‹ Contribution à l'étude des déterminations pulmonaires primitives du rhumatisme articulaire aigu: Congestion pulmonaire rhumatismaleChapitre 8 sur 24 · EXPOSÉ CLINIQUE DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

EXPOSÉ CLINIQUE DE LA MALADIE

Avant de faire l’exposé analytique des symptômes inhérents à l’affection qui nous occupe,il nous a paru bon de publier intégralement trois observations caractéristiques, types, pourrait-on dire, dont une au moins est inédite.

Ce sera, croyons-nous, un excellent moyen de donner une vue d’ensemble sur la question que nous avons à traiter et de bien la limiter, mais, surtout, nous aurons prouvé l'existence de l'affection qui fait le but de cette étude, c’est-à-dire, répétons-le encore, la localisation pulmonaire rhumatismale primitive ou isolée.

Quant aux autres observations, nous les donnons

à la fin de notre thèse.

L..., Antoine, âgé de 50 ans, garçon laitier, entre le 20 avril 1908, salle Domaschino, n° 25, à l'hôpital Laënnec (service du professeur Thoinot suppléé par le D' Ribierre).

Antlécédents personnels. — Quatre crises de rhumatisme

ton dE articulaire aiqu : la première, à l’âge de 18 ans, l’a maintenu au lit pendant près de neuf mois: presque toutes les articulations ont été prises, et, pendant plusieurs semaines, les douleurs et l’impotence: dans les membres supérieurs furent telles que l’on dut l’alimenter comme un enfant.

Deuxième crise, vers 35 ans, moins violente, a duré cependant cinq à six mois, a frappé particulièrement les articulations tibio-tarsiennes et celles des genoux.

Troisième crise, en avril 1906 : l’état aigu a une durée de trois semaines ; les raideurs articulaires ont persisté pendant trois mois.

Enfin, vers le début d’avril, le malade a fait un séjour de huit jours, dans le service : douleurs dans les articulations des pieds, des genoux, du coude droit, avec un très léger gonflement des genoux. Peu de fièvre. Le malade a exigé prématurément sa sortie, malgré les représentations qu’on lui a faites : 11 semble qu’on ait eu quelques doutes sur l'intégrité de ses valvules aortiques.

Urétrite blennorragique vers l’âge de 34 ans, sans complications, guérie en deux mois.

Vers la même époque, le malade avait eu un point de côté et quelques crachats sanglants. Mais, depuis, iln’a jamais toussé ; il ne s’enrhume presque Jamais.

N’a jamais présenté de dyspnée notable jusqu’à sa dernière entrée à l’hôpital.

Rien d’intéressant à noter dans les antécédents héréditaires et collatéraux, si ce n’est l’absence de rhumatisme et vraisemblablement aussi, de tuberculose.

Le malade entre donc, le 20 avril 1908, à l'hôpital Laën-

nec parce qu'il à, depuis deux jours, un point de côté thora-

Û . —U4— à 14 , . 7 17 nr 1 cique, à droite, d'intensité modérée, et surtout une ayspné

assez vive, accentuée par la marche et les mouvements.

Le 21 avril, à la visite du matin, on constate une température peu élevée (T.: 37°4. Pouls: 86), un peu d’angoisse et -de dyspnée, un facies pâle. Le pouls est régulier et assezbien frappé ; la tension artérielle, au sphygmomanomètre de Po-

tain mesure 15 centimètres. /

L'examen du thorax révèle un certain degré de submatité dans les deux tiers inférieurs du poumon droit,avec conservalions des vibrations thoraciques qui sont, cependant, très lé” gèrement atténuées. Dans toute cette zone, s'éfale largement un souffle assez doux, à maximum expiratoire. Légère broncho-égophonie, pas de pectoriloquie aphone.

Aucun bruit adventice, même après la toux.

Les sommets respirent normalement, et la percussion n’y

dénote aucune modification.

Deux ou trois sibilances à la base du poumon gauche. Expectoration peu abondante, blanche, un peu mousseuse.

Au cœur, on note, que le deuxième bruit aortique a un timbre un peu sec (en chiquenaude, pourrait-on dire), Pas d’autre modification. | |

Urines, un peu foncées et briquetées, présentent des traces d’albumine.

Le foie ne déborde pas les fausses côtes.

Aucun phénomène nerveux.

Le malade, interrogé avec soin, à ce sujet, n’accuse, en. fait de douleur, que le point de côté droit, qui a, d’ailleurs, diminué depuis hier. Aucun phénomène subjectif où objectif

du côté des articulations.

Traitement. — Ventouses scarifiées. Poudre de Dover, 0,40. Régime lacté et repos absolu.

Le soir, la température atteint 3802.

Le 22 avril. — Oppression moins marquée, mêmes signes stéthoscopiques que la veille, mais en outre, dans le tiers inférieur du poumon droit, nombreux râles intermédiaires entre le râle crépitant et le râle sous-crépitant, très disséminés et non groupés en foyers.

Ils paraissent superficiels.

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