‹ Contribution à l'étude des dysenteries et de leur traitement chirurgicalChapitre 22 sur 82 · I. — Résections coliques · texte numérisé non relu

I. — Résections coliques

Tout d’abord, nous citerons pour mémoire ces opérations dont le principe est tout différent; elles visent à la suppression pure et simple de la portion intestinale malade (1), suivie d’entéro-anastomose ou. de colostomie.

Quoique le cas de Barling (23) ait été suivi de guérison, nous pensons qu’il faut absolument proscrire cette opération. En effet, ce cas est le seul, à notre connaissance où l’on ait pratiqué, de propos délibéré une résection pour dysenterie. Il est vrai que le malade présentait un rétrécissement de l’intestin, rendant légitime la résection. Mais nous ne trouvons rien de semblable dans les cas nouveaux que nous citons, et si Leveuf et Heuyer ont été conduits à pratiquer cette intervention (58), c’ést qu'ils pensaient être en présence d’une tuberculose cæcale. L'observation 58, en montrant la généralisation des ulcérations à tout le gros intestin, montre bien à quel point la résection est une opération illogique dans

(1) Signalons ici que, d’après Gant, la résection de tout ou partie du côlon serait indiquée lorsque l'aptitude fonctionnelle de l'intestin est irrémédiablement perdue du fait d’ulcérations étendues, cicatrices, rétrécissements, etc. — Il n’hésiterait pas, dit-il, à enlever le côlon tout entier jusqu’au rectum en de telles circonstances. Maïs dons son article, qui s'applique également aux cas de dysenterie, nous n’avons point trouvé mention de telle opération pratiquée en ces cas.

QU mes

la dysenterie et nous avons vu qu’on retrouve cette généralisation dans presque toutes les observations. De plus, les observations de Leveuf et Heuyer montrent que les malades à opérer sont généralement dans un état très grave, soit du fait de leurs ulcérations (dysenteries aiguës), soit en raison de leur cachexie (dysenteries chroniques) et s'ils peuvent Supporter une intervention simple êt rapide, ils sont tout à fait incapables de faire les frais du grand traumatisme qu’impose une résection (58).

Page 1