‹ Contribution à l'étude des déterminations pulmonaires primitives du rhumatisme articulaire aigu: Congestion pulmonaire rhumatismaleChapitre 9 sur 24 · EM::3704, T. V · texte numérisé non relu

EM::3704, T. V

Ee 23 avril. — Le souffle a très notablement diminué d’in-

tensité et d’étendue :

; les râles fins sont aussi nombreux, au

moins, que la veille, Le point de côté a complètement disparu. ‘ Mais un nouveau symptôme s’est montré durant la nuit. Vive douleur au niveau de l'articulation radio -carpienne gauche. Ace niveau, gonflement très notable surtout à la face dorsale, Traînées rougeûtres, longitudinales, près du bord

cubital. Impotencs «ss olue; les moindres mouvements arraü Lu

chent des cris’ au malade.

Douleur modérée, sans gonflement, au niveau du coude

droit. Pas d’autre symptôme articulaire.

Sueurs assez abondantes, mais la température reste peu élevée (3608, le matin).

Pas de modification au niveau du cœur.

Traitement. — Salicylate de soude, 6 grammes.

Le 24 avril. — Le gonflement radio-carpien a presque disparu et la douleur est très modérée.

Au niveau du poumon droit, le souffle a disparu. Persistent

quelques râles sous-crépitants fins, moins nombreux que la

veille.

RTS 2022

Le malade, qui ne présente plus d’albumine, élimine le salicylate de soude äans les urines.

Le 95 avril. — Les phénomènes articulaires ont complètement disparu et ne reparaîtront plus jusqu’à la sortie du malade.

On continue à donner du salicylate de soude pendant une huitaine de jours, à doses décroissantes.

Les râles sous-crépitants on complètement disparu le 27 avril. |

Comme incident notable de la convalescence, nous notons seulement de la bradycardie assez marquée, le 27 avril : 44 pulsations, au moment de la visite, sans aucun autre phénomène subjectif ou objectif, avec une tension artérielle à 13 centimètres.

Jamais l’attention du malade n’a été, jusqu'ici, attirée sur ce sÿmptôme,

Le 28 avril. — Le pouls est à 58°: Le lendemain, il est reveüu à 72% et reste aux environs de ce chiffre Jusqu'à la sortie, Le deuxième bruit aortique conserve le caractère un pêu anormal, noté plus haut,

Le malade sort le 6 mai 1908.

En résumé, un homme de 50 ans ayant présenté, depuis l’âge de 18 ans, quatre crises de rhumatisme articulaire aigu, dont trois, au moins, ont été violentes et généralisées, rentre à l'hôpital; quelques jours après une crise articulaire légère, avec une congestion pulmonaire droite, très étendue, maïs vraisemibläblement superficielle.

Deux jours après l’entrée,au moment où le souffle

pulmonaire s’atténue, apparition d’une localisation articulaire, unique, il est vrai, mais offrant bien les caractères objectifs des déterminations articulaires du rhumatisme aigu et qui cède, en trente-six heures, à une médication salicylée assez énergique.Parallèlement, les signes de congestion pulmonaire achèvyent

de disparaître.

Hôtel-Dieu. Service de M. le professeur Monneret, 1863.

G... Jules, couché au n° 13 de la salle Saint-Lazare, est âgé de 30 ans. H habite Paris depuis huit ans et y exerce la profession de nourrisseur :

Antécédents. — Au mois d'août 1862, attaque de rhumatisme articulaire aigu, compliqué de rhumatisme cardiaque (endocardite), pour laquelle il est entré à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Benjamin où il est resté cinq mois et demi ; on lui a, dit-il, appliqué plusieurs vésicatoires. Sorti au mois de janvier,il a repris ses travaux, mais 1l conservait toujours, sinon des douleurs,da moins des palpitations et de l’essoufflement. Il n’a jamais eu d’œdème aux membres inférieurs.

Le 30 octobre dërnier, il a été mouillé et il s’est refroidi. Le soir même, point de côté à gauche, frissons et fièvre intense, perte d’appétit, crachats sanguinolents. |

Il se met au lit ; érois jours après, se manifestent des douleurs dans les deux genoux.

Le 5 novembre.—1Il se fait transporter à l’hôpital, n’ayant fait chez lui aucun traitement.

État du malade à son entrée à l'hôpital. — Entre autres phénomènes, M. Sottaz, interne du service, constate, à la

visite du soir, les sigriës d’une congeslion pulmonaire du côté

Log

droit rendue manifeste par de nombreux râles crépitants disséminés ; les mêmes signes existent encore le lendemain matin avant la visite, mais, à la visite, ni M. Monneret, ni M. Sottaz ne peuvent les retrouver ; les râles crépitants ont complètement disparu, et on ne les retrouve plus les jours suivants, On n’enfend plus dans la poitrine que quelques râles sibilants disséminés en arrière; et, à droite, où l’on constate, à la percussion, un peu d’obscurité du son.

