OBSERVATION
R..., cinquante-cinq ans, entre à l’hôpital le 19 janvier pour une tumeur de la fosse iliaque droite. Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires. Rougeole et scarlatine, érysipèle de la face dans l’enfance; embarras gastrique fébrile entre trente-cinq et quarante ans; s’enrhume facilement et longuement; rien qui puisse faire penser à la syphilis. Marié, sans enfant; sa femme n’a jamais eu de grossesse.
Les premières manifestations de l’affection actuelle paraissent remonter au mois de juin 1920. Elles apparurent sous forme de erises de coliques débutant par la région épigastrique, se généralisant ensuite à tout l’abdomen. Pas de vomissement au cours de ces crises qui ne paraissaient pas s’accompagner de réaction péritonéale; le seul soulagement qu'y apportait le malade consistait, en effet, à se comprimer fortement l’abdomen. Les phénomènes douloureux duraient parfois plusieurs heures, disparaissant progressivement, sans aboutir jamais à une émission gazeuse ou fécale.
Dans l'intervalle d’une quinzaine de jours qui séparait les crises, le malade ne ressentait pas la moindre souffrance ; selles quotidiennes pâteuses; aucune émission glaireuse, sanguinolente ou sanglante.
Cet état dura environ six mois, au cours desquels le malade perdit progressivement l’appétit et les forces, et constata de l’amaigrissement. Pour la première fois, dans les ‘premiers
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jours de décembre 1920, la douleur qui débuta, comme toujours, à l’occasion d’une crise, dans la région épigastrique, se fixa, à la fin, dans la fosse iliaque droite. Depuis ce moment, le malade éprouve dans cette région une sensation de gêne, de pesanteur, de tension, ainsi que quelques élancements.
Le premier examen médical date de cette époque; il ne révéla rien de précis. Le malade attirait l’attention sur la région du canal inguinal reconnu parfaitement libre; les éléments d’un syndrome appendiculaire furent soigneusement, mais vainement recherchés. Il en fut de même de ceux d’un syndrome d’atrésie ou de rétention intestinales. La palpation profonde de la fosse iliaque dénotait seulement un vague empâtement.
Le malade revint consulter le 12 janvier, parce que les douleurs persistaient et parce que, depuis trois jours, une tuméfaction était apparue dans la fosse iliaque droite.
Amaigrissement très accentué depuis le dernier examen.
A ce moment, il présentait les symptômes suivants : selles quotidiennes, pâteuses, peu abondantes à la vérité : mais rien qui indique une atrésie locale de l'intestin.
Douleurs continues, parfois à paroxysme lancinant dans la région de la fosse iliaque droite.
Ce qui frappe au premier abord, c’est une voussure au-dessus de l’arcade, à grand axe transversal, et légèrement oblique en bas et en dedans, affleurant par son pôle inféro-interne à l’orifice externe du canal. Pas de modifications dans l’aspect des téguments, sauf la présence d’un maigre réseau veineux sous-cutané.
A Ja palpation, qui éveille une très légère sensibilité, les plans superficiels de la paroi abdominale de couverture, nullement contracturée, sont mobiles sur la tumeur. Les contours de cette dernière se délimitent aisément de toutes parts sans difficultés, sauf à la partie inférieure et en arrière, et l’on a comme l'impression d’un pédicule se dirigeant vers l’arcade. Surface régulière, élastique, ferme; volume d’un gros œuf de poule. Pas de mobilisation possible, sauf peut-être une légère mobilité dans le sens transversal. La tumeur paraît fixée dans la profondeur et faire corps avec les plans musculaires pro-