‹ Contribution à l'Étude des Diarrhées PaludéennesChapitre 16 sur 25 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Observation du docteur CLarac (in thèse Garnier, 1889;

M. B..., européen, dans la colonie (Guyane) depuis longtemps ; fréquents accès de fièvre bilieuse. Est atteint de fièvre paludéenne presque lous les jours ; au moment où la fièvre commence, coliques très vives, envies d'aller à la selle el expulsions involontaires des matières fécales.

Traitement par le sulfate de quinine, amélioration, puis guérison conséculive des accès de fièvre el de la diarrhée.

OBsEervarTioN XIII

Observation de J. Simox (Arch. gén. de Méd., 1870).

Diarrhée aiguë liée à la fièvre intermittente qui l'accompagne ; première apparilion, en 1855, en Crimée ; guérison. Récidive en 1861 et 1863 : marche aiguë des accidents diarrhéiques elintermitltents ; guérison rapide par le sulfale de quinine, (Observalion prise par l’auteur)

M...,àgé de 32 ans, néen Savoie, de bonne constitution, est pris eu 1855, sous les murs de Sébastopo!, dans les

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tranchées du camp franco-piémontois, de fièvre intermittente lierce, accompagnée de diarrhée bilieuse, qui prend bientôt le caractère dysentérique. Soumis immédiatement à un trailement approprié ‘quinine, quinquina, opium, régime, repos aux ambulances). il s'améliore sans guérir complèlement. Ce n'est qu'au boul de six mois que, de relour à Gênes, le changement de climat et les prépara- Hions de quinquina eurent raison de son affection diarrhéique et intermittente qui ne l'avait point abandonné jusque-là.

Il reste jusqu’en I861 dans son pays natal sans éprouver le plus léger accident de ce côté. A celle époque, il vient à Paris, exerce la profession de journalier, et peu de temps après, 1l est atteint de nouveaux accès de fièvre intermittente et de diarrhée séro-bilieuse très abondante.

Admis dans le service de M. Briquet, qui lui donne un éméto-cathartique et du sulfate de quinine, il en sort guéri au bout d'une quinzaine de jours.

Le 28 juin 1863, nouvelle attaque de fièvre intermittente et de diarrhée abondante séro-bilieuse sans lénesme ni émission sanguine. L'accès se compose de ses trois slades el vieut à neuf heures du matin.

Le lendemain, 29, le malade prend de son chef une purgalion saline.

Le 30, la diarrhée continue, mais l'accès avec ses trois stades toujours bien accusés, ne revient qu'à midi. La diarrhée persiste le jour suivant, 1° juillet, qui est apyrétique, el ce n’est que le 3 juillet, type de fièvre quarte, que l'accès de fièvre reparaît vers 10 heures du matin.

Pendant ce Lemps, la diarrhée n'a jamais cessé ; elle se compose de 3 ou 4 garde-robes par jour, bilieuses, très abondantes. Le malade, quoique robuste, devient pâle, se sent brisé ; sa langue est large, blanche, innapétence, soif vive ; foie volumineux : ligne mamelonnaire : 20 centimètres, ligne sternale : 12 centimètres, déborde à gauche 4 centimètres. La rale, un peu augmentée, ne parail pas très volumineuse. Les autres organes, le poumon, le cœur

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sont intacts, les urines rares, chargées, sans albumine. C'est dans ces condilions que je fus appelé à lui donner des soins à l'hôpital de la Charité, le 3 juillet 1865.

Comme le purgatif qu'il avait pris ne semblait pas lui avoir été utile, et que d’ailleurs je voulais tenter l'action du sulfate de quinine isolément, je négligeai à dessein de lui donner un émélo-catharlique et lui preserivis une potion acidulée de sulfate de quinine non additionnée de préparation opiacée d'aucune espèce ; il prit cette potion en trois fois à un quart-d'heure d'intervalle chaque fois, après la cessation complète de son accès de fièvre (qui avait eu lieu à dix heures du matin), c'est-à-dire vers cinq heures du soir.

Dès le lendemain, la diarrhée s'arrêle el le malade éprouva un bien-êlre inacoutumé el un peu d’appélit. La soif restait très vive. Le sulfate de quinine ful continué et pris à la même heure et de la même façon, et, quatre jours après, le malade se levail, mangeail deux portions et demandait à sortir. Je lui donnai son exéat au bout de huit jours. La potion n'avait pas été suspendue. J'en avais, au contraire, secondé les effets à l'aide de café el d'extrait de quinquina. En dépil de mes vives recommandalions, ce malade ne nous a plus donné de ses nouvelles.