L’auscultation de la région précordiale permet de constater dans le cœur, l’existence d’un bruit de souffle aigu au premier temps,ayant son maximum d'intensité vers la pote. Le pouls est à 108.

Langue large, blanche ; pas d’appétit ; selles régulières ; sensibilité très vive à l’épigastre, et dans l’hypocondre droit, surtout par la pression. Foie un peu plus volumineux que ne le comporte l’état normal. Diamètre vertical: 14; horizontal: 16. Ictère général intense ; fièvre : pouls à 108.

Douleurs rhumatismales dans les deux genoux sans gonflement : sensibilité à la pression. Prescription : émétique, 0 gr. 10. re

7 novembre. — Le malade a eu sous l'influence des émétiques d’abondants vomissements et plusieurs selles; cependant, la teinte ictérique n’a pas beaucoup diminué. Mais l’appétit est un peu revenu, et les douleurs articulaires se sont dissipées. Pouls à 84. Prescription de sulfate de quinine : Ogr. 50.

9 novembre, — Pouls à 80. Toute douleur à disparu ; l’appétit est franchement revenu. Continuation du sulfate de quinine. ; F ;

10 novembre. — Les douleurs articulaires ont reparu dans

les genoux. Sulfate de quinine, 1 gramme.

Bar

11 novembre, — Le pouce gauche est tuméfié, rouge, douloureux ; la douleur existe ainsi dans le coude, dans l’épaule du même côté, Langue sale, rouge à la pointe ; perte d’appétit ; le pouls est remonté à 96. Sulfate de quinine, 1 gr. 50.

12 novembre. — Généralisation du rhumatisme à toutes les jointures du côté gauche. L’épaule droite et le pied du même côté sont également pris. Il y a de l’insomnie causée par la douleur : le bruit de souffle au premier temps est plus marqué, plus rude, plus intense. Sulfate de quinine, même dose,

13 novembre. — Le bruit de souffle devient de plus en plus rude et même râpeux. Pouls à 96, fréquent surtout le soir, en même temps que se manifeste une exaspération des douleurs rhumatismales ; SReu ne paraissent pas avoir de tendance à se généraliser davantage. Sulfate de quinine, 1.50.

14 novembre. — Les douleurs ont notablement diminué ; pouls à 84 le matin, à 95 ou 96 le soir. Il y a de l’anorexie, de la constipation. Purgatif à l’eau de Sedlitz.

15 novembre. — Plusieurs selles ont eu lieu sous Pin- fluence du purgatif. Pouls à 76 ; les douleurs se sont dissi-

pées. Sulfate de quinine, 1 gr. 50.

16 novembre. — Pas de douleurs, l’appétit est un peu revenu. ; . 17 au 21 novembre. — Les douleurs n’ont pas reparu, les

mouvements des membres sont parfaitement libres ; tout ot articulaire a disparu ; l’appétit se fait sentir de plus en plus vivement. Le sulfate de quinine est continué pendant ‘deux jours à doses décroissantes : 1 gramme à 0 gr. 50; le 19, il est supprimé.

21 novembre. — Le malade sort débarrassé de son rhu-

matisme : mais le bruit de souffle, au premier temps, d

à Micien (18 mois de date), persiste encore.

En résumé, un homme de 30 ans, ayant présenté l’année précédente une attaque de rhumatisme articulaire aigu, compliquée d’endocardite avec lésion permanente, et ayant duré cinq mois et demi, entre à l’hôpital. L’interne, M. Sottaz, trouve ce malade porteur d’une congestion pulmonaire, qui aurait débuté, par un point de côté, de la toux, des crachats, sanguinolents, trois jours avant la fluxion articalaire des genoux.

Notons ce fait très particulier qu’au moment où. sont apparues les douleurs articulaires, presque subitement ont disparu, sans laisser de trace, les signes de congestion pulmonaire.

En tête de nos observations, nous voyons signalée la coïncidence d’une congestion pulmonaire, avec les premiers phénomènes fébriles qui ont précédé les manifestations locales dü rhumatisme.

Nous disons : congestion pulmonaire, c’est qu’en effet, nous croyons avoir le droit de porter ce diagnostic. N’a-t-elle pas tous les caractères et toutes les allures d’une congestion cette affection dont sont atteints les deux malädes dé nos übéëérvations ? Et véritablement pourrait-on dire qu'il s’agit là d’üuñe pneumonie ?

Si nous trouvons certes quelques signes physiques où Stéthoscopiques qui rappellent cette affection pulmonaire, nous pouvons voir aüssi qu’il en manñque

certains et nôh dés moins inportants.

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