CHAPITRE V
Pseudo-parasites d’origine animale
Nous abordons maintenant l'étude du pseudo-para-
sitisme d'origine animale, question très complexe et très délicate où le parasitologue lui-même peut commettre des erreurs.
- Et tout d’abord évitons la confusion entre le pseudoparasitisme et le parasitisme accidentel, confusion qui se produisait fréquemment avant les travaux de MM. les professeurs Blanchard et Guiart.
Dans son Précis de Parasitologie, M. Guiart donne du parasite accidentel la définition suivante : « parasite vivant indifféremment dans les matières organiques en décomposition, ou dans le corps des animaux vivants ».
Il divise ces parasites en :
a) Saprophytes, b) Saprozoaires.
Les saprophytes sont des végétaux (bactéries, moisissures) ; les saprozoaires sont des animaux (larves de mouches par exemple).
Ho
Les myriapodes, la linguatule, les larves de certains diptères, voire même de coléoptères ou de lépidoptères élaient considérés il n’y a pas très longtemps encore comme des pseudo-parasites. Il n'en est rien. Les myriapodes vivent en parasites dans le tube digestif de l'homme lorsqu'ils y pénètrent accidentellement et peuvent provoquer parfois des troubles très graves. Quant aux larves de diptères, elles sont capables de résister aux sucs digestifs; les œufs de diptères peuvent même éclore parmi les aliments ingérés. Dans les Archives de Parastlologie nous en avons trouvé deux observations dues, la première au docteur Hanau, de Zurich, l’autre au professeur italien S. Calandruccio.
D'autres animaux peuvent accidentellement s'attaquer à l’homme, alors qu'ils sont normalement parasites sur d’autres espèces.
On peut les observer, soit à l’état larvaire, soit à l’état adulte, soit même à l’un et l’autre de ces états ; le meilleur exemple est la linguatule (linguatula rhinaria) qu’on trouve en temps normal dans les fosses nasales des carnivores, genre canis, sous la forme adulte, alors qu'on la rencontre dans le foie de certains herbivores sous sa forme larvaire. Chez l’homme on a rapporté un cas où elle existait sous sa forme adulte.
Ceci posé, nous diviserons ce chapitre en quatre parties. Dans la première, nous envisagerons le faux parasilisme dû aux débris alimentaires d’origine animale, aux membranes de colite membraneuse, etc...; en second lieu nous verrons les cas dûs aux nématodes et en particulier à l'anguillule ; le 3 paragraphe sera
‘ consacré aux gastéropodes (limace) ; nous terminerons
ART enfin par l'exposé d’une étude de M. le professeur Guiart sur le pseudo-parasitisme des infusoires.
I — Cloquet et Dupuytren décrivirent sous le nom de Acephalocystis racemosa et de Ovuligera de simples vésicules choriales et des concrétions albumineuses.
Duchâteau, von Linstow, Cannon décrivirent comme étant des strongles géants de simples caillots fibrineux évacués par l’urèthre.
Nous avons eu dernièrement l’occasion de prendre l'observation d’un cas à peu près semblable :
I s'agissait d’un nommé A. V..., 53 ans, garçon de peine dans une maison de santé.
Antécédents hérédilaires : Rien de particulier.
Antécédents personnels : Santé toujours très délicate ; réformé; a eu plusieurs maladies vénériennes; a fait en 1907 un séjour à l’Antiquaille (service du Dr Rochet) : polyurie trouble, hématurie, albuminurie ; à la cytoscopie, vessie normale.
Rentré le 25 mars 1920 dans ce même service, il apporte Çun ver » dans un tube à essai. I à établi par écrit et signé le récit suivant que nous transcrivons intégralement, en respectant même l'orthographe.
Le 25 mars 1920.
Je suis venu yci en traitement pour un rétrécissement et une rétention d'urine.
Mon poste à X... c'est d'aller chercher des malades pour faire leur transfert.
Le début de ma maladie, c’est en juillet 1919. Revenant de voyage, la dre fois une rétention s’est faîte voir; sa a duré plus de 24 heures sans Une Et et ensuite envies fréquentes d’uriner souvent et peut à la LOIS difficulté d’uriner ; l’émission habituelle d'urine peut abon- SAbe et c'est le 9 mars 1920 que j'ai pris un bon refroidissement avec des fris-
dante, est purulente, glaireuse et continente en même temp
sons de fièvre et mes urines se sont arrêté..... J’ai été obligé de me déclarer malade au docteur X qui en me sondant a tiré plus de deux litres d’urine.....
Au bout de 8 jours de sondage, un soir à 8 heures, le chef infirmier