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LA SCROFULE

La scrofule fut considérée d’abord comme une maladie (Lugol) comprenant plusieurs degrés, depuis Ja période prodromique jusqu’à la phase terminale, la cachexie scrofuleuse, puis comme une diathèse. Elle englobait alors presque toutes les manifestations locales de la tuberculose (ganglionnaires, ostéo-articu-

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laires, cutanées, muqueuses) ainsi que la presque totalité des localisations similaires de la syphilis héréditaire tardive. Mais survinrent la découverte du bacille de Koch et les travaux de Willemin et, d’autre part, les recherches d'Hutchinson, de Fournier. On -vit alors se démembrer l’ancienne scrofule au profit de la tuberculose et de la syphilis. Pour certains auteurs même scrofule égalerait tuberculose et d’autres virent en elle seulement un dérivé de la syphilis. Ainsi sectionnée, privée de la plus grande partie de son domaine, la scrofule a-t-elle été rayée de la pathologie ? Non, mais on la considère actuellement comme un groupement pathologique représenté par trois types morbides étroitement unis par leurs ressemblances morphologiques et par leurs liens étiologiques. Ces trois types sont : la scrofule proprement dite, la scrofulo-tuberculose et la syphilo-scrofule.

1° La scrofule proprement dite représente la première période de la scrofule des anciens auteurs. Elle se manifeste par des lésions diverses, dont voici les principales : Ce sont les scrofulides muqueuses bénignes des anciens auteurs occupant le nez, la gorge et leurs annexes ; les scrofulides cutanées bénignes se développant au pourtout des orifices naturels par lesquels se déverse l’écoulement naso-pharyngé ; l’adénite scrofuleuse, inflammatoire ou suppurée, qui n’a aucun caractère tuberculeux, mais qui est souvent le prélude de la scrofulo-tuberculose.

Cette scrofule est-elle une maladie générale, une diathèse ? On la considère aujourd’hui au contraire com-

me une affection primitivement locale qui retentit sur l’état général et crée alors un état humoral particulier : le terrain scrofuleux. A l’origine se trouve une inflammation chronique du rhino-pharynx et particulièrement des régions constituées par du tissu adénoïde. Ebauchée par Cheval, cette interprétation pathogénique fut ensuite reprise par Pierre (De Berck) et par Gallois.

2° La scrofulo tuberculose comprend la plupart des scrofulides malignes des anciens auteurs, dont la nature tuberculeuse est certaine, car on y trouve le bacille de Koch.

Ce sont des lésions des muqueuses (lupus du nez, de la gorge, tuberculose du pharynx, des amygdales, etc.), des gaines synoviales, des os, de la peau, du système lymphatique dont les écrouelles tuberculeuses sont le type.

3° La syphilo-scrofule ne comprend pas les formes scrofuloïdes de la syphilis, mais bien des lésions hybrides de syphilis et de tuberculose. S'appuyant sur les observations de Bazin, de Ricord, de Fournier, Emile Sergent a montré combien la syphilis, surtout héréditaire, prédisposait à la tuberculose. La syphilis pourrait agir ou comme facteur humoral par l’imprégnation qu’elle a transmise héréditairement, ou s’associer seulement sur place avec les lésions tuberculeuses. Il y a hybridité de terrain dans le premier cas, et hybridité de lésions dans le second (c'est ce que Ricord, dans son langage imagé, appelait le scrofulate de vérole). E. Sergent croit qu’il y a seulement

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et toujours hybridité de terrains avec « intrication ou juxtaposition plus ou moins étroite ou lointaine de lésions ».

Ainsi donc c’est le groupement des trois types morbides que nous venons d'envisager rapidement que nous pouvons considérer actuellement comme constituant la scrofule. Mais chacun de ces types n’est pas isolé de son voisin : il existe entre eux de véritables affinités. Tout d’abord il est admis par tous que le premier groupe, celui que nous avons appelé « scrofule proprement dite » (et que certains considèrent toutefois comme étant une forme de tuberculose) constitue-pour la germination du bacille de Koch un terrain éminemment favorable.

Pour Gastou, les choses se passeraient de la façon suivante : infection simple au début ; infection polymicrobienne dans le cours de son évolution ; infection spécifique plus ou moins rapide par le bacille de Koch.

Enfin certains auteurs ont attiré l’attention sur l'union qui paraît exister entre l’hérédité syphilitique et la scrofulo-tuberculose. « La syphilis, disait Fournier, constitue un des affluents de la scrofule ». D’après Gallois, Gaucher, E. Sergent, le premier stade de la scrofule, le stade adénoïdien, serait, dans la majorité des cas, l'apanage des enfants de syphilitiques et, dès lors, « la condition essentielle et primordiale de la scrofule est une syphilisation héréditaire » (Gaucher).

Rappelons pour terminer les expériences du Professeur S. Arloing sur le rôle de la tuberculose dans la scrofule qui, pour l'Ecole lyonnaise, n’est qu’une

tuberculose atténuée.

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