‹ Contribution à l'étude des dysenteries et de leur traitement chirurgicalChapitre 26 sur 82 · V. — Cæcostomie large · texte numérisé non relu

V. — Cæcostomie large

Nous tenons à mettre cette intervention tout à fait à part. En effet, la cæcostomie n’est pas un anus contre nature, car les opérés de Leveuf et Heuyer continuaient à avoir des selles. D'autre part, elle n’est pas une simple fistulisation puisque la plus grande partie des matières s'écoule par l’orifice opératoire.

Quoi qu'il en soit, cette opération, après éliminations successives des interventions précédentes, nous apparaît comme étant la seule répondant au but que se propose la traitement chirurgical : seule en effet, elle permet la dérivation suffisante des matières du gros intestin tout entier, et

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ce résultat est obtenu avec un traumatisme opératoire minimu; de plus, de par la position déclive du cæcum, les matières n’ont que peu de tendance à remonter ddns le gros intestin, et par conséquent, il est inutile de chercher la formation d'un éperon, ou de rétrécir le segment exclu, toutes complications inévitables dans les colostomies, si l’on veut empêcher le cheminement des matières vers le rectum. Enfin, la cæcostomie donne un large accès pour les lavages médicamenteux destinés à modifier les ulcérations.

Tous ces avantages font de la cæcostomie l'opération idéale, et c’est ici qu’elle irouve son indication majeure : « nulle opération ne l’égale en effet », dit Catz dans son étude.

De quelles critiques, toutefois, est-elle passible? Sans doute, apporte-t-elle aux patients une pénible infirmité. Mais cette infirmité n’est que temporaire le plus souvent. = Elle peut cependant, dans de rares cas, devenir définitive,

mais dans ces cas (2), (3), (13), il y avait un rétrécissement de la lumière intestinale (2), (13), ou bien il s’agissait d’une dysenterie ancienne (3) permettant de supposer que l'intestin était rétréci. Si le rétrécissement était étendu, aucune autre opération n’eût été susceptible de guérir le malade.

D'ailleurs, en général, la cæcostomie est la seule opération indiquée, et sans parler des cas de dysenterie suraiguë auxquels Jacob fait allusion, des cas de dysenterie foudroyante en quelque sorte (Herrick) « où la cæcostomie se présente comme une véritable opération d'urgence, seule capable d’arracher le malade à la mort », nous pensons que les cas où l'anus est intarissable sont précisément les cas de dysenterie chronique particulièrement graves et rebelles où la cæcostomie est si manifestement indiquée et où toute autre intervention (l’appendicostomie par exemple) serait notoirement insuffisante.

D'ailleurs, Jacob pense, lui aussi, que « si l’on se trouve en présence d’une colite chronique sclérosante, avec ulcérations propagées au rectum et à l'anus, s’accompagnant de fièvre, de douleurs vives exacerbées par les selles ou les tentatives de lavement mieux vaut recourir d'emblée à la

cæcostomie. ;

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