II. — POUCES BIFIDES
Les pouces bifides consistent en deux pouces de déve-
loppement à peu près égal, dirigés plus ou moins parallèlement l’un à l’autre et supportés parun métacarpien unique. En somme c’est exactement comme sile pouce normal était partagé en deux branches parallèles produites par la segmentation totale ou partielle des deux phalanges destinées à former un pouce unique (fig. 7). La malformation siège très fréquemment aux deux mains. Les deux pouces provenant de cette bifurcation sont souvent enveloppés dans une gaine cutanée commune dans toute laportion correspondant à la première phalange et ne se trouvent alors séparés par un sillon qu’au niveau des phalanges unguéales.
En dehors de ces cas il en est d’autres où les deux pouces sont distincts l’un de l’autre à partir de leur articulation métacarpo-phalangienne : les phalanges peuvent avoir alors une direction plus ou moins parallèle, mais généralement lorsqu'il y a indépendance absolue entre les deux pouces, ils affectent une certaine disposition que certains auteurs ont qualifié de pouce en pince de homard (Daumenschere des auteurs allemands). Les deux phalanges divergent alors l’une de l’autre à partir de l'articulation métacarpo-phalangienne et s’articulent avec leurs phalangettes respectives en formant avec ces dernières un angle plus ou moins ouvert, qui regarde en dedans par le pouce externe et en dehors
pour le pouce interne.
Jaur
Bar
En dehors de ces cas où les deux pouces sont de développement à peu près égal, il en est d’autres où les deux doigts sont inégaux ou de formes inégales. Ces cas, devons-nous ajouter, sont relativement les moins fréquents.
Très rarement la colonne métacarpienne est modifiée. Les seules modifications qu’on y puisse constater siègent au niveau de la tête qui est un peu plus large qu’à l’ordinaire et qui présente le plus souvent deux surfaces articulaires ‘légèrement obliques, l’une en bas et en dehors, l’autre en bas et en dedans. Elles sont séparées par une sorte de crête cartilagineuse et destinées l’une et l’autre à chacun des deux pouces. Les deux articulations métacarpo-phalangiennes ainsi constituées ont presque toujours une synoviale commune. Quelquefois, on trouve au niveau de la tète des traces de bifurcation assez nettes.
La première phalange est assez souvent intéressée entièrement à la segmentation et il peut se faire que les deux phalanges ainsi formées soient unies l’une à l’autre par une sorte de membrane interosseuse (obs. XXXI).
Toutefois il est des cas où ces deux phalanges sont soudées l’une à l’une sur une partie plus ou moins grande de leur hauteur (fig. 8).
Cette partie commune peut n'intéresser que les épiphy'ses seules, les diaphyses étant complètement indépendantes l’une de l’autre (obs. n° XXVIII). Maisle plus souvent les deux diaphyses sont plus ou moins soudées l’une à l’autre, et la bifurcation siège alors près de l’ex-
trémité distale : il en résulte deux branches par consé-
quent assez courtes supportant chacune une surface articulaire pour la phalangette qui leur est destinée.
Il est enfin des exemples assez fréquents où la phalange n'entre pour rien dans la segmentation (fig. 9) : dans ces cas elle est de bien augmentée de volume et peut présenter alors un sillon longitudinal qui montre sa tendance à la division, ou bien de volume normal.
Dans ces cas la segmentation ne porte que sur la phalangette qui se trouve dédoublée. Les deux phalangettes dont l’une est généralement plus développée que l’autre, s’articulent sur la phalange qui présente deux surfaces articulaires adossées pour ainsi dire l’une à l’autre et orientées en sens opposé.
Telles sont les principales dispositions que l’on dresse le plus communément dans les cas de forces bifides. Il peut toutefois survenir certaines modifications du côté des articulations surtout du côté de l’articulation phalango-phalangettienne qui sur l’un des deux pouces peut faire défaut. Les deux phalanges sont soudées l’une à l’autre et il en résulte que toute une portion du pouce bifide est immobile et impropre à toute fonction.
Il est à noter que cela se produit surtout sur le pouce
le plus externe.
Anomalies dans la disjonction squelettique des pouces bifides
Il s’agit ici exactement comme pour les pouces surnu-
méraires de cas d’hrYpo et d’hrperphalangr'ie.
Hypophalangie. — Les cas d'hypophangie sont rares
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