IV. — Surface extérieure. Rapports
L’allongement de cet organe, inséré d’une façon assez rigide entre deux extrémités à peu près fixes, amène autant que sa dilatation des modifications dans les rapports de l'æsophage avec les organes voisins.
Nous n'avons pas trouvé d’autopsie où soit relatée d’une façon précise la situation des courbures de l’œsophage allongé en particulier, nous n'avons pas vu de cas où les courbures en S soient soudées entre elles d’une façon définitive par des adhérences comme dans les dilatations de l'uretère notamment.
Dans la plupart des observations avec autopsie, ( tissu cellulaire et médiastin sont sains », affirme BÉGoOUIx ; pourtant COGNARD parle de « quelques ganglions eñgor-
gés volumineux mais ne pouvant exercer qu'une compres-
RO Te
sion insignifiante ». Dans une observation rapportée par FAURE, il y avait au contact de l’æsophage des ganglions hypertrophiés, probablement tuberculeux. De rares auteurs parlent de laspect congestionné de la surface externe de l'œsophage. Mais nous n'avons vu dans aucune observation qu'il soit question d'une façon très précise de l’état du médiastin postérieur. 11 faut d’ailleurs reconnaître que cette notion de médiastinite chronique n’est pas de date très ancienne et encore aujourd’hui n’est pas élucidée complètement au point de vue anatomo-pathologique. D'ailleurs, pour les auteurs, c’est là l’indice d’une complication. BaRD parle au cours de l'intervention de quelques petites adhérences lamelleuses disséminées de la région du cardia, à la rate et au foie sans aucune modification du cardia lui-même. BRAINE a vu des modifications du diaphragme périæsophagien.
Pour les auteurs, les rapports avec les autres organes du médiastin sont ordinairement peu changés ; cela paraît contradictoire avec les images radiographiques dont nous parlerons plus loin où l’æsophage, trop long, s’est affaissé sur le diaphragme. BARD, ŒTTINGER et CABALLERO parlent, sans l’avoir constaté anatomiquement toutefois, d’œsophage couché sur le diaphragme, le déprimant à droite et en arrière du cardia qui se trouve alors situé à un niveau supérieur de telle sorte que l’œsophage remonte pour ainsi dire au lieu de descendre vers l’orifice diaphragmatique formant ainsi à ce niveau une sorte de repli, de pseudovalvule.
S'agit-il d’une différence de station assise pour la radiographie couchée pour le cadavre ? Ce n’est pas le cas ù la radiographie est faite couchée (Obs AILUIM NV) mais
la rigidité cadavérique, la tête en extension modifie peutetre l'emplacement de l'œsophage; peut-être qu'aussi les examens macroscopiques, organes en place, n’ont pas toujours été faits avec la plus grande minutie. Mais l’observation de GREFFETH nous a paru particulièrement intéressante à ce point de vue. L’œsophage, examiné avant le déplacement des viscères thoraciques, se présentait comme une masse fluctuante faisant saillie dans la cavité pleurale droite et ceci presque jusqu'à son passage au travers du diaphragme ; un peu au-dessus de celui-ci, 1l passait subitement à gauche et se trouvait en rapport avec la plèvre gauche. Lorsqu'on gonflait les poumons après les avoir séparés du corps, on trouvait une large et profonde dépression sur la face interne du poumon droit et une très petite sur la même face du poumon gauche. Ces dépressions existent même lorsqu'on introduit une très grande quantité d'air. C’est la seule observation que nous ayons trouvée où les organes aient été soigneusement examinés sur place; aussi, malgré le peu de détail, il nous semble quand même que c’est une véritable confirmation, à-vrai dire inutile, des. images radioscopiques démonstratives si justement interprétées par M. le professeur BARD.
Cette observation de GREFFETH montre encore une autre modification des rapports de l’æœsophage intéressante à connaître. L'œæsophage présente une encoche bien marquée qui siège à la jonction du huitième pouce en haut et du sixième pouce en bas et qui indique où l'aorte presse le tube; l’aorte s'est imprimée sur l’œsophage au point où celui-ci franchit la ligne médiane en ramenant la portion déviée à droite vers son orifice diaphragmatique resté
médian.