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Spasmodiques et dysphagiques si fréquentes chez tous les malades. Ces crises peuvent être répétées à un tel point qu’elles constituent un des symptômes de la période d'état. Cependant, dans certains cas, elles sont si prolongées qu'’elles peuvent être une complication dangereuse ; elles provoquent une intolérance œsophagienne totale, absolue, qui peut durer plusieurs semaines, d’où des troubles de desquamation palmaire et plantaire (PLANTIER) et surtout une dénutrition inquiétante ; ŒTTINGER et CABALLERO citerit le cas d’une malade où l’acidose urinaire, la gravité de l’état général firent penser à un coma diabétique. Ces crises, en apparence, sont d’étiologie inconnue, mais on les voit le plus souvent se déclancher à l’occasion d’abcès dentaires, de sinusite (Obs. III), de troubles pulmonaires (Obs. V, VI), toutes causes de suppurations plus ou moins dégluties dans l’æœsophage.
2° C’est la propagation au médiastin et aux organes du médiastin de l’inflammation de la muqueuse œsophagienne ; il serait possible de voir une médiastinite suppurée comme le vit CHAPPET ; MATHIEU et LABOULAY rapportent l’observation d'un malade qui aurait présenté une aortite attribuée par les auteurs due à la propagation de l’inflammation œsophagienne à l'aorte par contiguité. Mais le même malade présentait une névrite optique, que les auteurs rattachaient à une infection à distance venue de l’œsophage ; pour notre part, il nous semble plus probable qu'aortite et névrite étaient causées par une syphilis méconnue. Les névrites par propagation au pneumo-gastrique où aux nerfs cardiaques sont peut-être à la base des vertiges où
crises syncopales.
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3° L'état inflammatoire de la muqueuse et des couches sous-jacentes nous explique encore quelques complications, soit spontanées, soit déclanchées par les examens auxquels sont soumis les malades.
a) C’est l'hémorragie ; elle est généralement peu abondante et sans danger pour le malade, mais elle pourra faire croire, au cours d'un examen, à une ulcération néoplasique par exemple.
b) Ce sont les complications septiques provoquées par un cathétérisme trop énergique. Signalons le phlegmon diffus chez une malade sondée deux fois par jour pendant huit jours ; c'est la perforation de la paroi postérieure de l’œsophage tel le cas de KELLING où le malade meurt de pleurésie et de septicémie après une perforation provoquée au cours d’un cathétérisme par un effort de vomissement.
C) Une complication particulièrement intéressante est la transformation néoplasique de la paroi de la dilatation.
Les auteurs, notamment GRISCTI, GOUDET en rapportent de nombreuses observations que nous n'avons pu toutes retrouver, mais ces cas existent ; les faits signalés par LETULLE et JACQUELIN, GUISEZ, BENSAUDE et Gué- NEAUX, GRUND, BARD, SARGNON, CADE et MORENAS sont démonstratifs ; FLEINER aussi prétendait que ces cas n'étaient pas rares et, pour lui, la dilatation dite idiopathique de l'œsophage serait une cause prédisposante au développement secondaire du cancer dans des proportions de 7,5 #. DESCHAMPS, dans sa thèse, dit que ces cancérisations des grandes dilatations œsophagiennes paraissent survenir chez les jeunes de préférence et il fait remarquer que
5 observations sur 9 qu’il apporte de cancers sur dilatations
sont chez des jeunes sujets. Il ne se prononce pas sur la part qu'il faut donner dans l'étiologie de cette transformation, soit à l'inflammation chronique entretenue au niveau des ulcérations, soit à la leucoplasie constatée par GUISEZ ; soit, au contraire, à la malformation tissulaire mise à la base du mégaæsophage. Quoi qu'il en soit, le néoplasme le plus souvent de type ectodermique muqueux, parfois à globes cornés, ne se développe pas toujours aux dépens des lésions ulcéreuses ou cicatricielles signalées au niveau du cardia ; il peut naître sur une des faces de la dilatation, alors sa symptomatologie en est très fruste ; les douleurs violentes rétrosternales et vertébrales étaient telles dans le cas de M. CADE qu'elles avaient fait croire à la possibilité d'un mal de Pott : l'apparition d’hémorragie, l'augmentation des régurgitations devront y faire penser, mais seul l'examen œsophagique fera un diagnostic de certitude ; la radiographie, elle, pourra montrer au milieu de la dilatation un flou des contours ou une encohe, une image lacunaire, comme dans un cas de BARD, qui feront aussi le diagnostic.
Il faut savoir que, dans certains cas, celui de LETULLE et JACQUELIN notamment, le néoplasme peut, disent les auteurs, être la première manifestation clinique d'une dilatation idiopathique jusque-là méconnue : le diagnostic de néoplasme œsophagien est porté et c'est la radioscopie où l'æsophagoscopie qui montre la poche sur laquelle s'est
développée secondairement le cancer.
Pourtant, en relisant la thèse de LaNNots sur les dila-
tations sus-jacentes à des cancers de l’œsophage, il nous . x Pa ‘ sr ; 7 ie
est venu à l'idée que peut-être certains cancers de l'œso-
phage donnaient, de par les lésions anatomiques qu ils pro-
duisent comme nous le verrons plus loin, non pas unesténose, mais une dilatation de l'œsophage ; il ne faudrait donc pas, dans les cas où le néoplasme est la premièremanifestation, parler toujours de dégénérescence maligne d’une ulcération de mégaæsophage. Il n’en reste pas moins. vrai que la cancérisation de la paroi d’une dilatation idiopathique est possible, qu'elle se voit plus spécialement chez les jeunes et qu’elle aggrave singulièrement le pronostic de cette affection.
Ce sont ces complications et particulièrement la der-
nière qui assombrissent le pronostic de cette affection.
CÉAPIRRE