‹ Contribution à l'étude des dysenteries et de leur traitement chirurgicalChapitre 6 sur 82 · SERRES · texte numérisé non relu

SERRES

été envoyés avec le diagnostic de « fièvre continue » et avaient été reçus à l’ambulance dans le service*des typhiques. Dans la dysenterie aiguë, quelle que soit son origine, tous les éléments du syndrôme dysentérique sont à leur acuité ils évoluent de telle sorte qu'ils font prévoir leur gravité en deux sens : d’une part, la tendance de l’ulcération à évoluer vers la perforation, d’autre part, la production d’une toxhémie générale. Nous disons toxhémie et non septicémie car toutes les hémocultultures que vous vîimes pratiquer au cours de la dysenterie aiguë donnèrent un résultat régatif. C'est la règle et les observations analogues à celles d’Astley Maer (Brit. Med. Jour. 19. 1. 18, p. 84), qui obtint par ensemencement du sang une culture pure et abondante de dysenterie à type Shiga, restent exceptionnelles. Maymone (/giéna Med., janv. 1918) ensemença, 24 heures après la mort: le sang du cœur, le foie, la rate, le rein et la bile de cinq cadavres, et isola deux fois le B. dysenteriae Shiga-Kruse soit pur, soit associé au Proteus vulgaris; mais ces observations prouvent seulement la rapidité de la diffusion et de la généralisation du bacille dysentérique après la mort. En règle générale, pendant la vie, les hémocultures des dysenteries aiguës sont négatives.

La mort survient par-l’un des deux processus que nous avons indiqués: la perforation ou la toxhémie progressive.

Les signes subjectifs et objectifs abdominaux indiquent la

généralisation des ulcérations et les dangers qui menacent

la séreuse.

Les douleurs sont incessantes, irradient de tous côtés non

seulement à l’abdomen mais encore à la région sacrée et

vers les testicules (Le Dantec).

Le ténesme est intense. La sensation de pesanteur est souvent remplacée ou aggravée par une sensation de cuisson, de brûlure ou de déchirure anale que réveillent la toux ou l’éternuement. Au ténesme rectal, s'ajoute le ténesme vésical. :

Les épreintes sont constantes et telles que le malade est quelquefois obligé de rester en permanence sur le bassin. Par la pression, on réveille la douleur sur tout le trajet du gros

intestin et la palpation est rendue souvent difficile par l’hyperesthésie cutañée et la défense musculaire de la paroi (1). Le foie est augmenté de volume et est douloureux à la palpation.

Les selles sont fréquentes, au nombre de 30 à 40 par jour, quelquefois davantage. Elles perdent leurs caractères de glaires sanguinolentes; elles sont liquides, rougeâtres ou noirâtres, quelquefois gris cendré et d’une odeur fétide caractéristique. Elles contiennent des débris sphacélés, plus ou moins volumineux. Certaines évacuations sont faites de sang pur en plus ou moins grande quantité; ces hémorragies intestinales qui sont un symptôme autant qu’une complication de cette forme, aggravent l'état général et indiquent la tendance de l’ulcération vers la nécrose des vaisseaux et a

perforation de la séreuse. L'une de ces ulcérations peut entraîner la mort.

L'état général est gravement atteint. La température peut

être en plateau à 30° ou 40°; elle est quelquefois irrégulière avec des chutes brusques à 38° ou 37°5 et de grandes oscillations septicémiques. Le pouls en général, dans cette forme aiguë est parallèle à la température. Quand il dépasse 120 en permanence pendant 48 heures, il faut prévoir une fin prochaine. Le faciès est pâle, altéré, grippé; les yeux sont excavés. Les vomissements peuvent se produire, accompagnés ou non de crampes musculaires. Le hoquet est un symptôme fréquent, douloureux et tenace.

La miction est rendue difficile par le ténesme vésical. L’urine est peu abondante et contient quelquefois de l’albumine.

(1) À ce sujet, Heuyer attira l'attention sur la mauvaise habitude qu'ont Jes médecins de faire des injections sous-cutanées de sérum À. D. ou d’émétine sous la peau du ventre. L'endroit où a été faite l'injection reste douloureux pendant un jour ou deux, et quand ces injections ont été répétées, la palpation de l’abdomen est rendue difficile et devient trompeuse. Or, au cours de ces dysenteries aiguës ou il faut toujours être en éveil devant le danger de la perforation, la palpation doit’être faite chaque jour avec soin et doit être garantie de toute cause d’erreur. .

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Quand la maladie doit se términer par la mort, l’état général s’aggravè, la langue est sèche et rôtie: le délire ou le coma apparaît; quelquefois, au contraire, l'intelligence est conservée, le malade s'éteint lentement, sans agonie, ou est enlevé brusquement par une syncope. La mort en afaxoadynamie est Ta términaison habituelle.

De ce type de dysenterie aiguë, nous pouvons donner comme exemples les deux observations 26 et 27: l’une de dysenterie bacillaire, l’autre de dysenterie amibienne.

A côté de ces formes de dysenterie aiguë {ypique dans lesquelles il y a parallélisme entre les phénomènes toxhémiques et les symptômes intestinaux, on observe quelquefois une forme dans laquelle la mort survient rapidement, avant que les symptômes dysentériques proprement dits aient eu le temps d'évoluer. C’est la forme foudroyante décrite par Patrick-Manson et dont nous rapportons un exemple (28).

Dans d’autres cas, la dysenterie aiguë peut prendre une forme pseudo-cholérique, algide, avec suppression des urines, voix cassée, cyanose, collapsus (29).

Dans ce groupe de dysenteries aiguës toxhémiques, on peut faire entrer les observations de Remlinger et Dumas, dans lesquelles !: malade « fond littéralement », avec cyanose, hypothermie, tachycardie et embryocardie, langue sèche, soif inextinguible, diarrhée abondante, oligurie, somnolence et mort rapide. À l’autopsie, Remlinger et Dumas ont trouvé des lésions histologiques des surrénales. Oppenheim a rapporté aussi deux observations d’ « insuffisance surrénale dans la dysenterie et les entérites graves ». Læper et Oppenheim, suivant l'intensité des symptômes, distinguent: quatre formes d'insuffisance surrénale au cours de la dysenterie bacillaire. Ravaut et Krolunitsky décrivent une insuffisance aiguë des surrénales au cours de°la dysenterie amibienne.

Dans la dysenterie aiguë, on peut décrire encore une forme typhoïde. Les selles sont franchement diarrhéiques ou il y a un mélange de selles liquides, de glaires et de sang. Les symptômes généraux peuvent être nettement typhiques : tem-

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