PAT UNE
Chifjonniers.
À la partie inférieure des lombes ilexiste trois bourses séreuses, avec épaississement de la peau, formant comme les trois angles d'un triangle isocèle à sommet tourné en bas. L'inférieure correspond exactement à la partie supérieure de la crête sacrée. Les deux supérieures sont situées à 2 centimètres environ au dessus de l’épine illaque postérieure et supérieure. Main droite en dedans plus calleuse que la gauche fe.
Ces lésions sont dues à la pression continuelle sur les reins de la hotte dont la partie inférieure contient toujours les objets les plus lourds. Les callosités de la main sont produites par le manche du crochet.
Cochers.
Les cochers tiennent les guides avec force entre le pouce et l'index d'une part et de l'autre entre les troisième et quatrième ou quatrième et cinquième doigts, des deux mains. Les signes varient beaucoup selon la manière dont chacun s’habitue à tenir son cheval.
Un seul signe à peu près constant, durillon dans Ja comissure interdigitale du pouce et de l'index
(1) Vernois, p. 119.
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droits. Les cochers ont une tendance à la flexion permanente des doigts.
CoifJeurs.
Les coiffeurs présentent des lésions analogues à celles que nous avons constatées chez les brossiers, lésions produites par l'action des anneaux des ciseaux et des fers à friser: durillon transversal à la face dorsale de l’annulaire et à la face dorsale et sous-ungucale du pouce de la main droite. La peau de la face palmaire, à la pulpe des doigts particulièrement, est amincie, lisse.
Cordonniers.
Les cordonniers offrent des signes professionnels très variés décrits différemment par les divers auteurs. Voici les stigmates qu'on trouve toujours : La dernière phalange du pouce des deux côtés est déjetée en dehors, la pulpe est aplatie. Le bord cubital du pli central de la main des deux côtés est dur, épaissi et forme quelquefois un sillon profond. Sur la face externe de l'index gauche, nombreux petits sillons noirâtres au niveau de l'articulation de la phalangine et de la phalangette. La peau et les ongles sont noirs, poisseux.
Sur la cuisse gauche, ou bien sur les deux cuisses à la fois, callosité très large, peu épaisse, de couleur foncée ; la peau, à cet endroit, est dépourvue de poils.
Une lésion plus remarquable est l'enfoncement du thorax produit par la forme malgré le plastron de cuir intermédiaire, C'est au niveau de l'articulation chondro-sternale des septième et huitième côtes que le sternum offre un creux profond, régulier, sans déformation sensible de la cage thoracique.
Les lésions des mains sont dues d’une part au passage répêté du fil enduit de poix, que les cordonniers appellent le ligneul, à l'usage du marteau et du tranchet. |
OBSERVATION V (Personnelle).
G. M..., 66 ans, cordonnier.
Entre dans le service ce M. Gaucher pour une bron: chite.
Il présente des lésions professionnelles très marquées; et tient à attribuer chaque callosité à un outil spécial.
Sur le bord cubital du pouce un petit tubercule corné produit par le tranchet Sur l’éminence hypothénar une large plaque ; peu épaisse également produite par le tranchet qui est tenu transversalement. Une barre traversant le milieu de la face palmaire correspond à la pression du manche du marteau. Ces lésions appartiennent à la main droite.
A la main gauche. — Sur le bord cubital de l’éminence hypothénar, un peu au dessus du pli central de la face palmaire, un sillons à bords très durs, très épais Ce sillon est produit par la traction sur le ligneul malgré l’interposition d'une ma-
nique.
Immédiatement au dessus du genou, sur les deux cuisses une plaque oblongue de $ centimètres de long sur 4 centimètres de large, de couleur noirâtre.
G. M...; ne présente aucune déformation du sternum,
Couvreurs.
Pour travaillerles couvreurs s'appuieñt constmament contre la surface des toits. Malgré le port degenouillères ils présentent une bourse prérotulienne qui souvent passe à la suppuration.
Ébénistes.
À la main droite qui tient habituellement la varlope ou lé rabot ils présentent les signes suivants:
1° Au bord externe de l'index de petites ecchymoses et toujours dés callosités épaisses vers lé sommet dé ongle ;
2° Des callosités äu bofd intérne du pouce, dont la dernière phalañge n'est pas dans le prolongement de la première ; S
3° Au milieu de là paume de la main entre l'éminénce hÿpothénar et lé pli d'opposition, il existé uné plaque calleüse produite par le rabot.
À la face palmaire de là main gäuche trois rangées de petits durillons, au nombre de quatre par chaque
À Le
rangée. La rangée médiane correspond aux éminences.
De la racine des doigts. La supérieure est à environ deux centimètres au dessus, ‘les plaques infé-
“rieures existent sur chaque doigt au dessous du pli
correspondant à l'articulation phalango-phalanginienne (Tardieu).
Fileuses dé lin.
