‹ Contribution à l'étude des doubles poucesChapitre 14 sur 24 · TUE · texte numérisé non relu

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et consistent dans l’absence ou plutôt l’atrophie de l’une des phalangettes. Dans un cas que nous rapportons et qui est dû à M. le D°' Movwcxer, la phalange étant légère- . ment bifurquée à son extrémité distale,une des branches s’articulait avec une phalangette normale, l’autre était en contacl avec un noyau osseux véritable ébauche de phalangette (obs. n° XLVIIT. fig 12).

Hyperphalangie. — Dans les cas de pouces bifides, on est exposé à reconnaître l’hyperphalangie plus rarement que dans les cas de pouces surnuméraires.

Suivant le degré de développement qu'atteint la deuxième phalange l’hyperphalangie peut se présenter sous diverses formes que nous avons signalées pour les pouces surnuméraires, « la parfaite, la complète et l’ëincomplète ». On peut trouver toutes les transitions entre ces trois formes.

Suivant que les deux pouces sont à trois phalanges, ou que seulement l’un d’eux est hyperphalangié, nous aurons à envisager dans cette étude deux variétés principales.

1° Hyperphalangie des deux pouces (fig. 10). — Sur un premier métacarpien normal, s’articulent deux pouces plus grèles qu’un pouce normal, mais plus longs que lui puisqu'ils possèdent une phalange en plus. Les premières phalanges, comme nous l’avons vu plus haut, sont ouindépendantes l’une de l’autre, ou soudées l’une à l’autre sur une portion plus ou moins grande de leur hauteur. Elles s’articulent à leur extrémité périphérique avec une deuxième phalange qui, à son tour, s'articule à son autre extrémité avec une phalange unguéale. Ces deuxiè-

LÉANTE

mes phalanges peuvent atteindre toutes les deux le développement d’une deuxième phalange normale (qu’elles représentent) sur les‘deux pPouces,ou bien être de développement inégal, c’est-à-dire que sur l’un des pouces il y a une deuxième phalange à peu près normalement développée, tandis que sur l’autre, elle n’est représentée que par un noyau osseux plus ou moins volumineux ,qui présente souvent la forme d’un coin semblant s’intercaler entre la première et la troisième phalange (obs. n° XLVII).

2 Hyperphalangie de l’un des deux pouces (fig. 11). — Cette forme est assez rarement observée, HiLGENREINER en cite quatre cas, dont l’un emprunté à GRUBER présentait une première phalange commune. Cette phalange du coté radial s’articulait avec une phalangette et du côté cubital supportait deux phalanges. Ces deux pouces pouvaient se rapprocher l’un de l’autre à la façon d’une pince et tenir de petits objets.

Fozz (toujours d’après Damourerre) aurait décrit une préparation de la collection de Lyon, concernant une main avec double pouce, l’externe ayant trois phalanges, l’interne deux. Tous deux partaient d’un métacarpien unique et les deux premières phalanges étaient contenues dans une gaine cutanée commune jusqu’à la moitié de leur hauteur.

Il s’agit dans ces cas, la plupart du temps, d’hyperphalangie du pouce interne tandis que l’interne est à deux phalanges,

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Muscles et tendons. — Les pouces bifides possèdent une organisation ostéo-musculaire bien supérieure à celle des pouces surnuméraires et si, chez ces derniers, il est fréquent de ne trouver ni tendon ni musele, il est rare au contraire dans les cas de bifidité du pouce, de rencontrer l’un des deux doigts dépourvu de tout appareil musculaire.

Cauquer au cours d’une autopsie, ayant eu l’occasion de disséquer un pouce bifide, avait trouvé une disposition assez particulière qu’il signala à la Société d’Anatomie et que nous reproduisons ici à l'observation n° XXXI. Les muscles de l’éminence thénar étaient de volume plus faible qu’à l’état normal. L’opposant faisait défaut, le court abducteur se divisait en deux faisceaux pour les deux sésamoïdes, quise trouvaient l’interne devant l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce interne, l’externe devant celle du pouce externe.

Comme quelquefois le sésamoïde externe fait défaut, les muscles qui prennent normalement insertion surlui se fixent sur le pouce externe, et c’est alors que se vérifie l'opinion que Paur Broca avait émise au sujet des pouces surnuméraires, et qui s’applique plutôt aux pouces bifides qu’à ces derniers. (Il est juste de dire qu’à son époque on distinguait mal ces deux variétés.)

Quant aux tendons,ceux du long extenseur et du long fléchisseur propres du pouce se bifurquent généralement pour envoyer leurs deux branches à l’un et l’autre pouce.

Li est rare que les deux doigts aient leurs mouvements

indépendants. Il peut se faire néanmoins que, lorsque

DNS er les deux doigts sont séparés l’un de l’autre dès leur origine et constituent ce que l’on a appelé le pouce en « pince de homard » les mouvements sont distincts: on a affaire dans ces cas à des mouvements d’adduction et d’abduction des deux pouces par rapport l’un à l’autre. Ces mouvements sont sous la dépendance d’un appareil musculaire compliqué dont on connaît mal l’anatomie.

Dans d’autres cas, où la segmentation n’intéresse que les phalangettes, ces dernières peuvent être mobiles par rapport l’une à l’autre et former ainsien s’écartant une sorte de pince (rare). 4

Toutefois il est des exemples de pouces bifides où l’un des deux doigts est dépourvu de tout muscle et de tout tendon ; il s’agit surtout dans ces cas de pouces bifides ayant soit deux phalanges comprises dans une gaine cutanée commune, soit une seule phalange et deux phalangettes ; le pouce immobile est alors dépourvu de tout mouvement propre et ne peut alors que participer aux

mouvements d'ensemble (obs. n° 37).

Un résumé, grâce à leur organisation ostéo-musculaire généralement bien développée, grâce à leurs articulations fonctionnant bien et à leur direction qui s’écarte rarement de la direction d’un pouce normal, les pouces bifides constituent pour ceux qui en sont porteurs, une malformation beaucoup moins gènante que les jours surnuméraires. Il est même des gens qui, comme cet

ouvrier mécanicien dont parle M. FRENKEL, refusent

a 44 Ces n l'opération, parce que la malformation leur rend cer-

tains services dans la préhension des objets.

On voit donc par là que tant au point de vue Jonctionnel qu’au point de vue anatomo-pathologiqueon doit faire une différence bien caractérisée entre cés deux variétés de doubles pouces, pouces surnuméraires et : pouces bifides, différence que les anciens auteurs sem-

blent avoir totalement méconnue.

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