pulmonaires), d’Ormerod et Taylor, de Latham (136 cas de rhumatisme, 24 de localisations pulmonaires).
Nous ferons une mention spéciale de Particle < Rhumatisme » publié en Angleterre par Fuller, et nous nous permettrons d'en citer un extrait qui se rapporte à notre question: « Les cas se rencontrent, dit cet auteur,assez fréquemment dans lesquels il ny a pas de rhumatisme externe, et dans lesquels,cependant,toute la suite des symptômes permet de rapporter, sans doute aucun, la maladie au poison rhumatismal. De même que l'affection cardiaque peut être la première et la seule manifestation du rhumatisme,de mème je suis persuadé que la bronchite, la pleurésie, la pneumonie peuvent le faire. Dans ces cas on trouve une langue rouge et écailleuse, des sueurs acides profuses et l’odeur empyreumatique du rhumatisme. Bien que l'influence soit rarement aussi marquée que dans ces cas, je suis persuadé, par. l'efficacité du remède dans les cas douteux,que l’influence de l'agent rhumatismal sur le poumon est moins rare quon ne le suppose généralement, et l’on doit toujours y penser.
Aussi faut-il songer, en même temps qu'au traitement local, à expulser de l’économie le poison rhumatismal, qui est la source et la cause de la persistance de la maladie.
Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que les
malades sont déprimés par leur longue maladie
ro
autaut que par les sueurs profuses qui l’accompagnent,etqu'untraitement définitifpourrait faire naître, au lieu d’une maladie à tendance séro-exsudative, une inflammation à tendance suppurative. »
Si nous nous sommes arrêté un peu longuement, à la partie historique de ‘la question, c’est afin de bien poser le problème, de définir exactement ce que nous voulons étudier.
On voit, en effet, que les auteurs qui ont eu à s’occuper du rhumatisme se sont surtout attachés à décrire, des manifestations pulmonaires de cette infection, celles qui surviennent à titre de complications dans une attaque de rhumatisme articulaire franc.
Bien peu, nous pouvons le dire, en ont reconnu les manifestations pulmonaires primitives ; moins nombreux encore sont ceux qui en ont signalé les localisations isolées.
Eh bien, ce sont précisément les manifestations pulmonaires rhumatismales primitives ou isolées que nous nous sommes, répétons-le, proposé d'étudier ; nous sommes persuadé, en effet, qu’elles sont moins rares qu'on ne l’a cru généralement. |
Sans prétention aucune, nous essaierons de tirer des cas qu’il nous a été donné de recueillir, quelque enseignement touchant la symptomatologie, le diagnostic, l'anatomie pathologique, l'étiologie, le pronostic et le traitement de ces affections. Puis nous résumerons notre étude par quelques conclu-
sions.
Boichut