OBSERvATION XIV (Personnelle)

Observation de la clinique médicale, Salle Andral (Professeur Ardin Delleil).

Mme Vuillemain Adèle, âgée de 46 ans, née à Bord]- Bou-Arréridj, exerçant la profession d'infirmière, entre à l'hôpital de Mustapha-Alger, Salle Andral, le 22 décembre 1925 pour diarrhée et fièvre.

Les antécédents héréditaires el collatéraux n'offrent rien de particulier à retenir.

A ee D ne on relrouve une hèvre ï e à age de 12 ans el une alleinte de fièvre paludéenne il ÿ a environ un an.

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À celle époque, la malade qui élail employée de bureau dans les environs de Bône faisail son premier accès de paludisme ; grands frissons, stade de chaleur, puis transpiration abondante lerminant l'accès.

Bien que traitée, mais d'une façon insuffisante (0 gr. 50 à 0 gr. 75 de quinine en granulés par jour), il en fut ainsi pendant deux mois. Les accès étaient Lrès irréguliers, sans aucun signe de localisalion viscérale. Après une période de cinq mois, pendant laquelle les accès avaient disparu, notre malade vient à Alger el entre comme infirmière à l'hôpital civil d'Alger, Salle Menière (service d'olo-rhino-laryngologie).

Quelques semaines plus lard, elle présente à quelques jours d'intervalle trois accès de paludisme semblables aux précédents. Elle prend alors 9 gr. 50 à 0 gr. 75 de chlorydrale de quinine par la voie buccale. Depuis, rémission complèle jusqu'au 14 décembre 1925. A cette date, le tableau clinique change Lout à fail ; nouvel accès de fièvre. La malade est prise brusquement de violents frissons dans la matinée, puis la fièvre s'élève à 40° ; à ce moment la malade qui n'avait fail aucun écart de régime alimenlaire, présente des nausées, des vomissements fréquents el abondants de matière liquide bilieuse couleur « vertde-gris ». En même temps, la malade est prise d'un besoin impérieux d'aller à la garde-robe avec douleurs abdominales intenses. Elle rejelle alors des selles bilieuses liquides et abondantes. Ces phénomènes diarrhéiques se manifestent 4 fois dans la journée avec celle même intensité. ils ne cessent qu'à la chute de tempéralure qui eut lieu dans la soirée ; 0 gr. 50 de quinine furent administrés.

Le 15 et 16 décembre : apyrexie complèle, pas de diarrhée.

Le 17 décembre 1925, nouvel accès, flux diarrhéiques, apparaissant pendant le stade de chaleur ; six selles furent ainsi émises. Dans la soirée, la Llempéralure el les troubles inteslinaux disparaissent. Une légère transpira-

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tion marque la fin de la crise. 0 gr. 50 à 0 gr. 75 de quinine furent encore administrés.

A partir du 18 décembre 1925, les accès deviennent quotidiens. Ils apparaissent vers 17 heures, présentant comme symplômes successifs : grands frissons, puis la Ltempérature alteint rapidement 40° 5 à 41°. Concomilant à celle fièvre ; diarrhée abondante, enfin au début du jour, de légères transpirations marquant la fin de l'accès.

Le 18 décembre 1925 : 8 à 10 selles diarrhéiques dans la nuit.

Le 19 décembre 1925, nouvel accès : 10 selles diarrhéiques environ.

Le 20 décembre 1995, nouvel accès : 10 selles diarrhéiques environ.

Le 21 décembre 1925, nouvel accès : 10 selles diarrhéiques environ.

Pendant toute cetle période, la malade reste au pavillon Menière, elle ne prend que 0 gr. 50 à 0 gr. 75 de quinine par jour, en deux fois. S'affaiblissant de plus en plus, et devant la persisiance de ces phénomènes, elle entre à la Salle Andral le 22 décembre au soir. Elle est en plein accès, sa Lempérature est de 40° 5. Elle présente en outre une diarrhée profuse qui l’oblige à aller 5 à 6 fois à la selle dans le courant de la nuit. Le 23 décembre 199%, à la visite, on se trouve en présence d’une malade dont l'élat général est peu satisfaisant, on nole une anémie très marquée, le visage est pâle, les traits sont lirés ; anorexie, la langue est saburale, sèche. La température est de 38° 4. Le pouls est de 95.

L'examen de l'appareil digestif ne révèle aucun trouble gastrique, la palpalion provoque une Sensation douloureuse de la région abdominale. Le foie esl régulier, douloureux, gros, sa limile inférieure dépasse de deux travers de doigts le rebord inférieur des fausses côtes.

La palpation de la rate est douloureuse et montre une notable hypertrophie de cet organe.

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