RÉSULTATS ANALYTIQUES. — LEUR INTERPRÉTATION
Essais bactériologiques des eaux effectués au Laboratoire municipal d'Arcachon de juillet 1929 à septembre 1930.
+ — présence de bacille coli.
— — absence de bacille coli.
Le Courneau. Pont du Saous. Arcachon.
CR CS TR nt CE ER
1920 PA OU ER EE 18 10 0 18 12 46 Septembre. ù 21 0 29 5 50 Octobre... 13 14 0 24 0 36 Novembre . 5 25 0 18 0 45 Décembre.. 0 31 0 24 0 45 4930-Janvier.." OA 30 0 27 0 49 Février.... 0 28 0 21 0 47
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AQU RS 3 28 k of 25 42 Septembre, 0 28 0 28 0 js) Octobre.... il 30 0 30 0 55 Novembre.. 8 22 0 30 0 46 Décembre.. 13 20 0 29 1 49 14931." Janvier. ... 10 21 0 54 0 52 Révrien.... 0 28 0 28 il 47 MATE PACE 1 30 il 31 0 50 AVIIIPer EE Il 29 3 27 0 50 MATE ne 0 2e 0 31 ?) 44
JUIN RE 0 25 0 29 8 33 Juillet... 8 14 0 31 12 24
Août . | 23 0 31 0 49
6 621 8 670 De AITS
Ces résultats peuvent se résumer ainsi : Sur 717 analyses effectuées sur les eaux prélevées au Courneau avant javellisation, 96 ont révélé la présence du colibacille. Sur 678 analyses effectuées sur les eaux prélevées au pont du Saous, 8 ont révélé la présence du colibacille.
Sur 1.205 analyses effectuées sur les eaux prélevées à Arcachon, soit aux bornes-fontaines, soit dans les domiciles particuliers, 57 ont révélé la présence du colibacille.
Nous ne pourrons être taxé d’exagération si nous concluons d'ores et déjà, chiffres en main, que la javellisation des eaux d'Arcachon a largement prouvé son efficacité. Cependant, ces résultats, dans leur sécheresse inhérente à toute statistique, laissent supposer que les améliorations ne sont encore qu'un à peu près, améliorations intéressantes certes, mais non exemptes de toute critique.
Quelques explications complémentaires sont donc de rigueur : en vingt-cinq mois, au pont du Saous, le colibacille a manifesté huit fois sa présence pour les raisons suivantes : six fois, parce que, à six reprises différentes, des blanchisseuses avaient jugé commode de laver leur linge tout à côté du puisard de prélèvement; deux fois par suite d’un arrêt accidentel de la javellisation, toutes causes mettant absolument hors de critique l'efficacité de la stérilisation. Hormis ces huit cas exceptionnels, étrangers au bon fonctionnement de l’ensemble, la stérilité des eaux de Cazaux fut donc prouvée — résultat absolument remarquable — par 100 p. 100 des analyses effectuées.
Cependant, dira-t-on, que signifie cette légère recrudescence de colibacilles enregistrée dans les eaux prélevées à Arcachon ? Comment leur absolue stérilité est-elle sujette à adultération depuis leur passage au pont du Saous ? La réponse est fort simple : il ne peut y avoir et il n’y a, en pratique, aucune adultération. À Arcachon, les eaux prélevées pour contrôle le sont, soit dans les domiciles particuliers, soit aux bornes-fontaines qui jalonnent les rues.
Dans un cas comme dans l’autre, les prélèvements sont effectués après écoulement prolongé de l’eau, sans flambage préalable de l’orifice distributeur. Or, c’est M. le Docteur Marcotte qui parle : « Au début des fortes chaleurs, on constate la’ présence du colibacille dans les eaux prélevées dans les rues d'Arcachon et même chez les particuliers, alors que
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l’eau de la conduite donne des résultats bien meilleurs. La cause en est en partie aux poussières, mais surtout, d’après ce que nous pensons, à ce que, par temps chaud (25°-30°), le bacille du côlon ne meurt pas à l’air dans la rue, ni au contact des mains, mais, au contraire, aurait à cette température tendance à se multiplier. » Ce bacille, plus ou moins mélangé aux poussières des appartements et surtout de la rue, est disséminé avec elles et vient naturellement en contact avec les orifices des robinets ou des bornes-fontaines. Ainsi se trouvent souvent polluées, surtout par temps sec, les eaux prélevées pour analyses sans que la valeur de ces eaux en puisse être, en quoi que ce soit, diminuée.
Nous disions il y a un instant que sur 1.205 recherches de colibacilles opérées dans les eaux d'Arcachon, 57 s'étaient révélées positives.
En voici le détail :
Eaux prélevées aux bornes-fontaines = 50 positives; Eaux prélevées dans les domiciles particuliers = 7 positives.
Ces résultats confirment donc entièrement la précédente explication. Cependant, afin de ne faire état que de données indiscutables, M. le Docteur Marcotte entreprit au laboratoire municipal de nouvelles expériences absolument convaincantes. Chaque jour, pendant une longue période, on prélevait aux bornes-fontaines et aux robinets particuliers deux échantillons d’eau : l’un avant flambage, l’autre après flambage de l’orifice d'écoulement. Les quatre échantillons étaient ensuite simultanément soumis à l'analyse. Les résultats obtenus sont résumés ci-dessous.
Rues { Habitations Rue. Ne HE EC
Avant flambage du robinet. Après. Avant. Après.
Toute objection s’eflace devant des résultats si constants. Depuis plus de deux ans, on n’a jamais pu démontrer que le
bacille du côlon ait effectivement échappé à l’action de la stérilisation. Depuis plus de deux ans, exception faite d'un court arrêt accidentel dans son fonctionnement, le poste de javellisation du Courneau a, sans défaillance, rendu aux eaux de Cazaux leur potabilité compromise.
Dans notre tableau récapitulatif nous n’avons pas, dans un but de simplification, mentionné les analyses journalières ellectuées à Cazaux. L'examen de leurs résultats va cependant nous amener à une intéressante constatation. Les eaux prélevées à Cazaux sont beaucoup moins riches en organismes pathogènes, et en particulier en colibacilles, que les eaux prélevées au Courneau. C'est sur cette remarque et sur l'accroissement trop sensible des matières organiques que nous nous sommes basé pour affirmer, dans un chapitre précédent, que la conduite présentait des fissures entre Cazaux et Le Courneau et recueillait de ce fait des eaux étrangères suspectes de pollution. Par contre, les remarquables résultats obtenus après javellisation prouvent nettement qu'entre Le Courneau et Arcachon la conduite n’a encore subi aucune détérioration. Une telle éventualité pouvant se produire d’un instant à l’autre, on ne peut une fois de plus que se réjouir de la mise en service du nouveau poste de javellisation du Becquet.