I. — Historique
Les premiers cas de diverticules de l’appendice ont été décrits par Edel, en 1894 : ils sont donc de date relativement récente. Jusque vers 1890, en effet, la pathologie de l’appendice était assez mal connue : on n’ignorait pas cependant les lésions de cet organe, mais elles passaient au deuxième plan et il était classique, en face d’une crise appendiculaire, de poser le diagnostic de typhlite. Les chirurgiens américains les premiers ont substitué à cette ancienne doctrine la notion de l’appendicite qu’ils ont véritablement créée.
L’attention attirée sur cet organe, de nombreux auteur$ en ont poursuivi l'étude et, en ce qui concerne les diverticules particulièrement, les observations et les communications se sont multipliées. Dans ce. court résumé, nous ne retiendrons que les travaux importants écrits sur la question. Letulle ct Weinberg (1897), Lejars et Ménétrier (1904) signalent plus spéciale-
ment les diverticules inflammatoires et en rapportent de belles observations. Elbe (1909) décrit cinq cas personnels. Puis viennent les articles de Konjetzny (1909), Lecène (1911), Lejars (1911 et 1912), Sissojeff (1911), Mac Carty et Mac Grath (1911, Statistique des frères Mayo).
MM. Bérard et Vignard (1913) et leur élève Lorillou (Thèse, Lyon 1912-1913), traçent une vue d’ensemble de la question et adoptent une classification précise des diverticules. Les articles de Chauvin (Gazette des Hôpitaux, février 1920) et de Grynfeltt et Chauvin (Archives des Maladies de Appareil digestif et de la Nutrition, 1920) constituent une bonne mise au point des travaux antérieurs : ces auteurs font une étude minutieuse et complète d’un cas personnel et, à ce propos, ils envisagent la question de la cicatrisation épithéliale des pseudo-diverticules inflammatoires.
Wilkie (1921) trouve des diverticules sur trois appendices carcinomatéux opérés par lui.
Lôhr (1922) en publie cinq cas très complets.
Il. — Fréquence.
Les chirurgiens enlèvent des appendices diverticulaires soit sur des malades atteints d’appendicite aigue ou chronique, soit ‘au cours d'interventions abdominales dans des cas assez mal déterminés et diagnostiqués seulement pendant l'opération lorsqu'on découvre l’appendice (tumeurs inflammatoires de la fosse iliaque droite et de la paroi abdominale, maladie gélatineuse du péritoine, etc.).
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Les anatomo-pathologistes également en rapportent plusieurs cas, découvertes d’autopsie.
Chaque année, la littérature médicale s'enrichit de nouvelles observations, mais il est difficile d’établir une statistique exacte, un pourcentage précis. Elbe, en 1909, avait pu réunir un total de 150 cas de diverticules appendiculaires, mais en y comprenant les kystes de l’appendice. La seule statistique importante que nous possédions est celle des frères Mayo, rapportée en 1911 par Mac Carty et Mac Grath : sur 5.000 appendices examinés, ces auteurs ont trouvé 17 appendices avec diverticules, soit un cas sur 300 environ. Lôhr compte quatre cas de diverticules inflammatoires sur 300 appendices enlevés. Hyvernaud (Le pseudo-myxome du péritoine d’origine appendiculaire, Thèse, Paris 1919-1920), publie 28 observations : dans 4 cas, les appendices myxomateux sont porteurs de diverticules.
En résumé, on peut dire que les diverticules de l’appendice ne sont pas très fréquents : cependant, ils n’en sont pas moins intéressants à connaître, comme nous le verrons dans les chapitres suivants.