‹ Contribution à l'étude des durillons professionnelsChapitre 9 sur 21 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Complications.

Les complications des durillons sont fort nombreuses, mais le plus souvent peu graves. Parmi les plus fréquentes il faut ranger les fissures ou crevasses. Chez certains ouvriers qui ont les mains constamment dans l’eau, elles existent pour ainsi dire à l’état normal. Ces crevasses qui intéressent quelquefois le derme et finissent par être de véritables ulcérations sont gênantes par les douleurs violentes qu'elles provoquent. Elles sont douloureuses surtout au moment du réveil quand la main n'est pas encore assouplie par le travail. Les fissures sont une source permanente d'infection en offrant une porte d'entrée aux microbes pathogènes ; de là presque toutes les autres complications du durillon, lymphangite, phlegmon, abcès et panaris.

Sous le durillon, surtout au moment où il est encore en voie de formation, il se forme assez souvent une bourse séreuse, qui finit par suppurer. Ce sont ces petits abcès sous-cutanés ou simplement sous-épidermiques qu’on désigne sous le nom de durillons forcés.

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Ces abcès se réduisent généralement à leur forme clinique simple quand ils se produisent au niveau des éminences thénar et hypothénar, anatomiquement séparées du creux de la main par une cloison cellulofibreuse, très mince, mais cependant assez résistante pour imiter la suppuration. Dans le creux de la main où l'infection se propage plus facilement et où se trouvent placés tous les organes importants de la région les durillons forcés sont d'un pronostic plus sévère.

Une complication également fréquente est le panaris. Cette affection est plus ou moins grave selon qu'elle atteint une ou plusieurs phalanges, suivant qu'elle frappe primitivement ou secondairement la gaine tendineuse du muscle fléchisseur. Enfin suivant qu'elle frappe les trois doigts du milieu, ou bien le pouce et le petit doigt dont les gaines tendineuses communi-: quent avec celles du poignet.

Il est une autre complication qui ne se montre que chez les vieux ouvriers. C’est la rétraction d'un ou de plusieurs doigts, avec flexion vers la paume de la main, tout comme dans l'affection décrite par Dupuytren sous le nom de rétraction de l'aponévrose: palmaire. Les doigts ne peuvent plus être portés complètement dans l'extension. Dans les cas auxquels je fais allusion, on ne trouve ni brides sous-cutanées comme dans la rétraction de l’aponévrose palmaire, ni corde rigide et inextensible comme dans la rétraction des tendons due à un spasme du muscle fléchis-

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