‹ Contribution à l'étude des eaux d'alimentation de la ville d'ArcachonChapitre 25 sur 57 · À. — LA STÉRILISATION PAR FILTRATION · texte numérisé non relu

À. — LA STÉRILISATION PAR FILTRATION

Mise en pratique depuis fort longtemps, selon des principes plus où moins rationnels, la filtration ne revêtit un caractère vraiment scientifique que vers le milieu du xix° siècle. Depuis, l'emploi du filtre, et en particulier du filtre à

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sable, s’est fort généralisé, et il en existe de nos jours plusieurs types, dont chacun répond à des besoins bien définis.

Schématiquement, un filtre est un vaste bassin rectangulaire, profond de 2 m. 50 à 3 mètres, à plancher légèrement incliné. Sur ce plancher, on dépose une couche de briques spéciales non jointives, surmontée d’une couche de graviers, puis d’une couche de gravillons. Au-dessus, une couche de sable fin, de rivière, régulièrement tassé, dont l'épaisseur varie entre 0 m, 60 et 1 m. 20. Briques, graviers et gravillons peuvent être avantageusement remplacés par une dalle de béton maigre. L’eau est amenée sur le filtre par un système de rigoles, tandis que celle qui s'en écoule passe dans un puisard muni d’une pompe élévatoire.

Un tel filtre, au début de son fonctionnement, ne retient aucun microbe, mais il se forme rapidement à sa surface une sorte de membrane glaireuse, agglomérat d'algues vertes et de diatomées au sein duquel « se multiplie activement toute une forme de protozoaires, d'’infusoires ciliés ou flagellés, de crustacés microscopiques, d'insectes variés » (Cambier).

Au fur et à mesure de son accroissement, cette membrane retient de plus en plus de microbes et, au moment de les éliminer -tous, prolifère si bien que le débit devient insignifiant et qu'un nettoyage s'impose. Tous les perfection. nements tendent à reculer le plus possible le moment de ce nettoyage.

On a expliqué de diverses manières la propriété qu’'acquiert le filtre de débarrasser l’eau de ses espèces patho gènes. Pour certains, «les microbes y seraient anéantis par l’action oxydante et la concurrence vitale des algues vertes, par phagocytose et bactériolyse de la part des infusoires ». Ceci revient à nier le rôle du sable, dont on devrait pouvoir impunément diminuer l'épaisseur. Comme en pratique il n’en est rien, on croit généralement que l’action de la membrane et celle du sable se complètent, chacune demeurant absolument indispensable à une épuration sérieuse.

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Parmi les filtres les plus employés, on a coutume de distinguer : ;

a) Les filtres rapides (américains). — Ils ont un fort débit, de 80 à 100 mètres cubes par mètre carré et par vingt-quatre heures, et sont alimentés avec des eaux brutes, préalablement additionnées de réactifs coagulants, De ce fait, leur colmatage est très rapide et entraîne un nettoyage presque journalier. Enfin, ils sont loin d'éliminer tous les germes et l’effluent de ces filtres doit être stérilisé.

b) Les filtres demi-lents. — Analogues aux precédents, mais utilisés sans coagulant. Ils débitent de 5 à 20 mètres cubes par mètre carré et par vingt-quatre heures. On les nettoie moins fréquemment que les filtres rapides. Ils ne peuvent dispenser d’une stérilisation ultérieure, bien que susceptibles d'éliminer jusqu'à 99 p. 100 des microbes pathogènes. Mais, comme dans la stérilisation, «ce ne sont pas les proportions qui importent, mais la valeur absolue; on ne doit pas considérer les germes qui restent sur le filtre, mais plutôt ceux qui passent dans l’eau filtrée ». Ces filtres sont surtout indiqués pour améliorer les eaux accidentellement polluées.

c) Les filtres lents submergés (filtres anglais ou européens). — Le sable de ces filtres est toujours recouvert d'une couche d’eau à épurer. Ils débitent de 3 à 5 mètres cubes par vingtquatre heures et, afin de diminuer les frais de nettoyage, sont alimentés avec des eaux préalablement dégrossies et clarifiées au mieux. Leur bon fonctionnement implique des soins vigilants et certaines précautions.

d) Les filtres lents non submergés. — Ces filtres, imaginés en 1903 par Miquel et Mouchet, diffèrent des précédents en ce que l’eau ne stagne pas au-dessus du sable. On la distribue en pluie à sa surface, aussi uniformément que possible, et elle s’infiltre intérieurement, en suivant la surface des grains de sable. Ce dernier, simplement «humecté par une lame d’eau infiniment mince tapissant tous Îles grains, conserve un vide peu différent du vide de 30 p. 100 environ qu'il présente à l’état sec » (Cambier).

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Ces filtres sont susceptibles de donner des eaux bactériologiquement pures, à condition que la distribution soit bien régulière. Malheureusement, ces appareils sont coûteux, demandent une surveillance et un entretien constants et ne permettent pas l’épuration sur une grande échelle.

Parmi tous les systèmes filtrants, ils pouvaient seuls ramener à une stricte pureté les eaux d'Arcachon; pour les raisons qui précèdent, et quoique leur fonctionnement ait donné satisfaction à La Baule et à Châteaudun, le Conseil d'hygiène renonça à leur emploi comme moyen de stérilisation.

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