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préparation un point d’ébullition fixe et un palier net, possédaient d’autres constantes quelques jours plus tard. Les variations n'étaient pas fonction du temps, mais semblaient dépendre de la lumière. Comme simultanément je remarquais que le carbure frais n’attaquait plus le sodium, alors qu’un carbure préparé depuis quelques jours l’attaquait de nouveau, que l’attaque était nettement plus énergique lorsqu'il s’agissait d’un carbure ayant été exposé à la lumière, j'ai cru, entre autres suppositions, qu’il s’agissait d’une transposition moléculaire faisant apparaître un hydrogène « acide » remplaçable par du sodium. Après avoir tenté en vain de vérifier cette hypothèse, je l’ai abandonnée en constatant, d’autre part, que l’attaque du sodium était d’autant plus énergique, toutes choses égales d’ailleurs, que le flacon contenant l’échantillon était moins rempli. Enfin, lors de la distillation d’un carbure préparé depuis quelques jours et conservé dans un flacon à demi-rempli, j’ai remarqué une décomposition nette avec apparition d’eau et même, en fin de distillation, une petite explosion.
Il s'agissait manifestement de la formation d’un peroxyde, formation assez rapide dans certaines conditions pour modifier les constantes physiques en quelques jours. En étudiant ce phénomène, j'ai pu mettre successivement en évidence les influences :
1° de la température ;
2° de la lumière ;
3° du peroxyde comme autocatalyseur.
Ceci m'a conduit à effectuer toutes les opérations de déshydra-
tation et de distillation à l’abri de l’oxygène et de la lumière dans l’appareil déjà décrit page 41, légèrement modifié.
Choix d'un déshydratant.
Le diméthyl-2.4 pentène-2 ol-4 se déshydrate très facilement par simple chauffage à l’ébullition sous pression atmosphérique. Il en est de même dans une certaine mesure des homologues supérieurs. On constate cependant, en soumettant à l’ébullition des
termes de plus en plus élevés, que tout se passe comme si l'alcool traité se composait de deux parties : l’une se déshydratant rapidement et l’autre très lentement.
En suivant de très près les variations du point d’ébullition et de l’indice de réfraction des produits distillés, on a cette impression très nette de deux alcools différents sans qu’il soit possible cependant d’en faire la preuve et d’arriver à une séparation, même approximative, des deux termes : le carbure et l’alcool le plus stable. La mesure de la viscosité de l'alcool avant déshydratation et de celle de l’alcool supposé le plus stable (en voie de déshydratation, mais débarrassé du carbure formé par distillation dans le vide) qui, d’après F.-B. Thole (71), aurait permis la mise en évidence d’une différence dans la symétrie moléculaire, ne donne aucun renseignement.
J’ai cru qu’il serait possible de trouver un déshydratant sélectif permettant d’activer la déshydratation de l’une des formes sans toucher à l’autre, ce qui m’a conduit à essayer différents déshydratants.
a) L’acide sulfurique très dilué (1 %) triple la vitesse de déshydratation sans augmenter sensiblement la polymérisation, mais la totalité de l’alcool est déshydratée et la présence de l’acide gène pour les études ultérieures.
b) L’anhydride phosphorique, l’acide oxalique, le bisulfate de potassium, le chlorure de zinc, ont une action trop énergique ; les rendements sont médiocres par suite d’une importante résinification.
c) L’iode déshydrate rapidement, mais il se forme des iodures qui diminuent le rendement.
d) Le carbure de calcium n’active pas sensiblement la vitesse de déshydratation.
e) Le calcium métallique n’a aucune action.
Î) La chaux et la baryte ont une action retardatrice très nette. L'alcool semble en quelque sorte stabilisé : on peut le distiller plus facilement sans déshydratation notable. Ce chauffage sur la chaux