CHAPITRE VI
. De l'examen de toutes les observations qui précèdent, se dégage cet enseignement qu’à côté d'erreurs absolument fatales et que commettra le clinicien même le plus expérimenté (tel est le cas de l’ectopie testiculaire de M. le professeur Tillaux, et celui de l’épiplocèle de M. Bogdanik), il faudra redoubler d'attention et faire un examen clinique minutieux toutes les fois qu’un malade atteint de hernie inguinale droite présentera des signes un peu anormaux, et ne cadrant pas d’une façon absolue avec la hernie constatée,
Les éléments du diagnostic seront (surtout dans les cas de hernie simple) la localisation de la douleur, l’élévation de la température, la notion d’une vieille inflammation de l'intestin, le début habituellement brusque et un état général légèrement plus altéré que ne le com-
porte le simple fait d’une hernie simple.
La réunion de ces signes permettra le diagnostic dappendicite.
La constatation de quelques-uns d’entre eux seuls n'aura pas assurément la même valeur, mais en susci-
tant des doutes dans l'esprit, permettra une intervention Pindray 3
plus méthodique et uue plus grande prise en considération des incidents opératoires qui peuvent survenir.
Lorsque au lieu d’une hernie simple en apparence, il
y aura des signes d’étranglement, pour peu que ces signes ne soient pas absolument classiques, il faudra songer à l’appendicite et s'informer du mode de début de la tem-
pérature et des antécédents.
On n’oubliera pas à c2 sujet que l’appendicite est en
réalité une péritonite localisée ou généralisée, qu’elle
s'accompagne dans la grande majorité des cas d’une élévation de température inconnue dans la hernie étran-
glée, et que les signes d’obstruction intestinale, si com-
plets dans la hernie étranglée, ne sont généralement
qu’ébauchés dans l’appendicite.
Pour nous résumer en peu de mots, nous dirons que toutes les fois qu’on se trouvera en présence de malades atteints de hernie droite, il faut songer à l’appendicite et ne pas rapporter à la hernie tous les accidents qui surviennent.