RECHERCHES PERSONNELLES
L'expérience de vingt-cinq mois pouvait amplement suffire à guider notre jugement sur la stérilisation telle qu’on la pratique à Arcachon; cependant, au moment des plus fortes chaleurs de l’été passé, nous avons tenu à réaliser par nousmême quelques essais complémentaires sur les eaux d’Arcachon. Nous nous proposions, dans ce but, de mettre à contribution la méthode de Vincent, lorsque M. le Professeur Mandoul, d’une compétence si étendue sur tout ce qui touche. l'analyse bactériologique des eaux, nous suggéra l’étude d'une technique originale fort en faveur, quoique de mise au
point récente. Ici, ouvrons une parenthèse : Depuis quelque temps déjà les savants ont une tendance évidente à contester la valeur de la méthode de Vincent, « méthode commode, rapide, mais non exempte de causes d'erreurs », dit M. Die-
nert en personne. « Les colibacilles qui ont séjourné un certain temps dans l’eau cultivent peu ou pas dans un milieu fortement phéniqué », dont le pouvoir inhibiteur est très marqué.
En effet, les B. Coli peuvent être seulement endormis par la solution stérilisante et se réveiller ensuite, lors d'un passage en milieu plus favorable; mais, en milieu fortement phéniqué, ces microbes endormis resteront inertes, donc indécelables. On n'obtient pas de meilleurs résultats avec des milieux très faiblement phéniqués, dans lesquels d'innombrables espèces croissent, étoullent le Coli et empêchent son isolement. Aussi a-t-on généralement adopté la concentration intermédiaire de 4 p. 1.000 en acide phénique pour les milieux de culture du colibacille, solution toute provisoire, dit M. Dienert, qui conseille l'emploi du milieu de Teague, préconisé en Amérique par Max Levine; grâce à ce milieu, l’ensemencement peut être pratiqué à basse température (30°), et les faibles quantités de milieu ensemencé, étalées sur gélose, permettent l’obtention de colonies très superficielles.
Milieu de Teague. — Préparation. — Utilisation.
En voici la formule
POS DNA te IDOASSIQUER ET ANT eE 2
PEDIODERDNÉOO RER ne ARTE Een 10 g.
Géo Om laine an ET SRE 15 g.
AURAS PALERME ne LS RUE ALLIE"
Si l’on emploie une peptone autre que la peptone Difco, ajuster le milieu au PH = 7,5.
Au moment de l'usage, pour 100 cc. de cette gélose, on ajoute
Posinotat2 nd 00: MERE PEER 2 CC.
Bleu’de méthyle ra208 PMU PE EPS 2 cc.
Lactose à 20 p. 100 {solution stérile).......... ESC
On coule en boîtes de Pétri à raison de 25 cc. de gélose par boîte. On ne peut ensemencer une grande quantité d’eau dans un milieu solide sans employer aussi une grande quan: tité de ce dernier, ce qui deviendrait trop onéreux. C’est pourquoi on concentre les germes de l’eau au moyen d’alumine gélatineuse obtenue en précipitant le sulfate d’alumine par NH° et en lavant le précipité pour éliminer totalement NH°. On introduit cette suspension d’alumine dans l’eau à raison de 20 cc. pour 100 cc. d’eau. On agite énergiquement le tout et on laisse déposer dans un endroit frais pendant deux heures. On soutire ensuite avec un siphon stérile le liquide surnageant le précipité et on centrifuge ce dernier à la centrifugeuse à eau. On a ainsi dans un tube un culot d’alumine contenant 90 à 96 p. 100 des germes de B. coli contenus dans 1.000 cc., que l’on sépare de l’eau surnageant. Ce culot d’alumine est alors mélangé, à la température de 30 degrés avec 20 cc. d’un mélange de gélose de Teague et de deux tiers de gélatine de Teague. On agite bien le tout et on répand ce mélange sur les boîtes de Pétri, contenant déjà 25 ce. de gélose de Teague stérile et solidifiée, à raison de 2 cc. par plaque. On place à la température de 37 degrés. Au bout de 24 à 48 heures, on observe les plaques de Pétri.
Sur ce milieu, le B. coli se présente sous forme de colonies de 2 à 3 millimètres de diamètre, qui, vues par transparence, ont un centre bleu sombre, presque noir, couvrant plus des trois quarts de la colonie; par réflexion, on observe, au centre, une sorte de bouton surélevé bleu noirâtre, entouré d’une rigole ciculaire. La partie périphérique de la colonie prend l'aspect gris métallique.
Tel est l'exposé succinct de cette nouvelle méthode que
nous comptions utiliser pour nos recherches, lorsque M. le Professeur R. Sigalas et M. le Professeur Mandoul portèrent à notre connaissance les travaux effectués depuis plusieurs mois par M. Fleury, docteur en pharmacie, pharmacien à Arcachon, travaux destinés à la réalisation d’un nouveau milieu de culture et d'identification du colibacille ().
En elfet, à considérer la technique de Teague, M. Fleury avait rapidement fait les deux constations suivantes :
1° La technique de Teague, dit-il, « est complexe à mettre en œuvre. Elle exige une manipulation préalable : celle de concentrer sous un petit volume les microbes de l’eau au moyen d'une alumine gélatineuse purifiée que l’on doit préparer... »,
2° ... « En admettant que la concentration à l’aide du coagulant ait été opérée d'une façon convenable, on n'obtient pas la totalité du bacille Coli contenue dans le volume d’eau utilisé : 90 p. 100 environ, ce qui est déjà, hâtons-nous de le dire, d'une approximation suffisante... »
Aussi s’efforça-t-il avec plein succès, d’une part, de simplifier la technique de Teague préconisée par Dienert et Etrillard; d'autre part, de réaliser un procédé éminemment supérieur aux procédés antérieurs.
Formule du milieu de G. Fleury et technique personnelle.
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PNEUS LUE ROLE ET Eu 900 ge,
» Après dissolution et neutralisation, clarifier au blanc d'œuf, filtrer, ramener à 900 ce.
(1) Nous remercions ici très sincèrement M. Fleury de l’amabilité avec laquelle il nous a initié à sa méthode et de la spontanéité avec laquelle il a consenti à ce que nous soyons le premier à la mettre en œuvre,
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