‹ Contribution à l'étude des dysenteries et de leur traitement chirurgicalChapitre 34 sur 82 · GODLEE. = Dysenterie chronique. Colostomie gauche. Mort · texte numérisé non relu

GODLEE. = Dysenterie chronique. Colostomie gauche. Mort

Femme qui avait eu la dysenterie aux Indes. Après un accou- “chement, elle eut une phlébite et un abcès au foie, dont: elle guérit. La dysenterie reparut et je pratiquai la colostomie gauche à laquelle je préférerais d’aïlleurs maintenant la colostomie droite. À l'ouverture de l'intestin, je trouvai la muqueuse hérisséé de petites tumeurs polypeuses. - à +

A la suite de l'intervention, la dysenterie et l'état Dee

s'améliorent et la malade fut débarrassée k tous ses symptômes

d'irritation intestinale. Malheureusement, sa phlébite reparut et la mort s'en suivit.

9. STEPHAN et de SCHILFGAARDE, (d'Amsterdam). — Dysenierie chronique, Colostomie iliaque gauche. Guérison. (Résumée.)

Malade de 26 ans, chauffeur d’une Compagnie Haroe I] fait le service des Indes depuis 1889. Il a toujours été bien portant. Rougeole dans l'enfance. Il nie toute syphilis : Huit semaines avant son entrée à l'hôpital, il est pris de fièvre : ses selles sont sanglantes ; il a des douleurs de tête et plusieurs fois par jour, il a avec un violent ténesme des évacuations composées uniquement de. sang et de pus. Il est très amaigri et se plaint d’une faiblesse croissante.

A son entrée, om constate surtout une anémie extrême ; la langue n’est pas chargée, l'appétit est suffisant, pas de douleurs d'estomac. Ce n’est qu'à l'examen de l’abdomen et des matières que l'on constate quelque chose d'anormal. L’abdomen n'est pas tendu, il est mou et l'on perçoit dans le bas venire, en palpant profondément, un cordon situé au-dessus de l’arcade fémorale et parallèlement à elle, et légèrement sensible à la pression:

Les selles, qui s'accompagnent parfois de légères douleurs

abdominales se composent de matières dures et liquides ; elles sont souvent suivies d'une évacuation abondante de sang et de pus mélangés, s'accompagnant d’un violent ténesme.

Il y a parfois de la fièvre, mais en somme, la température ne s'élève pas beaucoup.

Le 19 août 1894, on trouve dans une selle quelques anneaux de tœnia etsle 20, on lui administre 20 capsules d'extrait éthéré de fougère mâle, ce qui a pour résultat de le débarrasser d’un tœænia mediocanellata.

On porta le diagnostic de Dysenterie et le traitement fut dirigé en conséquence. Le malade fut mis à la diète et soumis à une thérapeutique médicamenteuse. Successivement, il prit de d'huile de ricin, du sous-nitrate de Bismuth, ‘une solution gommeuse avec de l'HC! et du laudanum, du tanin avec dé l’acétate de plomb,-une macération, dans du vin rouge d'extrait de grenades et d'écorce dé sima-ruba, tout cela sans résultat. On lui donna également des lavements avec du tanin et du nitrate d'Ag ; mais le malade ne pouvait les garder ; aussitôt qu'une petite quantité était injectée, il ressentait des épreintes douloureuses, et le liquide ressortait par l’anus.

L'état général devenait de jour en jour plus mauvais et le malade, qui à son entrée, en juillet, pesait 64 kilos et demi, ne pesait plus que 55 kilos et demile 3 octobre.

L'’anémie prit des proportions inquiétantes ; le visage du malade était complètement blafard.

Dans ces conditions, étant donné l’insuccès de la thérapeutique rationnelle, je me demandai si une intervention UE cale ne pourrait pas sauver le malade.

Les raisons sur lesquelles je basais cette idée étaient :

1° L'impossibilité de traiter localement le côlon d'une Ft convenable ;

2° L'effet favorable bien connu de ne colostomie sur le cancer du rectum ;

2° Le fait que la Dysenterie commience constamment dans le rectum et dans l'S iliaque, et s'étend de là jusqu'à la valvule iléo-cæcale en empiétant quelquefois sur la terminaison de l’iléon. .

En pratiquant une laparatomie chez ce malade, on pourrait, après avoir ouvert le ventre et s'être assuré qu’il n'y avait vraiment ni cancer, ni autre tumeur comme cause des accidents, pratiquer la colostomie, établir un anus contre nature, par lequel on traiterait directement le segment d’intestin malade.

Opération. — Le 3 octobre 1894, la laparotomie fut pratiquée par M. de Schilfgaarde, chirurgien de l'hôpital.

Incision sous-ombilicale au niveau du bord gauche du muscle äroit (gauche).

L'intestin grêle se présenta, et à côté, l'anse sigmoïde dont la paroi semblait épaissie. -

Le péritoine pariétal fut suturé au péritoine viscéral de l’anse Sigmoïde, et le 5 octobre, on établit avec le thermocautère une fistule fécale.

Quelques jours après, on commença un traitement local : bismuth, puis tanin et nitrate d'argent. Après l'opération, la plus grande partie des matières sortit par la fistule.

L'état général s’améliora, le poids augmenta rapidement ; le 2 octobre, jour de l'opération, il était de 53 kilos ; il remontait, le 23 novembre, à 58,2 , le 23 mars à 65, le 27 avril 1895 à 70. Ï'anémie seule était très lente à se dissiper.

À la fin de février, l'état du malade était assez satisfaisant pour que l’on put penser à fermer l'anus contre nature, et au commencement de mars, le malade commença à manger comme tout le monde. :

La fermeture de l'anus ne réussit pas complètement ; il resta une toute petite fistule par laquelle passaient souvent des imatières, mais toujours en très petite quantité, presque tout passant par le rectum sans pus ni sang. ;

u milieu d'avril, il ne passait plus de matières par la fistule, mais seulement quelques gaz ; depuis le milieu de mai, elle est complètement fermée. La défécation est normale ; les matières ont la consistance habituelle, leur forme seule révèle encore um certain rétrécissement du calibre rectal et de plus, lorsque le malade ressent un besoin pressant de défécation, il a de la peine à retenir ses matières.

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