‹ Contribution à l'étude des Dilatations dites idiopathiques de l'Esophage: Rôle pathogénique des lésions acquises des tuniques musculairesChapitre 33 sur 41 · PLANCHE · texte numérisé non relu

PLANCHE

Service photographique de l'Université de Lyon

paraissait satisfaire la malade qui, sans raison apparente, sans modification préalable de son habitude, se suicida en se jetant par la fenêtre. |

Autopsié le 19 novembre :

Elle montre, en dehors des lésions traumatiques (fractures du côté hémothorax) :

1° D'une part, au niveau du médiastin supérieur et antérieur, sous le corps thyroïde, en avant, et de part et d’autre de la trachée, une tumeur du volume du poing constituée par des masses arrondies revêtant l'aspect, la couleur et la consistance des ganglions hypertrophiés (peut-être néoplasiques) ; à la coupe, ils ne sont ni caséifiés ni même ramollis ; les uns sont jaunes clair, les autres bigarrés de points hémorragiques ; certains sont très fermes, d’aspect marron cru ;

2° D'autre part, dans le médiastin postérieur, en avant de la colonne, un volumineux œsophage assez régulièrement dilaté, peut-être davantage à sa partie inférieure, ayant da taille d’un côlon transverse ; sa surface externe en est lisse, de couleur rosée et sans coudures apparentes, mais avec de légères bosselures. La dilatation débute en entonnoir à 3 ‘em. au-dessous du cartilage cricoïde et se termine de même au niveau de l’orifice diaphragmatique.

L’œsophage ouvert longitudinalement et étalé, mesure 31 cm. de longueur ; 5 em. de circonférence au-dessous du cricoïde ; o cm. à 22 cm. au-dessus du cardia ; 13 cm. à sa partie la plus élargie (9 cm. au-dessus du cardia) ; les 3 derniers centimètres audessus du cardia ont une circonférence de 4 em. 5 environ. (Plan I, Obs. I.) Débarrassé des résidus alimentaires en bouillie dont il était rempli, il présente une muqueuse blanc nacré à surface irrégulière, lamelleuse en certains points, fissurée avec, par places, de petites zones ecchymotiques et même exulcérées sans que ces ulcérations revêtent l'aspect néoplasique. L'aspect plissé de la muqueuse est caractéristique (plis longitidunaux et transversaux). La paroi paraît régulièrement épaissie surtout dans la région susdiaphragmatique véritablement pylorisée. L’orifice diaphragmatique, de même que le cardia, admettaient facilement le passage du doigt ; fl n’y a à leur niveau aucune sténose organique, aucune lésion macroscopique.

L'estomac est régulièrement diminué de volume mais exempt de toute altération macroscopique. La région pylorique et le duodénum sont normaux.

Les poumons, minutieusement examinés, ne présentent pas de lésions tuberculeuses dans leur parenchyme, même pas de cicatrice ancienne ; on constate seulement un adénopathie hilaire discrète et une légère adhérence interlobaire.

Le cœur est petit, pèse 190 gr. ; les reins sont normaux.

Le foie, d'aspect normal, pèse 1.450 gr. ; la rate hypertrophiée (210 gr.), ne présente pas de lésions macroscopiques.

Nous n'avons pas trouvé d'anomalie ou de malformations viscérales.

Nous avons ultérieurement cherché les pneumogastriques, mais nous n’avons pu les retrouver ; en tous cas nous pouvons dire qu'ils n'étaient pas adhérents d’une facon anormale à l'œsophage.

En résumé : mégaæsophage et tumeur médiastinale ganglionnare.

Examen histologique (Laboratoire de la iclinique N° 81).

Des prélèvements ont été faits :

1° Au miveau du sommet du poumon droit où sur la plèvre un petit point blanchâtre avait été observé, il ne s'agissait que d’un léger épaississement du feuillet viscéral sans aucun signe de bacillose ancienne ou récente ;

2° Au niveau des ganglions médiastinaux, en plusieurs points, pour avoir l'interprétation des divers aspects macroscopiques. En résumé, nous dirons qu'il ne s'agissait nulle part de ganglions tuberculeux ou néoplasiques, mais que les diverses coupes nous ont toujours montré les figures classiques de la lympho-granulomatose à ses différents stades avec son éosinophilie locale, avec les cellules de STERNBERG, très atypiques, d'aspect pseudo-néoplasique, avec la sclérose épaisse du ganglion ;

3° Des prélèvements de la paroi œsophagienne ont été faits en différents endroits :

a) À la partie supérieure où commence la dilatation ; b) Au 1/3 inférieur de la dilatation au niveau d'ulcérations ; c) En d'autres parties non ulcérées de la dilatation ;

d) À la région cardio-diaphragmatique.

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