‹ Contribution à l'étude des Dilatations dites idiopathiques de l'Esophage: Rôle pathogénique des lésions acquises des tuniques musculairesChapitre 12 sur 41 · III. — La forme · texte numérisé non relu

III. — La forme

Nous n’envisageons d’abord que l'organe dilaté enlevé du médiastin, gonflé d’air ou rempli de liquide, mais non gêné dans son extension. Si la partie inférieure est la seule dilatée (dans l'observation de Gross et SENCERT, la dilatation commençait à 12 cm. au-dessous du cricoïide) ou la plus dilatée, comme c’est le cas le plus fréquent, l’œsophage a la forme d’un carafon à goulot supérieur plus ou moins long, d'une calebasse avec partie inférieure renflée, étalée sur le diaphragme. Si c’est une -dilatation totale, elle peut être très irrégulière et WIETBRECHT a observé une double dilatation fusiforme, la supérieure la plus importante, l’inférieure s’arrêtant à 6 cm. au-dessus (du cardia. Roots et BÉGOUIN ont observé des bosselures des renflements ; d’ailleurs il est possible de trouver, à côté de dilatations régulières, des diverticules secondaires annexés à l’une des parois de la dilatation. KRAUSS rapporte un cas dans lequel la dilatation presque fusiforme présentait à sa partie inférieure une ampoule du volume d’une pomme, formée par une paroi fibreuse, faisant hernie à travers les fibres musculaires très hypertrophiées. H. STRAUSS a vu uri cas analogue. Les radiographies de notre Observation III montrent un diverticule à la partie supérieure de la dilatation.

Quelquefois cylindroïdes (LETULLE et MESLAY, BAUME, BEGOUIN, SARGNON et ARCELIN) elles sont aussi fusiformes ; et sur 16 observations avec autopsie qu'avait recueillies. GOUDET, il y en a 8 avec dilatation fusiforme. En réalité, cylindre et fuseau ne sont pas d’une exactitude parfaite, car l'axe de la dilatation ne passe pas par le centre des deux pôles cardia et orifice cricoïde ; une paroi est plus dilatée que l’autre même dans les cas pris au début de l’évolution. Il est évident qu’allongé et élargi le trajet devient onduleux, il se forme pour ainsi dire un tassement à la partie inférieure. Ordinairement c'est la paroi droite qui paraît la plus dilatée, d’où une déformation légèrement sacciforme. Les auteurs (GRISCTI après BAUDIN) invoquent divers motifs pour expliquer cette inégalité ; direction normalement oblique de l'organe qui fait que le bol alimentaire presse plus sur la paroi droite que sur la paroï gauche. À gauche, le cœur serait par sa situation, comme par ses battements rythmiques, un obstacle à la formation de l’ectasie, tandis qu’à droite l'œsophage est en rapport avec le tissu cellulaire lâche du médiastin.

Si, au contraire, nous examinions la dilatation en place dans le médiastin, la forme changerait. Malheureusement, de telles constatations anatomiques sont exceptionnelles. Celle de GREFFETH, dont nous reparlerons plus loin, ne nous apprend rien de particulier ; nous en sommes donc réduits à des images radioscopiques ou æsophagoscopiques sur lesquelles nous nous étendrons plus longuement dans un chapitre spécial.

Disons seulement que, vues par œsophagoscopie, les dilatations ont donné à Guisez des images de calebasse à fond

étalé sur le diaphragme avec des bas-fonds ou culs-de-sac

latéraux situés autour d’un cardia central surélevé, le culde-sac droit étant plus profond que le gauche. Les images radiographiques peuvent tantôt s'interpréter de la même façon, mais plus souvent elles ont donné l'aspect d’un tube sinueux, coudé sur lui-même à sa partie inférieure en une seule courbe, comme les sondes à béquille, où en une double courbure une sorte d’S allongé situé du côté droit (Obs. IIT), ces sinuosités étant toujours couchées sur l’hémidiaphragme droit. Ces images ne rappellent en rien l'aspect de la dilatation vue isolée ; mais ces déformations existent certainement sur le vivant, réglées par les conditions anatomiques et physiologiques probablement modifiées après la mort. Nos Obs. III, IV, V, apportent des radiographies qui nous mon-

trent d’une façon non douteuse ces sinuosités du conduit cæsophagien allongé.

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