Ces ouvrières présentent deux callosités au niveau de la région cubitale de la main gauche, face palmaire callosités séparées par une fissure qui n'est que l'exagération du pli palmaire inférieur, plus ou moins allongées dans le sens vertical.
La callosité supérieure, occupe le tiers moyen de la main, l’inférieure la racine du petit doigt. Ce sont les parties de la main qui portent surtout sur les ailettes au moment de l'arrêt forcé du volant.
L'éminence hypothénar est toujours hypertrophiée (1).
Fleuristes.
Le maniement du fer à gaufrer les pétales et les feuilles produit au centre de la face palmaire de la
(1) Vañnecloo, thèse, Paris, 1897.
VS
main droite un durillon épais, saillant, de forme irrégulière.
La main gauche fait tourner rapidement un fil de laiton autour duquel l'autre main enroule une bande de papier; le frottement de ce fil produit à la longue un épaississement marqué des extrémités du pouce et de l'index.
Ecailleres.
Il existe à la main gauche un durillon épais coupant transversalement l'éminence thénar, des durillons à la base des doigts, sauf le pouce.
À la main droite une callosité au côté cubital de la dernière phalange du pouce, au centre de sa pulpe, ainsi qu'à la face radiale de l'index et à la base de tous les doigts.
Les lésions de la main gauche sont produites par la contention énergique de l'huitre, les lésions de la main droite par l'action du couteau.
Les écaillères qui se servent d'un instrument spécial pour ouvrir les huitres ne présentent pas ces lésions ; mais l'usage n'en est pas très répandu. Plus souvent elles protègent leur main gauche d'un épais morceau
de laine.
F'orgerons.
Les mains du forgeron sont fortes irrégulières, uniformément calleuses ; Ce sont des mains de manou-
dei hs. :
vrier. Il présente un signe distinctif, des cicatrices blanchâtres sur les avant-bras, le gauche surtout.
Les callosités proviennent de l’action du marteau et des tenailles qui saisissent le fer à forger. Les cicatrices sont les traces des brülures produites par les étincelles venant du fer soumis au battage et du foyer de la forge.
Frotteurs de parquets.
Au pied droit les frotteurs portent un durillon et souvent une bourse séreuse, au niveau du coup de pied, roint où passe la bride de la brosse. À la main droite, la pression du bâton qui leur sert de soutien produit un durillon au milieu de la face palmaire.
Les muscles des mollets sont très développés.
Houilleurs (ouvriers à la veine).
Les mains sont fortes, noires; toute la face palmaire est calleuse. Les houilleurs présentent fréquemment des bourses séreuses vers la moitié inférieure de la rotule, et au devant de l’olé-crâne.
Ces ouvriers travaillent souvent dans des galeries très basses, très étroites, les parties saillantes des membres, coudes et genoux sont en contact avec les parois (1).
(1) Bæns-Boisseau. — Traité pratique des maladies, des accidents et des difformités des houïilleurs, Bruxelles, 1862.
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Imprimeurs (compositeurs).
Ces ouvriers présentent un durillon assez petit avec dépression de la pulpe, à l'extrémité antérieure et externe de la face palmaire du pouce de la main droite. Ce durillon est produit par la pression exercée par le pouce sur les caractères pour les faire entrer et les maintenir à leur place.
Vernois décrit une plaque calleuse sur le bord cubital de la main droite qui serait due à ce fait que la main sur le bord tranchant de la casse au moment du repos. Sur plusieurs typographes, chez lesquels nous avons recherché ce signe, nous ne l'avons pas trouvé. -
Joueurs de harpe.
Durillon au côte externe de la dernière phalange du pouce des deux mains. Etat parcheminé des pulpes des quatre premiers doigts.
Plaque d'épiderme épaissi sur le tiers externe de la clavicule droite, produite par la pression de l’instrument sur cette région. Chez les hommes seulement il peut exister une callosité sur la face interne de la cuisse gauche.
Les joueurs de guitare présentent les mêmes lésions, mais à la main droite seulement.
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Joueurs d'orgue de Barbarie.
Le joueur d'orgue ambulant qui porte son instrument sur le dos et l'appuie lorsqu'il joue sur la partie antérieure de la cuisse, présente au dessus du genou un épaississement très marqué de l'épiderme. La main droite qui tourne la manivelle porte un durillon entre le pouce et l'index. (Tardieu.)
Joueurs de violon.
Les joueurs de violon présentent de légères indurations sur les pulpes des quatre derniers doigts de la main gauche, dues à la pression de ces doigts sur les cordes. Ces indurations siègent vers le bord cubital, a l'extrémité de la pulpe, au niveau du bord libre des ongles. |
Main droite. Les extrémités des doigts sont indurées, spécialement celles du pouce et de l'index; ces dernières lésions sont dues au maniement de l'archet.
Joueurs de violoncelle, de contre-basse.
Les violoncellistes et les contre-bassistes offrent des lésions très analogues à celles des violonistes, mais bien plus marquées. Les durillons des quatre derniers